CoöTS2DPs.
EsCLAVvES.
Boſman
veut traverſer
le Pays par
Superſtitiondes Habitans.
Guerres en-tre Koto&Popo.
Politiquedes Aquam-Los.
Mais les Négres du petit Popo, qui s étolent engagés auſſi à l'eſcorter au
leur fortune& à leur bonheur(9*). IIs ont le méme langage que les Négres
peu de perſonnes riches dans la Nation. Le profit qu'ils tirent par interval-
358 VOYAGESs AULONC DESCSTES
avoit de retourner par terre en venant de] Juida, ce Prince lui offrit[dessle recevoir à Pentrée de ſon Pays,&] de le conduire avec toutes ſes forces ijuſqu'à Ja fromiere de ſes Etats, pour le garantir de l'infulte des brigands.
travers de leur Pays, le diſſmadérent de ce dangereux voyage, en lui faifantrepréſenter par un Ambaſſadeur qu'il auroit le tems d'ètre inſülté ou pillé a-vant qu'ils puſſent le joindre.[Mais comme en méême tems P'Ambaſfadeur 2lui Conſeilloit en ſon particulier de ſe mettre en route; il lui fit comprendreque le deſſein de ceux qui l'avoient. envoye, Eroit de le tuer en chemin,&de piller ſon bagage.] II Perdit ainfi Toccaſion d'acquérir des connoiſlancesutiles& curieuſes. Entre celles qu'il put ſe procurer à Koto, il remarqua quepour la Religion, la politique& l'qœconomie, les iabitans different peu deceux de la Côte d.Or. Il ne leur trouva de plus, qu'une prodigieuſe quantitéde Fétiches(u). Des-Marchais rend témoignage aufſi qu'ils font conſiſter leursrichefſes dans la multitude de ces Idoles,& qu'un Neégre paſſe pour être ex-trémement pauvre lorſqu'il n'en a pas du moins une douzaine. Leurs maiſons,les grands chemins,& les moindres ſentiers en ſont couverts; ſans qu'onpuiſſe juger, dit l'Auteur, en quoi cette profuſion de Fétiches contribue à
d'/Acra, avec peu d'altération. Leur Commerce étant ſi borné, i¹ Iée trouve
le, de la vente de quelques Eſclaves, ne change preſque rien à leur pauvre-té naturelle. IIs ne font pas plus forts que riches, ſur-tout depuis les guerresqu'ils ont ſoũtenues pendant pluſieurs années contre le Royaume de Popo.Ces deux Etats ſont diviſés ſi continuellement, qu'étant d'ailleurs de la mê-me force, il my a que la ruine de l'un ou de'autre, qui puiſſe terminer leursquerelles. Juſqu'à préſent, la Nation des Aquambos, qui a quelque intérêtà tenir la balance égale, s'eſt fait une loi d'arrêter les ſuites de chaque vic-toire, en ſe déclarant aufſi-tôt pour le parti vaincu. Cependant lorſqu Aquam-bo étoit gouverné par deux maitres, comme on l'a déja rapporté, le vieuxMonarque embraſſa la cauſe de Popo& le jeune celle de Koto. Ce fut danscette occaſion() que l'armée du petit Popo ayant ſurpris celle de Koto, lamit dans la néceſlité d'abandonner ſon propre Pays. II etoit encore dans cet-te eſpèce d'exil à Parrivée de Boſman ſur cette GCôte. Mais Boſman ne doutapoint que les Aquambos ne fiſſent bien-tor leurs efforts pour rétablir'égali-tsé().
1 u“ rapporte, à-peu-prés dans les mêmes termes, que leRoyaume de Koto auroit été entiérement conquis, ſi la politique, plütõt queéFamitie, mect porté les Aquambos(7) à le ſecourir. II ajoüte que cette der-niére Narion étant riche en Mines d'Or, craint cgalement les Péuples de Ko-to& de Popo,& qu'elle s'efforce par cette raiſon de les tenir ſans ceſſe auxmains, en nourriſſant leur haine mutuelle; mais qu'elle prend ſoin de fourhirdu ſecours aux plus foibles, ſuivant les divers ſuccès de leurs armes()-
LE.(n) Boſman, pag. 330. Nation.[Mais on a fait remarquer mille gx(°) Des-Marchais, Vol. II. pag. 4. que tous les Voyageurs écrivent les noms dif-(5b) En 1700.. féremment.] 3(4) Boſman, pag. 330.&c fuiv.(*) Des-Marchais, Vol-. II. pag. 3.& ſiis.(r) II donne le nom d'Abrambours à cette