OCoIDENTALES pr UAFRIQUE Trv. IX. Cuar. VII. 233
en ont la connoiſſance. II prétend qu’'ils la déguiſent avec tant d'adreſſe, Nüonzsqu'en les employant pour la guériſon même des Blancs, ils ſgçavent cacher 82.n, hle fond du reméde& l'eſpêce de leurs herbes. Des-Marchais avoit fait une ²2* 29liaiſon étroite avec un de ces Docteurs Négres, dans l'eſpérance d'en tirer
quelques lumieres. I'avoit traité pluſieurs fois; il lui avoit fait des préêſens,
avec les promeſſes les plus avantageuſes pour Pavenir. Mais tous ſes empreſ-
ſemens furent inutiles. Les Docteurs laiſſent ordinairement leurs connoiſſan-
ces à leur fils. ainé, aprés leur avoir fait jurer ſolemnellement de ne jamais
révéler un ſecret, dont ils connoiſſent par conſéquent l'importance(.).
ARTus obſerve que les Négres de Guinée vivent aſſez long-tems, autant Durée dedu moins qu'on en peut juger par les apparences; car, ne faiſant aucun cal- la vie des Nécul du tems, ils ignorent eux-méêmes leur age. Lorſqu'ils avancent vers la Sres.vieilleſſe, leur couleur change& commence à perdre ſa noirceur. Leurs Changemenscheveux griſonnent, leur peau ſe ride comme du maroquin d'Eſpagne. Cette que l'dge ap-dernière altération, ſi Pon en croit l'Auteur, vient du fréquent uſage qu'ils porte à leurfont de Phuile de Palmier. Elle leur donne un air de maigreur& d'épui- Sure.ſement, ſur-tout aux femmes, qui ont ordinairement les mammelles pen-dantes.
A la mort d'un Négre, les parens& les amis de la famille s'aſſemblent& ö gfont entendre leurs lamentations autour du corps. IIs font diverſes queſ- 8⁸˙e8.tions au Défunt; pourquoi il s'eſt laiſſé mourir? Quelles raiſons l'ont püporter à quitter la vie? Enſuite ils placent le corps(a) ſur une natte d'é-corce d'arbre,& l'enveloppent dans quelque vieille étofe de coton, ſanss'embarraſſer de la couleur. IIs mettent ſous ſa téte un bloc de bois,& Iuicouyrent le viſage d'une peau de Bouc. IIs jettent ſur le corps quelques poi-
Asgnées de cendre,[faite avec de l'écorce d'arbre.] Luſage ne permet pasde lui fermer les yeux, s'il n'eſt mort dans cette ſituation; mais on lui étendles bras& les jambes. Il demeure expoſé en plein air pendant la moitié d'unjour. La plus chêere de ſes femmes eſt aſſiſe prêès de lui; ou, ſi la perſonnemorte eſt une femme, ſon mari lui rend le même office, en pleurant à chau-des larmes,& les eſſuyant avec un peu de paille.
D'ux autre côté, les parens aſſemblés ne ceſſent pas de pouſſer des gémiſ- Circonſtanrſemens. Des femmes, nommées pour cette fonction, battent ſur des chau- ccs de leursdrons de cuivre& chantent des airs lagubres. Elles marchent autour du funeraüles.corps, en jettant des exclamations, en frappant des mains& faiſant unhorrible bruit. Enſuite, s'approchant de la maiſon du Mort, elles font- laméme proceſſion autour des murs. Cette cérémonie ſe répéte trois ou quatrefois, juſqu'à ce que les porteurs enlevent le corps,& que tous les prépara-tifs ſoient finis pour la proceſſion. On tue d'avance une chévre, ou un mou-ion, avec quelques piéces de volaille, qui doivent ſervir au feſtin aprèsTenterrement.
DaNs F'intervalle, une vieille femme va de maiſon en maiſon, avec un„Quete&taſſin de cuivre à la main, pour faire contribuer tous les voiſins à la dẽépenſe ebedes funérailles. Chaque famille eſt obligée de donner un peu d'Or, ſfans b. g;
qu'on(2) Des-Marchais, Vol. I. pag. 132. cueil, ou plùtot dans un panier d'écorce ou12) Villault dit qu'on le met dans un cer- de roſeaux.v.—F. Part. Gg