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Tome cinquième.
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385
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OCCIDENTALES Pr vAFRIQUE Lw. X. Car. V. 385

LEs Animaux, qui tueroient ou bleſſeroient un Serpent, ne ſeroient pas Cörr Dosplus à couvert du chätiment que les Hommes. En 1697, un pore, qui avoit EscLavrgs.été tourmenté par un Serpent, ſe jetta deſſus& le dévora. Nicolas Pell, Seeee hFacteur Hollandois, qui fut témoin de cette ſcne, ne put être aſſez prompt mott contrepour Tempécher. Les Prétres portèerent leurs plaintes au Roi,& perſonne tous les porcsn'ôfant prendre la défenſe des porcs, ils obtinrent de ce Prince une Sentence

qui condamnoit à mort tous les porcs de ſon Royaume. Des milliers de Né- Fcichs.

gres, armés d'épées& de maſſues, commencérent aufſi-têôt cette ſanglanteSxGcution. En vain les mattres repréſentèrent P'innocence de leurs troupeaux.Toute la race eüt été détruite, fi le Roi, qui n'avoit pas l'humeur ſangui-naire, n'eüt arrété le maſſacre par un contre-ordre. Le motif qu'il apportaaux Prêtres, pour juſtifier ſon indulgence, fut qu'il y avoit aſſez de ſang in-nocent répandu,& que le Fétiche devoit être ſatisfait d'un ſi beau ſacrifice.Boſman dans ſon ſecond Voyage(P), vit un autre carnage de porcs à la mè-EArme occaſion;[& il remarque en paſſant, qu'on eſt expoſ à cette ſorte d' ac-tes tyranniques, dans les gouvernemens deſpotiques où les Prêtres ont beau-coup de crédit ſur Peſprit du Prince.] Auffi-têt que le maiz commence à ver-dir,& quil eſt de la hauteur d'un pied, il eſt ordonné de tenir les porcsrenfermés, ſous peine de confiſcation. C'eſt dans cette faiſon que les Ser-pens mettent bas leurs petits;& le lieu qu'ils choiſiſſent eſt ordinairementJquelque champ de verdure[ſi donc on lächoit les porcs dans ce tems là, ilserotent un double mal, tant en gaàtant le maiz qu'en mangeant les Serpens.]Les Gardes& les domeſtiques du Roi, parcourent alors tout le Pays. IIs Précautionfont main- baſſe fur les porcs, avec d'autant plus de rigueur, que tout ce contre lesqmils tuent leur appartient. Les Serpens noirs détruiſent encore plus de Féti- esvncches que les porcs, ſans quoi, dit Auteur, ces ridicules Divinités multiplie- S-Kroient tant, que tout le Royaume en feroit couvert(q).

MaLeGRg jes éxemples continuels, qui devroient convaincre les Négres Un hortu-que ces animaux peuvent être tués comme d'aucres créatures, l'ignorance&la ſuperſtition les diſpoſe à croire certaines hiſtoires, que leurs Prétres in- dan 3ventent pour entretenir leur vénération. Des-Marchais en rapporte deux. Un

Portugais, arrivé depuis peu fur la Côte, eut la curioſité d'emporter un Ser-

pent Fétiche au Bréfil. Lorfque fon Vaiſſeau fut prêt à partir, il ſe procura

ſecrettement un de ces animaux, qu'il renferma dans une boëte;& s'étant

mis dans un Canot avec ſa proie, il comptoit de ſe rendre droit à bord. La

Mer étoit calme. Cependant le Canot fut renverſé,& le Portugais ſe noya.

Les Kameurs Négres ayant rétabli leur Canot, retournèrent au rivage,[&négligérent d'autant moins la boëte, qu'ils avoient vü le Portugais fort at-rentif à la garder.] IIs Pouvrirent avec de grandes eſpérances. Quel fut leurStonnement d'y trouver un de leurs Féetiches! Leurs cris attirèrent un grandnombre d'Habitans, qui furent informés auſfi-tõt de'audace du Portugais.Mais comme le coupable étoit mort, les Prétres& la populace fondirent ſurrous les Marchands de ſa Nation qui étoient dans le Pays, maſſacrèrent

B-Lceux qui ne purent ſe ſauver& ſe cacher chez les autres“ 1&

pillérent

„(9) Boſman, pag. 381. copie par Des Mr-(2) Des-⸗Marchais, Vol. I. pPag. 141.chais, Vol. II. pag. 143.

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