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Tome sixième.
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338
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RovràAuMED'ANGOLA.

Trois ſortesde Portugais àLoanda.

Mauvaiſehumeur desfemmcs.

Uſages des

lancs de l'un& de l'autrefExe.

338 vOYAGES AU LONGDES COTES

blis dans cette Région, fur-tout à S. Paul de Loanda. 1. Les Eccléſiaſtiques,qui ſont en petit nombre. 2. Les Officiers qui commandent,& les Né-gocians. 3. Les coupables, qui ſont bannis par les Cours de Juſtice. Le nom-bre des derniers, quoiqu'aſſez grand, n'approche point de celui des ſeconds;mais Auteur compte parmi eux quantité de Portugais deſcendus de race Jui-ve, qui portent le nom de Nouveaux Chrétiens. Is ſont envoyés en Afri-

que par les Cours Spirituelles. Entre pluſieurs raiſons qui les excſuent de l'E-

tat Eccléſiaſtique, Auteur en fait deviner une fort infäme;[cC'eſt un crime4-

commun parmi eux, mais] que la bienſéance, dit-il, ne lui permet pas denommer. Cependant il ajodte que cette race d'hommes profanes fréquentebeaucoup les Egliſes& ſe diſtingue par ſes libéralités pour les Couvens& pourles Pauvres(H).

LEXEMPLE& la ſociété des Négres produiſent de ſi bizarres effets ſur lesfemmes Portugaifes, qu'elles ne confervent preſque rien de blanc que la peau.Il(i) ſemble qu'elles mettent leur gloire à poufſer'empire auffi loin que lesfemmes du Pays portent Pobéiſfance& la foũmiſſion.é Si leurs maris veulentſecouer le joug, elles mépargnent rien pour les chaſſer de leurs maiſons; oudu moins elles trouvent le moyen de les humilier par des mortifications ſi ſen-

ſibles, qu'ils woſent paroitre en public. †¶ Mais ce qu'il y a de plus triſte, c'eſt=

que pendant que ces pauvres maris, font dans cette eſpéce de priſon, ils cou-rent riſque de mourir de ſoif, parce qu'il n'y a de bonne eau dans cette Contréeque celle qu'on apporte d'une Ifle éloignée de deux journées de chemin(¼).][Lavarice eſt une autre padion qui ne les gouverne pas moins.] Elles font&mourir de faim leurs maris[& toute leur famille.] Pfuſieurs de ces furies ſerendent mattreffes des habits mêmes de leurs maris, ſous prétexte qu'ils appar-riennent à la famille. La loi donne ici aux filles tout ce qui vient de la Mse-re(1),(parce que les gargons peuvent sentretenir par les mariages. Lesgs=Meères qui ont des Filles en àge d'etre marices ont grand ſoin de les renfermerdans leurs maiſons, parce qu'on leur reproche de ne les mener à Egliſe quepour les vendre. En géneral les femmes marices ne fortent gusres. Unegroſfeſſe réelle ou prétendue leur ſert d'excuſe pour ſe diſpenſer de s'expoſeraux injures de Pair,& lorſqu'elles commencent à vieillir, elles n'aiment pointà ſe faire voir, de peur de montrer leurs rides(m).]

LEs Blanes ne fortent point de leurs maiſons fans être ſuivis de deux Eſ-claves, qui portent leur hamack,& dun troiſiéme Négre, qui tient fur la ts-te de ſon Mattre un grand paraſol. 8i deux Blancs ſe rencontrent& continuentde marcher enfemble, leurs Eſclaves joignent les paraſols& leur forment un

ombrage continuel. Les femmes Portugaiſes ne fortent que[rarement& to0-q†=

jours] dans un hamack, ſuivant l'uſage du- Bréſil, avec un nombreux cortéged' Eſclaves, qui ne parlent à leurs Maftres qu'à genoux(n). Le hamack eſtcouvert d'un tapis& le cortége eſt ordinairement compoſé de douze perſon-nes; deux Négres, qui portent la voiture; deux qui ſoutiennent les paraſols;

(b) Relation de Pigafetta, pag. 51.() Cette diſtance eſt tropgrande, puiſque(i) Angl. Les plus méchantes d'entr'elles cette Iſle doit être celle de Loanda.prennent à tache de maitriſer tellement leurs(1) Voyage de Merolla, pag. 671.

maris, que ſi ceux-ci refufent de s'accommo- ⁵☛(m) Merolla, ubi ſup.der à leurs caprices&c. K. d. E.(n) Voyage d'Angelo, pag. 561.