Coörk DESEscCLAVEs.
Situationdu Pays.
Son incom-parable beau-
Culture&fécondité duPays de Jui-da.
maginer.
ſieurs Rivièéres,
366 VONAGE S AUoENGSDESEGGHFRLes Grands du Pays,& les Européens mêmes ne ſont pas éxempts de ceDroit(A).
VERS la Mer, le terrain eſt fort marécageux(1). Ceſt une plaine d'envi-ron trois lieués de largeur, ſans la moindre apparence d'élévation. Elle conti-nue'eſpace de quinze lieuês au long de la Cête. Mais les terres s'éleventinfenſiblement vers intérieur du Pays;& ſi l'on y fait cinq ou ſix lieués,on fe trouve au pied d'une chaine de montagnes, qui le bornent au Nord-FEſt. Elles le ſéöparent de plaſieurs Etats voifins, fur⸗tout du Royaume d'Ar-dra, qui régne au long de Juida, de Popo,& de Koto, juſqu'à Riode Volta.
Cette étendue eſt aſſez conſidérable(m). 1tPovs les Européens qui ont fait le Voyage de Juida conviennent que c'eſt
une des plus délicieuſes Contrées de l'Univers. Les arbres y font d'une gran-deur& d'une beauté admirable, ſans être offuſqués, comme dans les au-tres parties de la Guinée, par des buiſſons& de mauvaiſes plantes. La ver-dure des Campagnes, qui ne ſont diviſées, que par des boſquets, ou par desſentiers fort agréables,& la multitude des Villages qui ſe préfentent dansun ſi bel eſpace, forment la plus charmante perſpective qu'on puiſſe s'i-Il n'y a ni montagnes, ni collines, qui arrétent la vües. Tout lePays s'éleve doucement juſqu'à trente ou quarante milles de la Còôte, com-mé un large& magnifique amphithéâtre; ouù, de chaque point les yeux ſe pro-menent juſqu'à la Mer. Plus on avance, plus on le trouve peuplé. C'eſt lavéritable image des Champs Eliſés, quoiqu'il ne produiſe point d'Or,&qu'on my(n) envoye pas d'autre que celui des Portugais du Bréſil, qui Pap-portent pour la traite des Eſclaves(°). 18 2,* PHILLIPS déclare avec admiration que le Royaume de Juida eſt le plus dé-Hicleux Pays qu'il ait v dans toute la Guinée. Il meſt compoſé, dit- il, quede belles campagnes, d'une pente inſenſible, qui font ornées de bofquets toũ-jours verds, d' Orangers, de Limoniers,& d'autres arbres; arrofés de plu-
& de quantité 2 ruiſfeaux ou le poiffon eſt en abondance(p). A ceux qui viennent de la Mer, cette Contrée, dit Des- Marchais prè-ſente un ſpectacle charmant. Geſt un mélange de petits bois& de grands ar-bres. Ce font des groupes de Bananiers, de Figuiers, d'Orangers,&c. autravers deſquels on découvre les toits d'un nombre infini de Villages, dontles maifons couvertes de paille& couronnées de cannes forment un palfageadmirable(4). Hana-
Cn Pays, dit Boſmman, eſt ſans ceſſe orné d'une belle verdure, autant parſes plantes& ſes grains, que par ſes arbres. On y voit croitre en abondancetrois ſortes de bled, des pois, des feves, des pãtates,& toutes ſortes de fruits.Les richeſſes de la terre ſont ſi ſerrées, que dans la plůpart des champs il nereſte qu'un petit ſentier fans culture. Les Négres de Juida ſont fort induſ-trieux. IIs n'abandonnent que les terres abſolument ſtériles. Tout eſt cultivé,
ſemé, planté, juſqu'aux enclos de leurs Villages& de leurs maiſons. Leur1 1ö1“ avidité
(½) Des-Marchais, bi- ſup. geurs tiemnent le mêeme langage& font à peu(1¹) Voyage de Phillips en Guinée, pag. prés le même tableau. 8214. 8(o) Bofman, pag. 339.& Des-Marchais,
(m) Des-Marchais, Vol. IHI. pag. 14. Vol. II. pag. 194.(n) Boſman eſt perſuadé que l'Univers n'a(b) Philſips, pag. 214.point de Canton qui l'égale. Tous les Voyag.(4) Des-Marchais, pag. 16.