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Tome cinquième.
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bP'ELIBEE.1670.

Muſiquequ'il entend.

Explicationu'il en regcoitdu Grand-Préêtre.

Ulobtient lafaveur de voir(es femmes.

Figure duDiable,&diſcours duGrand-Prẽ-tre.

So VOYAGES AULONGDES cCO TES

les nõtres. Les mets conſiſtoient en diverſes ſortes de viandes, rõties& bouil-lies, avec des ragouts à la mode du Pays. L'abondance& la variété rvégnèerentpour les liqueurs. Enfin le Grand-Prêetre m-'avoit rien épargné dans une féte,[dont il vouloit fe faire autant de mérite auprées de ſon Mattre que d hon-neur aux yeux des Etrangers.] Comme il mignoroit pas que luſage des Eu-ropéens n'eſt point de v'aſfeoir à terre, il avoit préparé des couffins de taffetas& de ſatin pour rendre leur ſituation plus commode. Un concert de muſiqueſe fit entendre au milieu du repas. Cétoient des voix qui reſſembloient à cel-les des enfans& qui paroiſſoient venir de loin. Elles étoient accompagnéesq'un tintement de cloche, qui s'attira'attention de d'Elbée, parce qu'il cruty trouver de'harmonie(⁷¼).

LE Grand-Préetre, qui parloit très-bien la Langue Portugaiſe, lui demandace qu'il penſoit des voix auxquelles il paroiſſoit prêter l'oreille. D'Elbée ré-

pondit que C'etoit fans doute de petits enfans, qui chantoient avec beaucoup

de mélodie& qui s'accordoient fort-bien avec la meſure des Inſtrumens.„ Ce ſont mes femmes, reprit le Prêtre, qui ont entrepris de vous donner„cet amuſement. Nous ne ſommes point ici dans Pufage de montrer nos„femmes; mais pour vous convainere de Paffection que je porte aux Fran-„ gois je ſuis prêt, ſi vous le ſouhaitez, à vous donner cette ſatisfaction.D'Elbée parut fort fenſible à cette marque de confiance. A la fin du ſouper,le Grand-Prêtre le conduiſit avec ſa compagnie dans une gallerie haute, d'oùvon pouvoit jetter les yeux par une fenêtre dans la ſalle à manger. Les femmesy étoient raſſemblées an nombre de ſoixante-dix ou quatre-vingt. Elles n'a-voient pour habits que des pagnes ou des jupons, qui les couvroient depuisla ceinture juſqu'aux pieds,& toutes les parties ſupérieures étoient nues.Quelques- unes portoient des ceintures de taffetas. Elles étoient aſſiſes ſur desmttes, des deux côtés de la gallerie, aſſez ſerrées une aprés Tautre. L'arri-

vée du Pontife& celle des Etrangers parut leur cauſer auſſi peu d'émotionque de curioſitẽ. Elles continuerent leur coneert, en frappante, avec de peti-tes baguettes, ſur des cloches de fer& d'autre métal, de la forme d'un cylin-dre& de différentes grandeurs. Leur modeſtie(r), dans une occaſion ſi ex-

Æ.

traordinaire, parut fort louable à dElbée,[& ſa réfléxion Peſt auſſi.] Mais.

que penſer de Labat, ſon Editeur, qui ſemble croire ici qu'en vertu de ſacorreſpondance avec le Diable, le Grand-Prêtre avoit faſciné les yeux de ſesfemmes juſqu'à les empécher d'appercevoir les Frangois?

Av coin de la gallerie, d- Elbée obſerva une Figure blanche, de la grandeurqun enfant de quatre ans. II demanda ce qu'elle ſignifioit:„ C'eſt le Diable,lui dit le Préetre„. Mais le Diable n'eſt pas blanc, lui répondit dElbée.Vous le faites noir, repliqua le Prêtre, mais c'eſt une grande erreur. Pourmoi, qui Pai vũ& qui lui ai parlé pluſieurs fois, je puis vous affürer qu'il„eſt blanc. Il y a ſix mois, continua-t-il, qu'il m'apprit le deſſein que vous„ aviez formé en France de tourner ici votre Commerce. Vous lui êtes fort„ obligés, puiſque ſuivant ſes avis vous avez négligé les autres Europsens„pour trouver ici(g) plus promptement votre cargaiſon d Eſclaves. D'El-

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(2) Second Tome de Des-Marchais, page(s) Angl. Nous avons néglige le commer-249.& ſuivantes. ce des autres Européens, afin que vous trou-(r) IWid. vaſſiez ici&c. R. d. E.