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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES DE vAFRIQOUE, Lrv. X. CHrr. VI. 399

nu aufſi long-tems qu'on pourroit diſtinguer ſes traits. Cette punition s'éten-dit plus loin; car il fit préſent à Foffenſé de tous les effets du coupable, deſes femmes& de ſes Eſclaves, avec la liberté de les vendre ou d'en diſpoſerà ſon gré(d). 1LE Roi ſe ſert quelquefois de ſes femmes, pour l'éxécution des arrêts qu'ilrononce. IIl en détache trois ou quatre-cens, avec ordre de piller la maiſondu Criminel& de la détruire juſqu'aux fondemens. Comme il eſt défendude les toucher, ſous peine de mort, elles rempliſſent tranquillement leurcommiſſion. A l'arrivée de l'Auteur, un Négre de ſa connoiſſance fut in-formé qu'on le chargeoit de certains crimes,& que les ordres étoient déjadonnés pour le pillage& la ruine de ſa maiſon. Son malheur étoit ſi preſſant,qu'il ne lui reſtoit pas même le tems de ſe juſtifier. Mais ſe rendant té-moignage de fon innocence, loin de prendre la fuite, il réfolut d'attendrechez lui les femmes du Roi. Elles parurent bien-têt;& ſurpriſes de le voir,elles le preſſérent de ſe retirer, pour leur laiſſer la liberté d'éxécuter leursordres. Au-lieu d'obéir, il avoit placé autour de lui deux milliers de poudre;& leur déclarant qu'il m'avoit rien à ſe reprocher, il jura que ſi elles s'appro-choient, il alloit ſe faire ſauter, avec tout ce qui ſeroit autour de lui. Cettemenace leur cauſa tant d'effroi, qu'elles ſe hatèrent de retourner au Palais,our rendre compte au Roi du mauvais ſuccêes de leur entrepriſe. Les amisdu Négre Favoient ſervi dans l'intervalle(2),& les preuves de ſon inno-cence parurent ſi claires, qu'elles firent revoquer la ſentence. Suivant le mê-Sme(†), C'eſt toüjours à ſes femmes]† de la troiſisme claſſe] que le Roi con-fie Pexécution de ſa juſtice dans la Ville de Sabi. Lorſqu'il a condamné quel-qu'un au chätiment, il les fait partir en croupe, armées chacune d'une lon-gue gaule. Dans ces occaſions, elles font ſuivies de la populace, qui les reſ-Specte beaucoup,[& qui rrouve toüjours quelque choſe à gagner dans cesexécutions.] En arrivant à la maiſon du Criminel, elles lui déclarent les or-dres du Roi. Jamais elles n'y trouvent d'oppoſition;& ſe mettant à piller,à détruire ou à brüler, c'eſt l'ouvrage de quelques minutes. Les Rois ont éta-bli la meme méthode, pour humilier quelquefois les Grands, lorfqu'ils ſfontchoqués de leur orgueil. IIs en uſent rarement; car, malgré tous les droitsd'une autorité deſpotique, ils craignent leur Nobleſſe(&). Cependant lorſ-u'ils peuvent donner une couleur de juſtice au prétexte, ils envoyent deuxou trois mille(5) femmes pour ravager les terres de ceux qui manquent deſonmiſſion pour leurs ordres, ou qui rejettent des propoſitions raiſonnables.Le reſpect va ſi loin pour ces femmes, que perſonne ne pouvant les toucherſans ſe rendre coupable d'un nouveau crime, le rébelle aime mieux prêterPoreille à des propoſitions d'accommodement, que de ſe voir dévorer par u-ne légion de furies, eu que de violer une loi fondamentale de*Etat. Les pri-viléges des Grands, ajoüte le meme Voyageur, produiſent quelquefois deHAcheux effets dans le Royaume de Juida(2).LàA plüpart des autres crimes ſont punis par des amendes pécuniaires au.

profit(2) Des-Marchais, Vol. II. pag. 66.& fui-(&) Des-Marchais pag. 77.vantes.(h) Boſman dit ſeulement denx ou trois(e) Boſman, ubi ſup. pag. 367. cens.(†) Angl. fuvant Des-Marchais, R. d. E.() Des-Marchais, uhi fup. pag. 200.,V. Part. Ggg

CoTE

DES

EscELAVvEs.

SentencesEXEcutées pardes femmes.

Manièredont le Rol

humilieGrands.

les