Band 
Tome septième.
Seite
162
JPEG-Download
 

que le 1Adam rendd'eux.

Opinion

de lui:

†

Le Père A-dam rendcompte àPEmpereur deſes idées.

Ille prévientcontre lesHollandois.

Zale qu'ilmarque pourpourla süretéde ce Prince.

162 VOYXAGES DANS LE MPIRE

leurs armées& qui n'toit alors qu'un enfant de ſix ans; que de leur propreaveu ils m'étoient point envoyés par ce Prince, mais par les Mandarins de leurPays,& que la plüpart des marchandiſes qu'ils avoient apportées étoient desproductions de diverſes autres contrées. Ici le diſcours du Pêre Adam fut in-terrompu par Farrivée d'un meſſager de Sa Majeſté Impériale, qui faiſoit ap-Seller 1'Orateur; mais en quittant 1'Aſſemblée, il eut le tems d'ajoũter queſon Pays étoit voiſin de la Hollande; qu'il connoiſſoit par conſéquent les ma-nières& les uſages des Hollandois; qu'il ſcavoit même leur langue,& qu'ilavoit déjà découvert une contradiction entre les réponſes qu’ ils venoient: de

faire au Conſeil,& les Mémoires qu'ils avoient préſentés à IEmpereur& auxMandarins. L'Auteur de la Lettre obſerve, que malgré la protection d'undes deux Préſidens, fur laquelle ils comptoient, ils ne purent voir le MisHon-naire aſſis prêès de cet Officier, ſans s'imaginer qu'il avoit quelqu'autorité danscette Cour,& que cette idee ſervit à leur inſpirer de la moderation. II re-marque encore que lorſqu'il ſe leva pour fortir, ils ſe hatérent auſſi dê ſelever,& qu'à ſon paſſage les deux Capitaines lui firent de grandes offres deſervice.

EN arrivant chez l'Empereur, il'informa aufſi-tét de la contradiction oules Ambaſſadeurs étoient tombés. IIs avoient répondu que leut voyage avoitduré ſeize mois. N'en devant pas employer moins à leur retour, ces deuxnombres joints enſemble faiſoient trente-deux mois, auxquels, ſi lon en joi-gnoit huit qui s'étoient paſſés depuis leur arrivée à Canton, la ſomme totalemonteroit à quarante mois. II en falloit conclure évidemment qu’ ils ne pou-voient, comme ils l'avoient offert, retourner de la Chine en Hollande, s'yarréter quelque tems pour leurs commiſſions& les préſens,& revenir à laChine dans Feſpace de deux ans. De ce menſonge, le Miſſionnaire fit inférerà TEmpereur quelle confiance ils méritoient fur les autres points.

84à Majeſté Impériale, s il en faut croire vEerivain. Dagut un peu frappéede la juſteſſe de cet argument. Alors le Miſſionnaire s'apprôchans S'alle com-me fi ce qu'il avoit à dire eũt demandé le ſecret, il lui tint un diſcours qui laſurprit davantage. Il lui apprit que ſous préẽtexte de Commerce, ces Etrangersne mettoient le pied dans aucun Pays où ils ne commengaſſent par éléver desFortéreſſes& planter des batteries de canon; qu'il etoit bien étrange qu'onjleur e0t fait traverſer les Etats de Sa Majeſté, du Sud au Nord,& qu'on leure0t laiſfé la liberté d'obſerver toutes les Places; que s'iil leur prenoit envie desemparer du Royaume de Kayo,& de bâtir un Chateau dans'Iſle nomméeda Montagne dor(g), qui cétoit ſituée au milieu de Pembouchure d'une grandeRiviere, ils ſe metroient en état de commander les paſſages& de faire la loiĩaux quatre grandes Villes voiſines: qu' ils n'auroient beſoin que de cent hom-mes pour cette exécution; tandis qu'il en faudroit deux ou trois mille à SaMajeſté pour les obſerver: qu'il ſeroit impolſible de les chaſſer, parcequ'ilsrecevroient toutes leurs munitions de la Mer,& que l'Empire étoit menacédu même danger dans tous les lieux ou il leur feroit permis de s'établir.„Que Votre Majeſté, ajoũta ce Miſſionnaire, ne s'offenſe point de la liberté„ avec laquelle j'explique mes craintes. Je ſuis devant mon bon Seigneur&„ mon Maitre, à qui je dois déclarer tout ce qui menace ſa süreté. Linquié-

„ tude

(g) Le nom Chinois doit étre Kin! ban.