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1'Auteur.
VOYXAGESDANSLEMPIRE
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„ furpaſſe toutes les autres en humanité, comme ſur pluſieurs autres points.LE lendemain, étant arrivé au bord d'une grande Rivière, il fut pénétré
de froid en! fant à pié, juſqu'aux genoux. Ses Compagnons& lui furent
également effrayés de la rencontre d'un Tigre, auſſſi gros qu'un mouton(d),
qui étoit couché ſur une petite éminence, aſſez prées du chemin. Le même
jour, arrivêrent à la vꝑe d'une Ville grande& bien peuplée, ſur le bord
d'une e RKivière, qui étoit couverte de pluſieurs milliers de Vaiſſeaux.Tous labitans Etoient dans l'allarme, à l'occaſion d'une troupe de voleursqui s'étoient repandus dans le canton. D'ailleurs la guerre ſe faiſoit avecbeaucoup de chaleur contre les Chinois de Mer(), qui refuſoient de ſe ſou-mettre aux Tartares. Navarette& ſes Compagnons s'etant gliſfés la nuit dansune Barque, avec beaucoup de précautions, ſuivirent le courant de la Rivieé-re. Le matin ils continuérent de voir un grand nombre de Vaiſſeaux,& leſoir ils jettérent l'anere ſous les murs de Chang-cheu(†).
CrErTE Ville eſt fameuſe à la Chine. Ceſt de- que partent tous les Chi-nois qui vont exercer le Commerce aux Manilles,& que les Eſpagnols nom-ment Chin-cheos par corruption(½). Elle eſt ſituée dans la Province de Fo-kyen. Comme elle eſt défendue par une garniſon nombreuſe,& par de bon-nes fortifications, il en cotta beaucoup à PEmpereur Tartare pour s'en rendrele Maltre. Les Chinois de Kabello(b) la reprirent; mais ils furent réduitsenſuite par des forces ſupérieures.
NaVARETTE& ſes Compagnons quittérent leur Barque à la pointe dujour. IIs entrèrent dans la Ville, dont ils traverſerent une grande partie. Toutd'un coup v'Auteur fut ſurpris de ſe trouver dans une rue, la plus longue, laplus belle& la plus peuplée qu'il et jamais vüe. Mais il fut encore plus éton-né d'entendre dire autour de lui 3voilà un DPêre des Manilles. II ſe reſſouvint dela dureté que les Soldats de Manille exercent à'egard des Chinois:& le moin-dre traitement auquel il sattendit, fut une vigoureuſe baſtonade. Dans cet-te crainte, il cominua de marcher d'un bon pas au long d'une rue qui lui pa-roiſſoit ſans fin. Elle n'a pas moins d'une demi-lieue de longueur,& des deuxcôtés elle eſt bordée par de belles arches de pierre, à vingt pas l'une de l'au-tre. Comme la Ville étoit remplie de gens() de guerre, qui partoient avecbeaucoup de bruit& de confuſion, Navarette étoit fort-embarrafſé de ce qu’'ilalloit devenir(). Les Chinois de ſa compagnie ne trouvêrent point une Hô-tellerie où l'on voulüt les recevoir;& pour comble d'inquiétude, ils avoientune grande Riviére à pafſer dans la Barque publique. Le Mifſionaire n'y en-tra point fans une vive agitation, qui ne fit qu'augmenter lorſqn'il vit tous
les
(2) Angl. qu'un grand Veau. R. d. E. mandera plus pourquoi pluſieurs la nomment(e) Cétoient les partiſans de Koxinga, D Chin-cheu,[ou Chin-cbeo.]on a déjà vh'Hiſtoire. Ils ſont nom:..) Les Koxingans,[ou Que: ſing comme„ quelques lignes plus bas, Chinois de Ka- ils font appellés ailleurs.]
(i) Angl. de Cavalerie. R. d. E.
) Ou Cbang-cheav.fu, dans la Province ρ ½) Qui poura croire après cela, que lespen. On en a ſouvent fait mention, en Miſſionaires courent au Martyre avec l'em-
ndois. preſſement& le zele dont ils ſe vantent, puis-ns des Ecrivains que la moindre apparence de danger les rem-
t des Ambaſſades des) On a vuü ies variat
nom méme de la Ville. Mais on ne de- plit d'une ſi grande fraieur?