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Tome cinquième.
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1 1 Pairie Ia Palx.

Guerre en-ere les An-glois& lesNégres duCap·Corſe.

Leèle du Roide Fétu pourv'appaiſer.

2965 VOYAGES AU LONCPES COTES

tés fur les épaules des Gardes du Roi, dont ils deviennent volontairementles priſonniers. Il les traite honnétement; mais il fait veiller ſoigneuſementſur eux, dans la crainte qu'ils ne s'échappent(v). b

DES-MARcHAIS rapporte les formalités avec leſquelles la paix fut con-clue entre le Roi d'Abrambo& l'Empereur d'Axim. Fatigués tous deuxd'une longue guerre, ils prétèrent enfin'oreille à la médiation des Euro-péens. Le jour& le lieu furent aſſignés pour la cérémonie. Le lieu étoitune grande plaine, ſur les frontiéres des deux Princes, qui conſentoient àſe reconcilier. IIs s'y rendirent tous deux, armés comme sils euſſent tou-ché au moment d'une bataille,& ſuivis chacun de ſes Fétiches. Les Pré-tres de chaque parti les firent jurer réciproquement de ceſſer les hoſtilités,d'oublier les injures mutuelles,& de ſe donner des êôtages pour la süreté deleurs engagemens. Mais, dans ces occaſions, les Priſonniers de guerre ſontoubliés,& Pon ne connoit aucune Nation qui ait jamais propoſé des échan-ges. Lorfque les ſermens ſont finis, le bruit des tambours& des trompet-tes commence à ſe faire entendre. De part& d autre, on jette les armes;on sembraſſe, on ſe mêle avec confiance. Le jour ſe paſſe à boire& àdanſet. Le Commerce ſe renouvelle, comme s'il n'avoit jamais été trou-blé par le moindre différend. I. Auteur ajonte, que les ütages ſont ordinai-rement des enfans de Rois ou leurs principaux Nobles(⁷).

BAKRBOT obſerve que dans des conjonctures extraordinaires, les Rois nefont point difficulté de ſe livrer eux-mêmes en ôtages, comme il arriva auCap-Corſe en 1681. II rapporte les circonſtances de cet incident. Dix-huitEſclaves s'étant ſauvés du Chaâteau dans la Ville, y furent regus ſous la pro-tection des Habitans, qui refuſerent de les rendre aux Anglois. Le Com-mandant du Chateau fit pointer ſes canons vers la Ville, pour effrayer lesNégres. Mais loin de céder, ils s'avancérent au nombre de ſept ou huitcens, pour attaquer le Chateau. Les Anglois forcés de penſer à leur def-fenſe firent jouér ſérieuſement leur artillerie,& leur tuérent déès les pre-miers coups cinquante ou ſoixante hommes. Ce ne fut pas ſans perdre aus-ſi quelques-uns de leurs gens, qui furent tués par la mouſquetterie des Né-gres. A la première nouvelle de cette guerre, le Roi de Fétu, qui paſſepour le plus grand Monarque de la Côte d'Or,& qui étoit alors àgé d'en-viron ſoixante ans, ſe haàta de venir au Cap-Corſe, ſans autre ſuite que dixou douze Gardes;& s'étant arrêté ſous un arbre conſacré à la Religion duPays, qui eſt à la ve du- Chateau, il y paſſa huit jours entiers en prieres,pour engager les Fétiches à lui révéler ce que les Eſclaves fugitifs étoient de-venus. En méme tems, il fit affürer les Anglois qu'il ne prenoit point de partà la révolte;& députant deux de ſes Gardes aux Négres de la Ville, il leurfit déclarer qu'apréès avoir juré, par ſes Fétiches, de rendre au Comptoir,ſans diſtinction de tems& de lieux, tous les Eſclaves qui déſerteroient duChäateau, il étoit réſolu de ne pas quitter Parbre ſous lequel il étoit commepriſonnier des Anglois, ſans avoir rempli ſes engagemens. Enfin ce différendfut terminé par ſon entremiſe,& Falliance renouvellée avec les Anglois,

qui avoient pris ſoin de ſa ſubüſtance pendant tout le tems quiil avoit*ous

(5) Artus, ubi ſup. pag. 54.(t) Des-Marchais, Vol. I. pag. 323.