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Tome cinquième.
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oiſſons, ſui-at les ſai-

Eſpèce deſardines.

Eſpèce demaquereaux,de carpes&de mulets.

216 VOYAGES AU LONG DES COTES

Péxercice de la péche, parce qu'ils y ont été formés dés P'enfance; qu'ils y9 212 4

vont tous les jours, à vexception du Mereredi„ qu'ils regardent, dit-il,ache;& que, ſuivant les ſaiſons& les circonſtances, ilsinſtrumens. Outre la péche du jour, ils enflambeau ou d'une torche, qu'ils portentils tiennent un dard ou un trident, dont ilspercent le poiſſon avec beaucoup d'habileté. Ces torcl es d'unbois ſec& léger, trempé dans ſ'huile de Palmier,[& lié par paquets, gros]

omme le bras,& longs de ſix pieds: ce qui donne une lumière fort claire.]D'autres allument du feu dans leurs Canots, qui, étant percés de trois ouquatre trous fur les cêtés, jettent des flammes dont la lumiére attire le poiſ-ſon. D'autres, fans employer leurs Canots pour la péche de nuit, marchentau long du rivage& ſe mettent dans Peau juſqu'à la ceinture. IIs ont leurflambeau dans une main,& dans l'autre un panier de branches entrelaſſées.Le poiſſon s'approchant à la lumiére, ils lé prennent facilement dans leur pa-nier,& lui paſſant un cordon dans la gueule, ils en chargent leurs épaulesjuſqu'à ce qu'ils ſoient contens du fardeau. Le poiſſon qu'iis prennent ainſi,reſfemble à la carpe ou à la brème,& tire ſur le gouüͤt de ſaumon. Si laſaiſon n'eſt pas favorable pour la péche nocturne, ils vont en Mer de fortgrand matin.

Aux mois de Janvier, Février& Mars, ils prennent une eſpéce de petitpoiſſon à grands yeux, qui ſaute& s'agite avec beaucoup de bruit, juſqu'àce qu'il ſoit tué. II reſſemble à la perche par la forme& la couleur. Il en améme le gont;& l'Auteur juge, à la grandeur de ſes yeux, que c'eſt l'Ocu-jus ou le Piſcis Oculatus de Pline. On le prend à la lignée, avec deux ou troishamegçons,& de la chair puante pour amorce. Les lignes des Négres ſontc'un tiſſu d'écorce d'arbre,& löngues de trois ou quatre braſſes.

Aux mois d'Avril& de May, iis prennent un autre poiſſon, qui n'eſt pasföort différent de la rale,& qui, s'Slevant fur la furface de'eau, ſe laiſſeaiſément tromper à Tamorcs.

PENDANT les mois de Juin& de Juillet, ils prennent une ſorte de harengs,qu'ils appellent Sardines, ſi remplis d'arrêètes, qu'on n'en peut manger ſansbeaucoup de précaution. Ce poiſſon nâge près de la furface,& ſaute, oujoue beaucoup, dans le beau tems. La méthode que les Négres employentpour le prendre, eſt d'attacher un plomb à Fextréemité d'une longue ligne,qui eſt environnée de quantité Thamegçons. IIs attendent que les poiſſons pa-roiſſent en grand nombre;& jettant la ligne au milieu ils en prennent tou-jours pluſieurs d'un ſeul coup. Pendant les mêmes mois, ils prennent aufſibeaucoup d'écreviſſes de Mer, qui reſſemblent à. celles de Norvége& quiſont un kort bon aliment, mais plus ou moins graſſes, ſuivant les changemensde la Lune.

Av mois de Septembre, la Mer offre ici diverſes ſortes de poiſſons; lesuns ſemblables à nos maquereaux, mais avec la téte plus longue& le corpsauſſi plus allongé; d'autres avec une double gueule, qui ont à-peu pres le

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oHtde nos carpes,[quand on les fait cuire on ſeur öte la gueule ſupérieure;IEsFautres fort femblables à nos mulets, mais barbus,& dangereuſement ar-més, fur le dos, d'une nägeoire qu'on prendroit pour une ſcie. La qualitéen eſt ſi venimeuſe, que ſa moindre bleſſure fait enfler avec be dedouleur