Corz DESHEsScCLAVvES
Animaux
du Pays.
Qualités tesQuadrupédes.
Porcs deJuida.
1% vOYAGES AU LONGDES CbxTES
D'un autre cêté, comme la bièere forte eſt trop chaude, les Eurqpéens ſontigés d'y méler une égale quantité d'eau, ce qui en fait une liqueur ſaine& agréable. Boſman ajoüte, qu'il n'y a point un ſeul four dans le Pays. LesHabitans cuiſent tout à'eau, juſqu'à leur pain(i).
LE Royaume de Juida eſt trop peuplé pour ſervir de retraite aux bètes fa-rouches. Les Eléphans, les Buffles,& les Pygres() s'arrétent dans les mon-tagnes qui ſéparent le Pays des terres intérieures. Mais on y voit des Dains,& fur-tout une fort nombreuſe eſpece de liévres(1), qui reſſemblent à ceux&Apam& d'Akra,& qui ont auffi quelque reſſemblance avec ceux de l'Eu-rope. Des-Marchais ne trouve ni les lievres, ni les lapins de Juida, d'auſſibon go0t que les nêtres. En récompenſe on y voit les plus beaux Singes dumonde,& de toutes les eſpéèces, mais ils ſont tous également méechans.Ceux de Jakin ſont extrémement jolis,& capables d'apprendre tout ce qu'onleur montre, pourvũ qu'on les inſtruiſe le fouet à la main. IIs font d'un natu-rel ſi capricieux, qu'on ne peut les vaincre qu'à force de corrections(m).
LE Pays ne manque point de chevaux, quoiqu'ils ne vaillent guéres mieuxque ceux de la Cote d'Or. L. Auteur étant obſigé de ſe rendre par terre àMina(n), en acheta cinq ou ſix, dont le meilleur ne lui revint pas à plusde quatré livres ſterling. Phillips nomme Juida pour le ſeul Pays de'Afriqueoà il ait vũ des chevaux; mais fort petits, dit-il, fort indociles,& propresſeulement à ſervir de nourriture aux Négres, qui en aiment la chair autant(°) que celle des chiens. Cependant Des-Marchais aſfüre qu'il n'a vü aux en-virons de Sabi, ni chevaux, ni chameaux, ni anes, ni mules;& que pourle tranſport des fardeaux, les Négres m'ont pas d'autre commodité quc leursEpaules().
LEs Quadrupédes privés, tels que les bœufs, les vaches, les chévres,&les porcs, ne ſont pas différens de ceux de la Cote-d'Or; mais la beauté desprairies,& Texcellencc de l'herbe les rendent plus gras, lus charnus,& debeaucoup meilleur goüt. IIs ne ſont pas méême trop chers(7), car on achèteun bœuf ou une vache dix riſdales, un mouton pour deux, un porc de mè-me,& une chévre pour la moitié. Phillips ne paya pour une vache(1)que vingt ſchellings d Angleterre en Marchandiſes. II n'eſt pas aiſé, ſuivantDes-Marchais, de rendre raiſon de la petiteſſe des bœufs& des vaches deJuida, quand on conſidere que les paturages y ſont excellens,& qu'on n'yemploye point ces animaux au travail, comme dans le Pays du Sénégal. IIajonte néanmoins que le bœuf eſt tendre, gras,& nourriſſant().
PurLLIPs vante les porcs de Juida. IIs font fort gras, dit-il,& donnentFexcellent lard, plus doux meême,& plus blanc que celui d'Angleterre.Comment ne ſeroit-il pas bon, ajoute-t'il, lorſque les plus pauvres Négresont plus de conſidération pour leurs porcs que pour eux-mêmes,& les nour-
10
riſſent(i) Boſman, pag. 39. n) Boſman, pag. 389.(ℳ) Phillips rapporte, ſur le témoignage 0) Phillips, pag. 215.& 228.d'autrui, qu'il y a beaucoup d'eléphans, de„) Des-Marchais, ubi ſup. pag. 211.
Phillips, pag. 215.& 228.Des-Marchals, ubi ſup. pag. 211.
parties hautes du Pays, pag. 223.(1) Boſman, pag. 249.& 390.(m) Des-Marchais, Vol. II. pag. 210.
)b) Boſman, ubi ſup.—)
-Glions, de tigres, de léopards,&c. dans les(G(
422