12 VOYAGES DANS PE MPIRE
NIrrunorv. accordoit la permiſſion de ſe rendre à Peking, avec une ſuite nombreuſe()&
16535. quatre Interprétes, pour y traiter du Commerce. Par la ſecondé, il accordoitaux Hollandois la liberté qu'ils demandoient pour le Commerce, en marquantqu'il les attendoit à Peking pour le remercier de cette faveur.
ELE 2 de Novembre, le Tu-tang d' Heriſu(d) arriva dans la Ville de Can-ton[en grande pompe] avec un cortége de pluſieurs Barques, dans la ſeule. 2vüe de marquer plus de conſidération& de politeſſe aux Ambaſſadeurs. Le 30de Décembre, le jeune Viceroi parrit ſur la Riviêre, avec un grand corps detroupes, pour faire rentrer dans la ſoumiſſion la Province de Quang-ſi, qui 9'-
Chatiment toit revoltée. Avant ſon départ, il conſulta ſes Devins, qui ne lui prédirent
d'une fauſſe que des diſgraces. Au contraire, ſes entrepriſes ayant tourné heureuſement,predietion. Douſſa la vengeance, à ſon retour, juſqu'à détruire leurs Temples& leurs 1-doles, en regrettant que leur fuite les ct dérobés eux-mêmes à ſon reſſenti-Fortune des ment. Les deux Vicerois de Canton n'toient pas lics par le ſang; mais ils é-Seeeeos toient amis,& nées tous deux à Peking. Leurs peres ayant perdu la vie par
Fe'ordre du dernier Empereur Chinois, ils s'étoient retirés a Canton dans le temsque le Kam de Tartarie s'en étoit rendu maltre;& ſa protection, qu'ils avoientimplorée, les avoit elevés à la dignité dont ils étoient revétus.
1656. 11 ne reſtoit aux Ambaſſadeurs Hollandois qu'à ſe procurer les paſſeports du-vieux Viceroi. IIs les lui demandérent en prenant congé de lui;[mais com-.mengant à les regarder d'un autre œil, depuis la faveur qu'ils avoient rege-
Ils donnent de fon Maitre,] Il les invita tous deux à diner dans ſon Palais. Le jour de cette.
chacun leur fèête étoit le 27 de Février. Les galeries, les cours& les ſalles étoient ornéesſerc aux Hol- de peintures, d'etoffes de ſoie& de tapis. Pendant le repas, qui fut ſplendi-1e dets de, le Viceroi prit plaiſir à badiner avec quelques-uns de ſes enfans. L'lnter-préte aſfüra- Jes Ambaſſadeurs qu'il en avoit cinquante-ſix. Quoique le jeune.Viceroi füt encore abſent, les Hollandois furent traités à ſa Cour,& la fêtefut accompagnée d'une Farce, qui conſiſtoit dans une danſe de pluſieurs per-More du jeu. ſonnes, déguiſées en forme de lions, de tigres& d'autres bêtes feroces. La mèerene Viceroci. du Prince s'approcha pluſieurs fois d'une fenetre de. l'appartement, pour ſe.donner le plaiſir de voir Paſſemblée. Elle étoitrichement vétue à la maniere desTartares. Sa taille étoit moyenns; ſa compléxion malgre& ſa peau brune;mais elle avoit quelque choſé d'intéreſſant dans la phiſionomie. En entrant dans-la ſalle, les Ambaſſadeurs trouvéèrent un fauteuil fort riche& revêétu de ma-gnifiques peintures, qui étoit deſtin pour elle. Ils ſe crurent obligés de le.
ſaluer reſpectueuſement, pour faire honneur à cette Dame.—
Départ des LEUR. voyage devant ſe faire par cau, ils louérent une grande Barque pour
Ambaſiadeurs leur propre ulage. Mais il seen trouva cinquante() aux frais de Empereur,E pour le tranſport de leurs gens& de leur bagage. Le Tu-tang donna le com-mandement de cette flotte a Pinxenton(†), qui fut accompagné de denx au-I tres Mandarins. Qutre les matelots& les rameurs, il y avoit. un corps de Sol-dats, commandé par deux Officiers de diſtinction. Auſſi-tõt que les Ambaſſa-deurs ſe furent embarqués, ils arborerent le pavillon du Prince Guillaume deNaſſau, tandis qu'on dépéchoit des meſſagers aux Magiſtrats des Villes qui-ſe trouvent ſur la route, pour ordonner les préparatifs de leur réception C.-1I1.
(c) Angl.- avec une ſuite peu nombreuſé. R. d. E.(2) Thevenot dit cinq.(4)* Ce nom doit être défectueux, car il(f†) Thevenot écrit Ping ſento mou.
a'y a point d'r duns⸗la-Laungue Chinoiſe.(&) Nieuhof, dans Ogilby. pag. 39.& ſiwv..