OCCIDENTALES pr vAFRIQUE, Lrv. XIII. CuAr. VIII. 407
SvuIVvANT Dapper, le Zebra, qu'il appelle aufſi Zebro, habite les forèts du HrsroxRrRoyaume d'Angola,& ſe trouve rarement dans d'autres Régions. II eſt ſi NarvngrLg.prompt à la courſe, qu'on le prend difficilement en vie. On ne vapprivoiſepas plus aiſément lorſqu'il eſt pris. Cependant les Portugais ſex antoient d'enavoir envoyé, depuis quelques années, quatre à Lisbonne, ouù le Roi les em-ployoit à ſon caroſſe. Celui qui les avoit tranſportés en Portugal obtint pourrécompenſe un office de Notaire, qui devoit ſubſiſter perpétuellement pour ſafamille(x).
CARII veut que le Zebra, par la taille& la force, reſſemble éxactement à lamule. II parle avec admiration de ſes taches blanches, noires& jaunes, quiſe ſuccédent réguliérement dans toutes les parties du corps,& qui ſont ſi bel-les, dit-il, qu'on les prendroit pour l'ouvrage de l'art().
MEROTLILA dit, à peu-prées dans les mêmes termes, qu'on prendroit moinsla peau du Zebra pour un cuir, que pour une belle étoffe de ſoie, raiée de plu-fieurs couleurs de grandeur egale, blanches, noires& bordées de jaune oude roux. II affüre que Fextrêème légèreté de cet animal ne le rend pas moinsineſtimable que ſa beauté, lorſqu'on eſt parvenu à l'apprivoiſer. Le Pèreda Romano, Supérieur Général de la Miſſion, envoya un préſent de pluſieurspeaux de Zebra au Grand Duc de Toſcane(2).
Du tems de Lopez, on voyoit avec admiration dans le Royaume de Con-go de grands troupeaux de bœufs& de vaches, de porcs, de moutons&- dechévres. Les chévres& les brebis donnoient trois ou quatre petits d'une ſeu-le portée,& jamais moins de deux(a). Merolla rend le même témoignage
D=des chévres. II ajoüte[que les Brébis font couvertes de poil au-lieu delaine,] que les beliers ne ſont point armés de cornes comme en Europe;que les brebis ſont moins fécondes que les chévres(5), leur chair moinseſtimée;& qu'en général les Habitans préeférent la chair des chevreaux àcelle des agneaux(c).
O trouve des Lions dans le Pays des Anzikos; mais il ne s'en voit ja- Lions.mais dans la Province de Bamba, quoique les tigres y foient fort communs. IIsy portent le nom d'Engoy. Ces furieux animaux font la guerre aux Négres&reſpectent les Blancs. On a remarqué pluſi ieurs fois, b ayant attaqus pendantla nuit un Blanc& un Négre, ils tuoient le Négre& lailloient le Blanc fansmi nuire. IIs ſont aufſi féroces quele Lion, ils rugiſſent comme lui. La métho-de des Négres pour les tuer eſt d'employer(2) des fléches empoiſonnées.D'autres attachent un chevreau au pied d'un arbr e,& tendent un piége par-devant. Lopez en ayant acheté un jeune, prit plaiſir à'élever avec du lait Je Xb 84de chévre,& s'en faiſoit ſfuivre comme d'un chien; mais tout autre que lui n heene'auroit pas touche ſans danger. II pouſſoit quelquefois des rugiſl ſſemenseüsse- 28& dans ces accès de coſe ere il avoit le regard terrible. Un jour il dé-
ora le chien de Lopez. Dans une autre occaſion, il lui tua un zébra qu'il avoit
Tigres&leur férocité.
bant apprivoiſer. Enfin, la crainte de quelque accident plus funeſte, lui fitprendre(x) Dapper, ubi ſup. coup plus eſtimée 4n ins ces quartiers, que cel-C arli, pag. 564. le de mouton. R. E.Merolla, pag. 606. Il en vit à Ben-(c) Voyage I pag. 637.
gue(d) An jetter de la chair em-ation de Pigafetta, pag. 88. pollonnéc. R. d. E.
ci eſt beau-