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Tome cinquième.
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NEcochD E

E;LACorE D'On.

Néegres quimeurent horsde leur Pays.

Oraiſonsfunébres desNégres.

Sépulturerefuſée auxEſclaves.

Cérémo-nies funébresdu Cap-Corſe.

Deuil desGrands.Sacrifices hu-mains.

238 VOYACGCESAU LONGDES CÖUTES

m'a peut-Ctre jamais été réel. II obſerve que ſur la Côte d'Axim& danspluſieurs autres lieux, on place fur le tombeau- pluſieurs images de terre,qui ſont lavées fort ſoigneuſement pendant le cours entier d'une année, aprésquoi la cérémonie funébre ſe renouvelle avec les mêmes circonſtances.

Les Négres de toutes ces Contrées ſouhaitent avec une paſſion étranged'etre enterrés dans leur propre pays;& le reſpect eſt ſi grand pour les vo-lontés des Morts, qu'on ne fait pas difficulté de les rapporter de fort loinCependant, ſi l'éloignement eſt exceſſif, on les enterre dans le lieu ou ilsſont morts. Mais leurs amis, s'ils en ont dans le méeme lieu, leur coupentun bras, ou la téte, l'embaument après avoir fait bouillir,& portent cetriſte lambeau dans leur Patrie, où il eſt enterré avec les mêmes cérémo-nies qui s'obſervent pour les corps(°).

IT paroit que les enterremens ſont accompagnés d'une oraiſon funébreLe Général du Cap-Corſe, qui avoit aſſiſté aux funérailles d'une femme dediſtinction, apprit à Barbot que le Prêtre Négre avoit prononcé un diſcoursfort pathétique, exhortant l'Aſſfemblée à bien vivre, à m'offenſer perſonne,à remplir fidellement les promeſſes& les contrats, avec quantité d'autresinſtructions morales. Enſuite il s'étoit étendu ſur les louanges de cette fem-me;& prenant vers la fin de ſon diſcours une chaine de machoires de mou-tons, paffées dans une corde, dont il avoit fait deſcendre un bout dans lafoſſe, tandis qu'il tenoit l'autre avec la main, il s'étoit écrié:„ Faitescomme la Deéefunte. Imitez-la. Elle n'a pas manqué de facrifier, dans l'oc-

caſion, un grand nombré de victimes, comme ces machoires en rendenttémoignage. Cette exhortation produiſit l'effet que I'Orateur s'toit pro-poſé. Pluſieurs des affiſtans offrirent un mouton,& lui-même en donnaéxemple(p).

DaNS plufieurs Cantons on m'accorde pas Phonncur de la ſépulture auxEſclaves. Leurs cadavres ſont jettés dans quelque champ, pour y pourrir,ou ſervir de pature aux bêtes ſauvages. Dans d autres lieux de la Côöte, onles couvre d'un peu de terre(4).

ArkINs décrit en peu de mots les cérémonies funébres du Cap-Corſe. Ala mort d'un Négre, dit ce Voyageur, ſes parens& ſes amis font emtendrebeaucoup de bruit& de lamentations juſqu'au jour de la ſépulture, mais ſansſortir de leurs propres maiſons. Le corps eſt porté au tombeau- dans un cof-fre. Pendant la marche, tous les Habitans de la Ville l'accompagnent avecune augmentation de cris& pluſieurs décharges de leurs armes à feu. Maislorſqu'ils s'appergçoivent que tout ce bruit eſt inutile pour réveiller le Mort,ils ſe mettent à boire& a ſe réjouir; ils jettent dans la foſſe une partie deleur liqueur& de leurs pipes,& le cadavre eſt enterrè avec peu d'autres cé-rémonies. Enſuite on porte aſſez long-tems, chaque jour au matin, quelquesalimens ſur la foſſe(7)..

A Pégard des Grands, Artus dit que le deuil des Négres eſt excefſif. Lescérémonies de l'enterrement ſont peu différentes de celles qu'on a repréſen-

tées, mais comme la dignité du Mort demande plus de reſpect& de ſoin E11

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(°) Boſman, pag. 232. II faut toüjours ſe(p) Barbot, pag. 284.ſouvenir que les différences viennent de la(2) Le même, pag. 281.variété des Cantons. R. D. T.(r) Artus, pag. 105.