occIDENTALES pr vAFRIQUE, LVv. X. Cnav. VII. 439
ſert q'entrée à la premigre, Elle conſiſte dans une vaſte cour, environnée de CorepEetrois cêõtés par des bàtimens,& du quatrisme, par un mur, au-milieu du- Escravgs.quel on trouve une grande porte, qui eſt toüjours gardée par deux Négres.Cette porte eſt deffendue par une batterie de douze piéces de canon, montéesſur des affuts de Mer;& vis-à-vis la Tour de Pangle, on découvre une autrebatterie de neuf piéces. Le logement du premier Valet de Chambre du Roiqccupe tout le cêté gauche de la cour. On entre de-là dans celle des cuiſines;& de celle-ci dans une troiſiéme, qui porte le nom de Cour des Douänes,parce qu'on y regoit au nom du Roi les taxes qu il impoſe ſur ſes Sujets,&jes droits qué les Européens lui payent pour la liberté du commerce. IL. extré-mité de cette cour eſt fermée par un grand bâtiment, qui ſert de ſalle d'au-dience. Le Trõne du Roi eſt un fauteuil, placé dans une alcove, qui eſt cou-verte d'un tapis de Turquie. Le reſte de la ſalle eſt revẽtu de nattes,& meu-blé de quelques fauteuils, pour les Européens qui ſont admis à Audience.L'uſage ne permet point aux Blancs de pénétrer plus loin dans l'intérieur du dergeveenPalais; mais lAuteur trouva le moyen dè ſe faire excepter de cette régle,& ſa 8,8 levede tirer le plan de tout l'édifice. II n'a qu'un étage, un peu élevé au-deſſusdu rez de chaufſée. La matieère des murs eſt une argile rouge, quine manquepas de ſolidité. Les voutes ſont de paille, ou de feuilles de Palmier, d'un tiſ-ſu ſi ſerré(y), que le vent, le ſoleil-& la pluie n'y peuvent pénétrer. On Faſte danseſt étonné de lire dans Des-Marchais que non-ſeulement la diſpoſition des ap- 8 r-erpartemens intérieurs eſt fort belle dans le Palais, mais que les meubles n'ont 22 vimrien d'inférieur à ceux de l'Europe. On y voit, dit-il, des lits magnifiques,des fauteuils, des canapés, des tabourets; en un mot, tout ce qui peut ſervir àPornement d'une maiſon. Les Grands,& les riches Négocians imitent l'éxem-ple du Roi. IIs ont juſqu'à d'habiles Cuiſiniers(2) Négres qui ont pris deslegons dans nos Comptoirs;& les Facteurs qui dinent chez eux, ne trouventas de différençge entre lenre rahlee gelles deos meilleunrae Miallons de 1 Eu-rope. Peut-Stre adopteront ils quelque jour notre maniere de ſe vêtir. Ils ontdéeja pris'uſage de faire des proviſions de vins d Eſpagne, de Canarie, deMadère,& méême de France. IIs aiment l'eau-de-vie& les liqueurs fines. IIsſgavent diſtinguer les meilleures. Les confitures, le thé, le caffé,& le choco-lat ne leur ſont plus étrangers. Le linge de leur table eſt fort beau. IIls ont juſ-qu'*à de la vaiſſelle d'argent,& de la porcelaine. Enfin, loin de conſerveraucune trace de l'ancienne barbarie, ils ſont non-ſeulement civiliſés, maispolis. Cet éloge ne regarde néanmoins que les Grands& les riches, car onappergoit peu de changement dans le peuple(a). Idée qu-At-¶& ATKINS,[qui n'avoit pas vũ lintérieur du Palais,] le repréſente comme un 3grand& ſale amas d'édifices de Bambous, d'un mille ou deux de circonfé- oh Palais.rence, où le Roi entretient près de mille(5b) femmes. Phillips ne met pointles femmes dans le Palais. II leur donne pour habitation un quartier voiſin,gu'il nomme une Ville,& qui eſt compofé d'environ quarante maiſons dansla
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(y) Des-Marchais, Vol. II. pag. 36.& ſuiv. ᷣ Cour de Juida.[Cette remarque, qui eſt
7(2) Le même, pag. 71. du Traducteur, paroit n'être autre choſe,(a) Un Négre de la Côte d'Or, qui avoit qu'une traduction faite à la hate de celle quite quelquc-tems aide de cuiſine auf Comptoir fuit ſur le Capitaine Thom. R. d. E.]Aiglois paſſoit pour un cuiſinier fameux à la(b) Atkins, pag. 110.
V. Part. Mmm