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Tome sixième.
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PaArvs cIa-

CONVOISINS.NZIKOs.Ceintures

Milftaires.

Marchés dechair humai-ne.

Habits desAnzikos.

Leur langage.

o vO YAGES AULONG DES CGTES

de ſerpent, des dagues fort courtes, qui ont la forme d'un couteau, avec unmanche. IIs les portent en fautoir. Leurs ceintures ſont de différentes ſor-Mais celles des Guerriers ſont de peau d'Eléphant, larges de trois pou-ces. Comme elles ſont d abord extrémement roides, parce que cette peaun'a pas moins de deux pouces d'épaiſſeur, ils les courbent à la chaleur du feu,& parviennent a à les boutonner().

LEs Anzikos font d'une extrêème agilité. IIls courent ſur les montagnes,comme autant de chévres. On ne vante pas moins leur courage, leur dou-ceur, leur droiture& leur bonne-foi. II m'y a point de Négres pour leſ-quels les Portugais ayent tant de confiance. Cependant ils ſont d'un carac-tere ſi ſauvage& ſi groſſier, qu'il n'y a point de converſation à former aveceux. Le commerce les attire Congo. IIs aménent des Eſclaves de leurpropre Nation,& des dents d'Eléphans ou des étoffes de la Nubie 75*dont ils ſont voiſins. En échange, ils emportent du ſel& des zimbis, quileur ſervent de monnoie, outre une autre eſpẽce de grandes coquilles quiviennent de'Iſle S. Thomas& qui ſervent à leur parure. IIs regolvent auſ-ſi des ſoies, des toiles, de la verrerie,& d'autres marchandiſes apportées de

Portugal.

Irs ont Puſage de la Circonciſion;& des v'enfance ils(g) ſe marquent&ſe cicatriſent le viſage avec la pointe d'un couteau.

LàA chair humaine ſe vend dans leurs Marchés, comme celle de bœuf dansnos- Boucheries de 1Europe; car ils mangent tous les Eſclaves qu'ils prennentà la guerre. IIs tuent méême leurs propres Eſclaves, lorſqu'ils les jugent aſſez-gras; ou s'ils trouvent cette voie moins avantageuſe, ils les vendent pour laBoucherie publique. Lorſqu'ils ſont fatigués de la vie, ou quelquefois pourmontrer ſeulement le mépris qu'ils en font, ils s'offrent, avec Jeurs Eſclaves,pour être dévorés par leurs Princes. On trouve des Nations, remarque l Au-teur, qui ſe nourriſſent de la chair des étrangers; mais on ne connoit que lesAnzikis qui ſe mangent les uns les autres, ſans excepter leurs propres pa-rens(b).

Daxs cette Contrée barbare, le Peuple a la téte nue& n'eſt pas mieuxcouvert depuis la ceinture juſqu'en haut. II ſe noue les cheveux ſur la tête.IMles friſe. Les Nobles ſont vêtus de ſoie& de toile. IIs ont la tete couver-te d'un bonnet bleu, ou rouge, ou noir, ou d'un chaperon de velours à laPortugaiſe. La vanité leur fait apporter du choix dans leurs habits, ſuivantleur état& leurs facultés. Les femmes nobles& riches ſont couvertes de latéte juſqu'aux pieds; mais celles du commun n'ont qu'un pagne qui leur tombede la ceinture en bas. On voit aux premiêres une ſorte de mantes qu'ellesrejettent ſur leurs épaules,& qui ne leur laiſſe que le viſage découvert. Ellesportent auſſi des ſouliers, tandis que toutes les autres vont pieds nuds. Leurmarche eſt vive& légere; leur taille fort bien priſe,& leur contenance a-gréable.

LEux langage eſt tout- à-fait différent de celui de Congo; mais ils appren-

nent() Relation de Pigafetta, pag. 32.& ſui- gions.vantes.(g) Angl. les deux ſéxes. R. d. E-ä.() II- eſt certain, au contraire, que la(½) Relation de Pigafetta, pag. 52.& ſuiv.Nabie en eſt ſéparée par d'autres grandes Ré-