Forme desprocédures.
Combat en-tre les Par-ties,& leur
ſorfort.
ManièreHehe.ſingulièred'arrêèter cer-tains coupa-
78 vOYACGCES AU LONGDES COTES
REVvENoONS aux Obſervations générales qui ſont tirées de différentes ſour-ces. Les Juges, ou les Chefs des Tribunaux de Juſtice, dans les Monarchiescomme dans les Républiques, ſont choiſis entre les plus riches& les plusnotables Perſonnages de Etat. Tels ſont les Braffos, les Kabaſchirs& lesGouverneurs des Villes& des Villages, avec P'afſiſtance des Prêtres, qui paſ-ſent pour leurs Subſtituts. Ceſt à ces Magiſtrats qu'appartient la connoiſfancede toutes les cauſes civiles& criminelles; mais leur déciſion n'eſt pas ſi ab-ſolue qu'on ne puiffe en appeller à la perſonne meême du Roi; quoique cesappels ſoient fort rares. Les Rois, pour s'épargner cette peine, nommentdes Commiſſaires, qui prennent le nom d'Knes,& qui, revêtus de P Auto-rité Royale, font le tour du Pays, pour appaiſer les différends par des Sen-tences définitives(y).
ARTus rapporte la forme des procédures dans quelques Pays Monarchiques.Lorfqu'il s'éléve entre les Négres quelque difféerend civil ou criminuel, quĩne péut être terminé par les voies de la douceur, ils ſe préſentent au Gou-verneur de la Place& ſe ſoumettent à ſa déciſion. Si laccuſateur paroit ſeul,le Gouverneur fait avertir Paccuſé, par un Eſclave,& F'oblige de ſfe defen-dre. Chacun plaide fa cauſe, ſans qu' il ſoit permis à l'un ni à l'autre d'inter-rompre ſon adverfaire. Aprés avoir entendu gravement les deux Parties, leGouverneur prononce la Sentence;& dans les lieux dont parle Artus, elleeſt ſans appel. Mais ſi Paffaire touche le Roi,& que le coupable ſoit condam-né à quelque amende, il eſt forcé de payer avant qu'il obtienne la liberté deſe retirer.
DAns les cas difficiles, où le Juge n'ôſe ſe fier à ſa propre déciſion, lahaine des Parties devient quelquefois ſi mortelle, qu'elle ſe termine par undéfi. On convient d'un jour. Les deux adverſaires ſe font accompagner dequelques amis, qui font ſpectateurs du combat. II finit ordinairement par lamort de l'un ou de'autre. Alors les parens du Mort ſe réuniſſent pour tirervengeance du meurtrier. S'il cherche un aſile dans quelqu’'autre lieu, ilsm'Epargnent rien pour le faire tomber entre leurs mains. II échape difficile-ment; à moins que la fureur de ſes ennemis ne ſe rallentiſſe, ou qu'il m'ait lebonheur de ſe cacher à leurs pourſuites. II n'y a point de Ville, ni même deRoi, qui foit diſpoſé à le protéger; dans la crainte d'offenſer le Prince dontil a tué le Sujet. S'il eſt pris, on le livre à la veuve de ſon ennemi, qui adroit de le garder pour ſon ſervice, ou de le vendre pour'Eſclavage. Unmeutrier riche s'accommode pour une ſomme d'argent avec la femme& lesparens du Mort. Mais s'il les trouve infléxibles, il ne peut éviter Ef-clavage.
CEs duels néanmoins arrivent fort rarement;& ſi l'on excepte quelquesoccaſions preſfantes, où l'on n'eſpeère pas de réconciliation par d'autresvoies, les amis n'ont pas plêtêt le moindre ſoupgon d'un défi, qu'ils s'em-ployent de part& d'autre avec la même ardeur, pour prévenir les cataſtro-phes ſanglantes.
Crux qur violent les Ordonnances du Rei doivent payer l'amende éta-blie, ou s'Exiler volontairement du Royaume. Un Négre, aprés s'étre ap-
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