DP E LA CHIN E, Liv. I. CHXr. I. 13
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Route des Ambaladeurs, depuis Canton juſqu'dh Nan-gan- fu, dans laProvince de Kyang- ſi.APRE'’S avoir quitté Canton le 17 de Mars, on ne ceſſa point d'avancerCX à la rame ſur la belle Riviere de Tay, qui, baignant les murs de cetteVille, offre une des plus délicieuſes perſpectives du monde. Les petites Vil-les, qui ſont en grand nombre depuis Canton juſqu'à Peking, ſaluerent lesAmbaſfadeurs à leur paſſage par une décharge de leur artillerie. On entrabien-tôt dans le Zin, que les Etrangers nomment le Cunal Europqen. Vers leſoir on arriva au Village de Sa hu(a), à ſix milles(b) de Canton. Le terroir eſttres-fertile;& quoique Ia Place ne foit habitée que par des Payſans& des Ou-vriers en foie, elle a quantité de bons édifices. Le 19 on gagna(c) Schan-ſchwi, onzieme petite Ville de la dépendance de Canton, qui en eſt éloignéde vingt-milles. Elle eſt fur la droite de la Riviere, à la diſtance d'une lieuéde la rive, dans une vallée fort agréable. Sans être fort grande, elle étoit au-trefois extremement peuplée& dun grand commerce. Le Magiftrat fit bor-der la Riviere d'une rangée de Soldats pour recevoir les Ambaſſadeurs,& leurenvoya quelques rafraichiſfemens pour leur table. Mais apprenant qu'on neleur fourniſſoit pas la dixieme partie de ce qui étoit ordonné par IEmpereur,ils ſe déterminerent à ne rien accepter dans cette Ville& dans toutes les au-tres. Cependant ils deſcendirent ſür la rive, pours'y rafraqchir ſous une tente.Les Soldats Tartares firent devant eux l'éxercice des armes, avec une adreſſeqw'ils admirérent beaucoup. Un d'entr'eux, tirant à trente-cinq pas, donnatrois fois dans le but, qui mavoit qu'environ quatre pouces de largeur. II regutune petite piéce de monnoie pour récompenſé..L.E Sécretaire des Vicerois, qui avoit accompagné les Ambaſfſadeurs juſ-qu'à ce lieu, prit congé d'eux pour retourner à Canton. IIs Pavoient traité àſouper le ſoir précédent,(d) avec quantité de Nobles. On continua d'avan-cer, mais avec lenteur, parce que le canal de la Riviére(·) devenoit très-rapide en ſe rétréciſſant. Les Tartares forcent les Rameurs Chinois au tra-vail, fans paroitre touchés de leur fatigue. Ces Malheureux tombent quel-quefois, dans un paſſage étroit,& ſe noient, ſans que perſonne penſe à lesfecourir. Si Pexcés du travail épuiſe leurs forces juſqu'à leur faire perdre quel-quefois la connoiſſance, un Soldat qui eſt derriére eux ne ceſſe pas de les bat-tre juſqu'à ce qu'ils reprennent la rame ou qu'ils expirent. Cependant ils ſontrelevés par intervalles. 1
LE 21, vers minuit, on arriva devant San- Ivin(F†) à quarante milles deSeham ſcheu.
(2*) Angl. Sa-bu. R. d. E.
(b) Ce font des milles Hollandois, quivalent trois milles& demi dsAngleterre. 8
(c) Dans la Carte de Canton, donnée parles Jéſuites, on lit San-Schavi byen. Ogilbymet Aansbung(1)3 enfuite Ian. gus, c'eſt-à direSeban.- ſchwi. Thevenot écrit Nan- tſui. 8
(4) Le Mot Anglois mobly que le Traduc-
(1* tng]. Kamung. R. d. E.
teur a rendu par, aver quamites de Mobleg, ſi-gniße, magniſiquement, d'une maniore ſplendide.
(·) Cette Rivlere, dans la Carte des Jé-ſuites, eſt nommée Pe-Kiang ou Canal duNord, pour le diſtinguer de ceux de l'Eſt& de1Oueſt..
(†f) Ogilby écrit San-youn. La Carte des-JIéfuites, Tung iwen hyen.
NIEUHNOF.
165˙6.
Rivière deTay.
ZLin.
Village deSa-hu.
Schanſchwi.
EXercice desTartares.
Fatigue desRameurs Chi-nois.
San Ivin.