NIEUHOr.
1656.
Peauté desSdifices pu-blics.
Palais Impé-rial.
Cloche de-Nan-king.
Préſens quecette Ville faità l'Empereur.
Les Ambaſla-deurs viſitentles curioſitésde Nan- king.
Tour ou Clo-cher de por-celaine.
26 VOYAGESDANS EE MPIRE
CoMME la Chine n'a point de Ville qui ait été ſi- reſpectée que Nan-kingpendant la guerre, elle ſurpaſſe toutes les autres par la beauté de ſes Pem-ples, de ſes tours, de ſes arcs de triomphe& de ſes édifices publics. Le PalaisImpérial[ſitué au Sud] étoit le plus magnifique; mais c'eſt la ſeule partie dessla Ville qui ait été ruinée par les Tartares. II conſiſtoit dans un vaſté quarré,revêtu d'un grand mur de briques, qui tombe aujourd'hui en ruines,& quirenfermoit une partie conſidérable de la Ville. Chaque face avoit trois milles& demi de long(); de forte que l'eſpace intérieur étoit auſſi grand que laVille d'Harlem. La premieére porte ſervoit d'entrée dans une vaſte cour, quiconduiſoit à quatre autres grandes cours quarrées,& qui étoit pavée de bel-les pierres unies.
LEs Tartares s'Stablirent dans des hutes, prés d'un Temple ou d'une Pa-gode nommée Pan-liu- ſchi( 5),& laiſſerent la Ville aux Chinois. La matiéredes batimens eſt une ſorte de pierre dure, enduite d'un[beau] vernis jaune ,2qui lui donne le brillant de l'or aux rayons du Soleil. Sur la porte de la ſecondecour du Palais pend une cloche de dix ou onze pieds de hauteur& de troisbraſſes& demie de circonférence. L'epaiſſeur du cuivre a près d'un quart d'au-ne. Quoique les Chinois en vantent beaucoup le fon, il parut ſourd aux FHol-landois,& le métal fort inférieur à celui des cloches de'Europe.
Tous les trois mois on fait partir de Nan-king, pour la Cour„ cinq Ba-timens chargés de toutes fortes d'étoffes de ſoie& de laine, dont la Ville faitpréſent à l-'Empereur. Cette raiſon les fait nommer Lang-i-cheven(4), c'eſt-à-dire, Vaiſſeaux des draps du Dragon. L Auteur n'avoit jamais rien vü de ſimagnifique. IIs étoient admirablement ornés de toutes ſortes de figures. Ladorure& les peintures étoient ſi épaiſſes, que les Yeux en étoient éblouis. Unautre préſent de la Ville, ceſt unc forte de poiſſon qui ſe prend aux mois deMai& de Juin dans la Rivière de Kyang. Les Chinois le nomment Si-yu,&les Portugais Savel. On le tranſporte deux fois la ſemaine, dans des Barquestirées nuit& jour par des hommes;& quoiqu'on ne compte pas moins de deuxcens(r) milles de Hollande juſqu'à Peking, il y arrive frais dans l'eſpace dehuit ou dix jours. 4.
LEs Ambaſſadeurs Hollandois fortoient ſouvent, pour prendre l'air& vi.ſiter la Ville. Un jour ils allérent voir exprées le fameux Temple(c) donton a parlé,& la plaine de Pan⸗-liu- ſchi, qui contient pluſieurs beaux&cſifices.Iis en virent un qui furpaſſe tous les autres, par la beauté& les frais du tra-vail, dans lequel ils compterent plus de dix mille pagodes de platre, les unes.de ſix pieds de hauteur, d'autres feulement d'un pied, placées en fort bel or-dre autour des galleries& des murailles. Les Préetres regürent les Ambafſa-deurs étrangers avec beaucoup de reſpect,& leur ouvrirent toutes les por-tes de leurs Temples. Du centre de la Place s'éleve une grande tour ou unclocher de porcelaine, qui l'emporte beaucoup ſur tout ce que P'art& la dé-penſe ont produit de plus curieux-à la Chine. II eſt de neuf étages,& l'on
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(°) Ogilby met un mille d'ltalie& trois(r.) Qui en font ſept cens d'Apgleterre.quarts de mille de Hollande. Thevenot, vingt(F) On trouve dans 1'Edition de Carpen-mille pas de long. tier une deſcription formelle de ce Temple,
(P) Angl. Pau lin-Shi. R. d. E. qui n'eſt ni dans Thevenot ni dans Ogilby.
(2) Angl. Long-i chwen. R. d. E.
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