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Tome cinquième.
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HrsTOIRENArURELLEDE LACorE D'On.

Différencede ſon prix.

Pates& paindes Négres.

316 VOYAGES AU LONGDESCOTES

eſt le véritable millet, que les Portugais appellent Milbio- Piquenv, ou petitmillet. Artus dit que l'épi en eſt fort long,& que les grains reſſemblentpar la couleur au chenevi, mais qu'ils ont un peu plus de longueur(). Ilsſont renfermés dans des coſſes ſans barbe, comme le bled de Canarie. Lafarine en eſt blanche. Les Négres avoient du millet avant l'arrivée des Por-tugais. II n'a beſoin que de trois mois pour mũrir. Aprés la moiſſon, l'u-ſage eſt de le faire ſécher au ſoleil pendant l'eſpace d'un mois. Alors onſépare les épis de la tige;& les mettant en gerbes, on les tranſporte dansles magazins. Les tiges, ou la paille, ſervent à couvrir les cabanes;&dans pluſieurs Cantons, à faire les haies qui les environnent(†).BosMAN compare le millet de la Côte d'Or à la graine de coriandre,&prétend y trouver auſſi beaucoup de reſſemblance avec le petit ſégle deHollande. IIl eſt de bon goũt& fort nourriſſant. II croit comme le grandmillet, avec cette dicférence, que la tige n'eſt pas ſi épaiſſe,& que Fépimeſt pas couvert de feuilles. Auffi eſt-il plus expoſé à ſervir de proie aux

Oiſeaux;[c'eſt pourquoi on n'en féme pas autant que de l'autre;] ce qui le.

rend de la moitie plus cher.

Ox trouve ſur toute la Cête d'Or(q) du millet des deux eſpèces. Maisil eſt moins commun& par conſéquent plus cher dans le Canton d'Axim.Celui d'Anta en produit une abondance ſurprenante dans les années ferti-les. Boſman acheta le millier de tiges à ſix, ſept, huit& neuf takos. II eſtrare que le ſac monte à plus de deux ſchellings. Ainſi, dans les tems depaix, le bled eſt la moins chèere de toutes les proviſions. Mais pendant laguerre il devient quelquefois d'une cherté incroyable. L'Auteur vit donnerpour mille tiges une once d'Or, qui revient preſqu'à quatre livres ſterlings.Les Négres n'en peuvent accuſer que leur propre pareſſe, qui ne leur per-met jamais de porter leurs vües au-delà du beſoin d'une annee. D'ailleurs leSe nombre de Vaiffeaux qui viennent continuellement pour la traite des

ſclaves, en achetent tous les ans pluſieurs milliers de facs.[Ordinairement

le prix de ce bled monte à vingt Schellings, pour les mille ſacs, entre le moisde Février& le tems de la moiſſon](L).

LEs Negres compoſent une forte de pate, du maiz mélé avec le millet.Ceux qui ont vécu avec les Portugais broyent le maiz, ſeul,& ſgavent enfaire d'excellent pain, qu'ils vendent aux Européens avec beaucoup d'avan-tage. Il ſe conſerve pluſieurs mois ſans altération. Les enfans font griller lesSpis de millet,& les mangent au-lieu de pain. Mais'uſage trop fréquentde cette nourriture échauffe le ſang juſqu'’à cauſer le ſcorbut ou la galle,quoiqu'elle ſoit d'ailleurs fort ſaine& qu'elle ait le go0t de notre froment.

LE millet ſe broie fort aiſément, ſur-tout lorfqu'il eſt nouveau,& de-mande peu de peine pour en faire d'excellent pain. Lorſque la pâte eſt bienpétrie, il reſſemble à notre pain d'orge. Mais comme les Négres ignorentp'uſage des fours& ne connoiſſent pas mieux P'art de pétrir, ils ne fomcuire leur pâte que ſous la cendre chaude; ce qui en fait du gâteau plùtêtque du pain. Cependant il meſt pas déſagréable au gont, quoique les 9

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(e) Le méme Auteur l'appelle un grain(g) Villault, pag. 3276. dit que le mülletAäWW.“ aime un terrain bas.(†) Artus, pag. 67.(b) Boſman, pag- 2928.