OCCIDENTALES DEr UTAFRIQUE, Lrv. XIII. Cuar. III. 305
tivement. Il compare ces ſonnettes à celles qu'on ſuſpend en Europe au cou desbeſtiaux. Mais cette muſique eſt rare, dit-il, parce que le nombre des Seigneurs
D=neſt pas grand(p),[& qu'il n'y a que leurs Fils qui ſe ſervent de ces Inſtru-nens.]
ON voit, à la Cour, des Fluttes& des Cornemuſes, dont les Muſiciens deCongo jouent fort bien. On en voit auſſi parmi le Peuple(q), mais d'uneforme moins élegante& d'un ſon plus groſſier. Le(r) Peuple n'obſervequ'une meſure imparfaite dans les danſes,& bat des mains pour accompagnerles Inſtrumens. Mais à la Cour, le mouvement des pieds eſt plus juſte& plus
Pgrave. C'eſt une ſorte de meſure Moreſque,[que Auteur trouve] aſſez ma-jeſtueuſe(5).
LEs tambours ſont compoſés d'un bois fort mince& dune ſeule piéce,de la forme de nos grandes jarres de terre. IIs ſont couverts d'une peau debéte, ſur laquelle on bat avec la main. Le bruit l'emporte beaucoup ſur celuide nos tambours(t). Suivant Carli(v), on n'y apporte point d'autre art
P=que de couper un tronc d'arbre long de trois quarts daune[% 2& quelques-foisplus, puiſque lorſqu'ils le pendent à leur cou, il touche preſque à terre,] de lecreuſer& de le couvrir des deux côtés d'une peau detigre, oude quelqu'autreanimal. On bat, dit PFAuteur, avec la main ouverte;& le ſon eſt fort hideux.
OurRE ces grands tambours, Mérolla en repréſente de plus petits, que lesNégres appellent Mamba. IIs ſont compoſés du fruit de l'arbre Alikonda,
&Æ dont on a déja vu la deſcription], ou d'une piéce de bois creux, qui n'eſt cou-verte que d'un ctõ6. Leur uſage eſt ordinairement pour les parties de débau-che, quoiqu'ils faſſent aſſez de bruit pour être entendus de fort loin. Auſfſiles Miſſionaires ne entendent jamais ſans courir aufſi-têt vers le lieu de l'aſſem-
blée, dans la vũe d'interrompre ces] criminels] amuſemens. L'Auteur regrettede n'avoir jamais püͦ ſurprendre un coupable, pour en faire un éxemple. IIajoute que les Jaggas employent ces tambours, non-ſeulement à leurs fêtes,mais aux facrifices humains qu'ils font à l'honneur de leurs Ancêetres,& ſur-tout, dit-il, lorſqu'ils invoquent le Diable(x).
(p) Carli, pag. 564. ce. R. d. E.
(7) Angl. Le petit Peuple, ſe ſert auſſi de(†) Pigafetta. pag. 183.Chalumeaux, de petites ſonnettes,& d'autres(t) Merolla, pag. 645.Inſtrumens&c. R. d. E.(v) Carli, pag. 563& ſuiv.
(r) Angl. IIs gardent aſſez bien la caden-(x) Merolla, pag. 632.
g. 11I.
Arts& Coutumes des Maſicongor.
N remarque peu de différence entre les édifices de Congo& ceux de
toute la Côte Occidentale dAfrique. Les Moſicongos élevent aufſi plu-
Pſieurs hutes au milieu d'un enclos. Elles ſont ſde terre ou de bois,] couver-
tes de paille, diviſées en pluſieurs chambres commodes, mais ſans rez-de-chauſ-
ſée& ſans aucun étage. La plúpart ſont tendues de fort belles nattes,&
FSgarnies de pluſieurs autres ornemens(4). Ceſt[la ſeule force de Puſage,]
ou(a) Dapper dit que leurs meubles conſiſtent en épées& en boucliers, pag. 535.
RorauneD E CoNdo.
Fluttes&Cornemuſes.
Caractèredes danſes.
Tambours.
Autres ſor-tes de Tam-bours.
Tambour dedébauche,
Ediſices duPays.