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Tome septième.
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186
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1658.

peauté& riBeaute& ri.

Ville de Fo-ngan. Son ſortpendant laguerre.

Mort volon-taire d'unhomme demeérite.

Fierté d'unMandarin Eu-ropeen.

186 VOYAGESDANS LE MPIRE

quelque ſpectacle de cette nature. Le fruit, la viande, le poiſſon, la pãtiſſe-rie de diverſes eſpeèces& d'autres ſortes de commodités étoient dans une a-bondance incroyable. II s'arréta quelque tems, dans une Hoôtellerie, à voirhacher du lard, pour le méler avec quelques viandes qu'on aſſaiſonnoit. Detoute ſa vie, il n'avoit vi nulle part tant d'adreſſe, de diligence& de pro-prété. Au long du chemin„ il remarqua pluſieurs moulins à papier. Ce quijui parut le plus admirable dans ce Pays, cC'eſt qu'on y élève ces machines ſurune demi-douzaine de piliers,& que le moindre ruiſſeau ſuffit pour leur don-ner le mouvement néceſſaire au travail; tandis qu'en Europe on eſt obligẽq'avoir recours à mille inſtrumens. Le voyage de l'Auteur dura quarante jours;& dans un ſi long eſpace il ne vit pas plus de trois Femmes, ſoit dans lesVilles, ſoit ſur la route ou dans les Hòôtelleries. En Europe, dit-il, ce recitparoitra incroyable: mais les Chinois auroient trouvé qu'avoir vũ trois Femmes, c'étoit en avoir vũ trop. b

LàA Ville, ou comme d' autres Fappellent, la Cité de Focngan, eſt fort-re-nommée dans la Province de fo-hyen. Elle avoit beaucoup fouffert dans laguerre des Tartares, qui sen étoient deux fois faiſis,& qui s'en étoient vüsautant de fois chaſſés par les Chinois. Enfin les ayant forcés de ſe ſoumettre,ils avoient promis, dans la capitulation, de ne maltraiter perſonne. Mais ilsordonneèrent que tous ceux quil portoient les armes(L) ſortiſſent de la Villeun certain jour;& fondant ſur eux, ils en paſſerent quatorze mille au fil del'épée. Lm-chung-zan(c) Général Chinois, homme de courage& d'unſpavoir diſtingué, ſe voyant réduit à cette extrémité, prit le parti de s'em-poiſonner lui-méême. H invita quelques amis à ſuivre fon exemple; mais ilss'en diſpenſerent par diverſes excuſes. Les Tartares le trouvèrent mortdans ſa chaiſe de cérémonie, le coude appuyé ſur une table. Dans cet e-tat ils lui rendirent toutes ſortes de reſpects, en donnant de grands élogesà ſa fidélité, qui lui avoit fait choifir la mort plũtôt que de rendre ſa Ville àEnnemi.

OX raconta ici au Miſſionaire un exemple remarquable d'orgueil(d)“,dans un Mandarin Européen(2). Le Général qu'on vient de nommer par-tant un jour pour aller combattre les 1 artares, accompagné de cet Euro-péen(†), qui portoit le titre de Mandarin de la poudre, prit ſes quartiers dans1Hoſpice(g) des Dominiquains L air de grandeur qui éclatoit autour quMandarin formoit un contraſte ſi ſingulier avec la pauvreté des Dominiquains,que les Infidéles commencêrent à douter s'ils avoient'Europe pour Patriecommune. IIs réſolurent, pour éclaircir ce doute, d'obliger un des Mi Rio-naires de Fo-ngan à s'approcher du Mandarin& à lui parler dans un lieu pu-blic. Le Péêre François Diaz, qui fut choiſi dans cette vüe, fit deux lieuesà pied, pour ſe rendre dans lendroit dont on étoit convenu. II y arrivatout en ſueur,& ſe préſenta au Mandarin, qui étoit aſſis pompeuſement dansſon palanquin, avec un cortéège convenable à ſon rang. Ce Seigneur voyantparoitre un homme à pied, ſeul& dans un habit fort-ſimple, ſe retira fans

arréter

(b) Angz- euſſent à comparoitre&c. R. d. E. deviner, d'autant plus qu'il ne perd pas une

(c) Angl. Lyu-chung-zun, K. d. E. occaſion de ſe déchatner

(d) Angl. dans un Eccléſiaſtiquc. R d. E. Ordre. R. d. T.

() Navarette ne dit pas de quel Ordre(†) Angl. d'un Miſſionaire. R. d. E.ctoit ce Mandarin. Mais on peut aiſéement le(&) Angl. dans 1'Egliſe. R. d. E.

contre le même