Pays qu'oc-cupent lesJaggas.
Divers nomsde ces Peu-
Leur figure
422 VvONXAGESAUVIGNsUnns
ge, dans cette occaſion, tous les Peuples de ſes Etats qui ſont capables d
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voyager, à ſe raſfembler dans une grande plaine, où lon a bati fur pluſicursarbres un certain nombre de hutes, pour le Monarque& pour les principaux
urs de ſon Rovaume. IIs s'y retirent, accompagnés de leurs Inſtrumens
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de muſique. A quelque diſtance, on lie au tronc d'un arbre un des plus furieuxLions du Pays. Enfin le ſignal ſe donne,& l'on détache aufſi-töt le Lion, àqui la vüe d'une ſi nombreuſe aſſemblée fait pouſſer d'abord quelques rugiſſe-mens, mais qui, ne voyant aucun moyen d'échaper, ſe jette ſur le premier Né-gre qu'il rencontre. Le Peuple, au-lieu de fuir, s'avance vers lui ſans armes,pour tuer le monſtre,& regarde comme un bonheur de périr dans ce combataux yeux de ſon Souverain. En effet, le Lion ne manque point d'en tuerun grand nombre avant que de l'etre lui-même; mais ilſuccombe enfin aux ef-forts de la multitude. Enſuite, les ſürvivans mangent les morts,& faifant re-tentir l'air de leurs acclamations autour du Prince, ils le conduiſent à ſon Palais,en criant, Vive le Grand-Seigneur de Kaſſanji(5)
MEROLILA, qui raconte la memechoſe avec que 2crier deux fois au Peuple: Vive notre Kalanji. II prétend auſſi que r'aſſembléedu Peuple ſe forme en cercle,& laiſſe au centre un grand eſpace qui ren-ferme pluſieurs arbres, ſur run deſquels on a dreſEé une ſorte d'cchaffaut pourle Kaſſanji& les Seigneurs; qu'aufſi-tt que le Monarque eſt adis& le Lionenchainé, les cris du Peuple& la muſique ſe font entendre; après quoi, ſurun ſignal qui ordonne tout-d'un- coup le ſilence, on làche le Lion, en lui cou-pant la queuẽé pour augmenter ſa fureur(*).
LEs jaggas ſont répandus dans une grande partie de IAfrique, depuis lesconfins de TAbiſſmie au Nord, juſqu'au Pays des Hottentots au Sud; car, ou-tre les Pays qu'on a déja nommés, ils poffédent une partie conſidérable duMonemuji. De Liſle les place au Nord de cet Empire. Lopez leur fait habi-ter les bords de cette vaſte Contrée, au long des deux rives du Nil, depuisſa ſource, qu'il place dans des Lacs qui ſont à] Eſt de Congo, juſqu'à l'Empiredu Prétre-jean(v), par lequel il entend v'Abiſſinie. I! ajoüte qu'ils habitentd'ailleurs le Monemuſi. Ils ne doivent pas s'etre moins étendus à 1'Oueſt,s'il eſt vrai, comme Battel l'aſfüre, que les Jaggas qui ravagèrent de ſon temsle Royaume de Congo& celui d'Angola, étoient venus de Sierra-Léona.
gére différence, fait
[Nous ne devons pas oublier de dire qu'il y a des Auteurs qui croient que lesqes
Gallas, qui firent dans le même ſiécle de ſi grands ravages dans 1'Abiſſinie, 6-toient des Jaggas. Le nom de ce Peuple eſt fort incertain. Lopez affüͤre queles Négres de Congo les appellent Jakti, mais qu' ils ſe nomment eux-mêmesAgagi ou Agagbi. Battel écrit Gagas, ce qui approche plus d.gag. MaisPurchaff dit que dans la converſation il pronongoit Jaggas,& que](x) lesPortugais leur donnoient le nom de Jaggas, mais qu'entre eux ils ſe nom-moient Imbangolas(„). Il les appelle auſſi Jindes(2).
L.Eun figure perſonnelle eſt fort noire& fort difforme. Ils ont le corps
grand78(y) Battel, dans Purchaſſ, Vol. V. pag. 773.(2) Pigafetta, pag. 103.& 204. Carli&(99 1 Merolla, tous deux Italiens, écrivent Gias-& 206. chi& Giagbi.(x) Ibid. pag. 204.