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Tome sixième.
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OccIDENTALES DEL vAFRIOQUE, Lav. XV. CHAr. III. 479

religieuſes conſiſte dans un petit cercle de notes. Mais en général, toute leurmufique eſt fort déſagréable aux oreilles d'un Européen(b).

LEUR maniére de danſer n'eſt pas de meilleur goüt. Les hommes s'accrou-piſſent en cercle,& laiſſent entr eux quelque diſtance pour le paſſage desfemmes. Auffi-têt que les gongoms commencent à ſe faire entendre, les fem-mes battent des doigts fur leurs tambours. Toute Taſſemblée chante 1n, 503ho,& frape des mains. Alors il ſe préſente pluſieurs couples pour danſer.

Mais on m'en laiſſe entrer que deux à la fois dans le cercle. Leur ſituatiom

eſt face à face. En commengant, ils ſont éloignés entr'eux d'environ dix pas,& cinq ou ſix minutes(c) ſe paſſent avant qu'ils ſe rencontrent. Quelquefois ilsdanſent dos à dos; mais jamais ils ne ſe prennent par les mains. Chaque danſene dure gueres moins d'une heure. Leur agilité eſt ſurprenante,& leurs pas-nets& dégagés. Pendant ce tems- toutes les femmes ſe tiennent debout,les yeux baiſſés,& chantent po, ho, o, en battant des mains. Lorſqu'elles-ont beſoin d'hommes pour la danſée, elles lèvent la téte& ſecouent les an-neaux qu'elles portent aux jambes. ELe bruit qu'elles font, en frappant dupied, reſſemble à celui d'un cheval qui ſe ſecoue ſous le harnois. Les dan-ſeurs fatiguent ordinairement les muſiciens, car il faut que chacun danſe àſon tour(d). 3

LA chaſſe eſt un autre amuſement que les Hottentots aiment beaucoup. Ils.

font éclater une adreſſe ſürprenante, ſoit dans le maniement de leurs ar-mes, ſoit dans la viteſſe& la légèreté de leur courſe. L. Auteur s'Stonne qu'ilsne faſſent pas plus ſouvent un mauvais ufage de leur agilité; quoiqmil leur-arrive quelquefois, dit-il, d'en abuſer. II en rapporte un éxemple. Un Ma-

telot Hollandois, en débarquant au Cap, chargea un Hottentot de porter à*

la Ville un rouleau de tabac d'environ vingt livres. Lorfſqu'ils furent tous deux-à quelque diſtance de la troupe, le Hottentot demanda au Blanc s'il ſgavoitcourir.- Courir? répondit le Hollandois: Oui, fort bien. Eſſayons, repritPAfriquain;& ſe mettant à courir avec le tabac, il diſparut preſqu'auſſi-tõt.Le Matelot Hollandois, confondu de cette merveilleuſe viteſſe, ne penſa-point à le pourſuivre,& ne revit jamais ni ſon tabac ni ſon porteur.

OxXx auroit peine à s'imaginer quelle eſt'adreſſe de ces barbares à tirer leursHleéches, ou à lancer leurs zagaies& leurs Rakkums. IIs ont la vüge ſi prompte& la main ſi certaine, que les Européens n'en approchent point. En pour-ſuivant un daim, une chévre ſauvage ou un liévre, s'ils peuvent s'avancer àla portéc de leur rakkum, ils ne manquent preſque jamais leur coupPp. A centpas ils toucheront d'un coup de pierré une marque de la grandeur d'un demi-ſou;& ce qu'il y a de plus étonnant, c'eſt qu'au-lieu de fixer, comme nous,les yeux ſur le but, ils font des mouvemens& des contorſions continuelles.Il fémble que leur pierre ſoit portée par une main inviſible. Ils remarquentavec plaiſir ladmiration des Européens,& ſont toſjours prêts à recommencer

n méme expérience. Kolben affüre quw'ils mexcellent pas moins à tirer de lare-au à lancer la Zagale.UN.

(b) Vvoyage de Kolben, Vol. I. pag. 273. autres Négres. R. d. T.& ſuiv. L. Auteur dit que ce Gomgom eſt en(c) Angl.& quinze minutes. R. d. E.uſage ſur toute la Côte d'Afrique, quoiqu'on(4.) Ibid. pag. 181.& ſuiv.n'ait v juſquici rien de ſemblable parmi les

KoL BE M.F.Fesüs DESHorrENToT,8.

Dapſe desHottentots.

Leur chaſſe,& leur extré-me agilité.

Leur adrel-ſe merveilleu-ſe à tirer leursfléches&c.