OCCIDENTALES DE UAFRIQUE, Lzv. XIV. CHAP. II. 449
quantité de champs à bled, qui ſont les terres de la Ville(r)). Dans un autreendroit de ſon ouvrage, l'Auteur ajoũte que la Ville s'étend depuis la Merjuſqurà la Vallée; qu'elle eſtgrande& régulisre, diviſée en pluſieurs rues ſpa-cieuſes,& compoſée de deux cens maiſons(H) avec des cours& des jardins;que ſes édifices ſont de brique; mals la plüpart d'un ſeul Stage, par précautioncontre les vents d'Eſt, qui les incommodent beaucoup, toutes baſſes qu'ellesſont;& que par la méme raiſon les toits ſont de chaume. IL. Egliſe, qui ect
atie de pierre, eſt ſimple, mals belle, blanchie au dehors,& couverte au ſide chanme. Vis-a⸗vis eft IHopital, grand baätiment régulier, qui peut rece-Vvoir pluſieurs centaines de malades.
LA Fortereſſe, oùu le Gouverneur fait ſa réſidence, eſt un édiſice majeſ-tueux, fort,& de grande étendue, fourni de toutes ſortes de commoditéspour la Garniſon. Elle commande non-ſeulement la Baye, mais encore toutſe Pays circonvoiſin. Les Officiers de la Compagnie y ont leur logement,&on y entretient conſtamment une Garniſon confidérable(t).
LEs Hollandois forméêrent leur premier établiſſement dans la vallée de laTable; mais s'tant bientêt étendus au-delà de la montagne du méme nom,üs élevéêrent près de la Rivière de Sel un Fort de terre& de bois, avec une
arde, pour contenir leurs troupeaux& pour ôter aux Hottentots le pouvoirde les enlever. Dans la même vüe, ils batirent prês de ce Fort uneé écuriepour cent cinquante chevaux,& des logemens pour le même nombre d'hom-mes, qui devòient etre préets à monter à cheval dans l'occaſion. Lorſque laColonie ſe fut étendue bien loin ſur les bords de la Rivière de Sel, le Fort de-vint inutile& tomba bien-tot en ruine. Mais on a conſervé une grande par-tie de'écurie, qui ſert de retraite aux criminels que les Hollandois jugent àpropos de bannir pour un certain tems de IInde au Cap. Du tems dée l'Au-teur, il sy trouvoit quelques Princes Indiens, éxilés pour cinq ans par le Gou-verneur dé Batavia. Ils ſfont réduits à tirer leur ſubſiſtance de leur travail;&lorſque le terme de leur Sentence eſt expiré, ils ſont reconduits aux Indes ſurun Vaiſſeau de la Compagnie.
ENTRE les jardins de la montagne de la Table,& prées de l'écurie dont ona parlé, on trouve une belle Plantation, à laquelle ſa fertilité a fait donner lenom de Pain&& Vin. On voit auſſi dans le mème lieu la fameuſe Braſſerie de
dcob Louwens, que la Compagnie envoya au Cap avec toute ſa famille, poury Stablir la méthode de braſſer qui eſt en uſage à Daventry(v).
PRES de la montagne du Buiſfon s'éäleveé unc belle maiſon de campagne,nommée Conſtantia, que le Gouverneur Vanderſtel fit batir ſous le nom de ſafemme(x), quoiqu'il w'ent pũ lui inſpirer aſſez de complaiſance pour Taccom-pagner en Afrique. Des fenétres de face, la vüe eſt charmante ſur les prai-rles, ſur les jardins& les autres maiſons de plaiſance des Bourgeois du Cap.Plle s'étend aufſi ſur la vallée de la Table& fur celle des Bufles, ou la Com-pagnie faifoit tuer autrefois ſes beſtiaux(y).
UN
(r) Ibid. pg. 4. 8(*) C'eſt-à-dire à Deventer. R. d. E.(.5) Wid. Vol. I. pag. 349.& ſulv.(x) Voyage de Kolben, Vol. II. pag. 2.(t) Leguat, qui étoit au Cap en 1691,& ſuivantes.
dit que ce 8 8g cette Garniſon e e de trois Kol 8 ſuiv.cens hommes. arniſon étoit compoſée d(y) Kolben, Vol. II. pag. 2.&. ſuiv.
VI. Part. 1.11
KoOLhEN.SCoLoNIESHoLtaNpol-8ES.
Fort ruiné.
AnciennesEcuries, quiſervent de de-meure auxBannis.
Plantationnommée Pain& Vin.
Braſſerie
Conſtantia.