NAVARETI1669.
Autres er
barras.
CraintesNavarette.
m-
de
Périls qu'il
court en pfant un bras
Mer.
Il arriveMacao.
Origit 6ecette VillePortugaiſe.
8
aſ-
de
à
de
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à ſon exemple, le timide Miſſionaire trembla beaucoup de cette avanture;mais perſonne n'eut la curioſité de viſiter ſon Palanquin. IIs prirent quelquesrafraichiſſemens dans un autre lieu, où Pon traitoit les paſſans. Mais Nava-rette ne ſortit point de ſa voiture, parce qu'il ſe ſouvenoit que l'année précé-
dente le Pèêre Intorcetta avoit été reconnu dans le même endroit,& qu'il nevouloit pas s'expoſer au
Irs gagnéêrent de-la un Vill8
lage, ou ils furent obligés de s'arréter deuxjours, pour attendre 1 occaſion de paſſer à Macao. Le frayeur du Miſſionai-re fut ſi vive dans cet intervalle, qu'à peine fut-il capable de manger& dedormir. On le mit dans une grange à foin pour le garantir des Soldats;& ſeconſternation fut égale au danger. Enfin J'impatience de ſe voir délivré decette contrainte, lui fit faire deux lieues pendant la nuit, pour gagner un au-
tre Village où il ſe promettoit plus de commodités. II en trouva la porte
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fermée avec une Garde en dedans.] On le fit attendre deux heures pour les c
ouvrir. Dans l'intervalle il découvrit de la lumiére dans une petite maiſonextérieure, ou, ſouffrant beaucoup de la chaleur& de la fatigue, il deman-da de l'eau pour ſe rafratchir. II en but près d'une pinte, dont il s'étonne demavoir pas été fort-incommodé. La crainte des Tigres étoit un autre ſujetd'inquiétude. Etant entré dans le Village, il y loua un Sedan bien-fermé,dans lequel il ſe rendit au rivage par des chemins detournés. II ne lui res-toit pas plus d'une demi-lieue par Mer juſqu'à Macao. II entendoit mêmeles cloches de la Ville; mais tous les environs ctoient ſi remplis de Soldats,que défeſpérant de pouvoir paſſer, il prit le parti de retourner dans ſon gré-nier à foin. Le Marchand Chinois avoit loué une Barque le jour d'aupara-vant. Mais les Batteliers ayant retardé d'un demi jour, Navarette ſe per-ſuada qu'il n'y avoit point de fond à faire ſur leur parole, malgré les répré-ſentations du Marchand, qui ne ſe décourageoir de rien. La Barque parutnéanmoins dans le cours de Paprèés-midi,& les deux Voyageurs„ entrérentau commencement de la nuit. Leurs Rameurs faiſant audi peu de bruitqu'il étoit pofſible, paſſerent devant les Soldats, qui faifoient la garde aulong du rivage. Le vent, qui vint à la traverſe, leur cauſa quelque frayeur;ſans compter que leur petite Barque commenga ſi vite à faire eau, qu'ils n'eu-rent pas peu de peine à Parréter. Cependant ils prirent terre à neuf heures
de la même nuit, devant la porte du Capitaine général;& ne voulant point
cauſer du trouble au Couvent, Navarette alla deſcendre à la maiſon d'un ami,qui fut fort ſurpris de le voir. C'eétoit le 18 de Décembre, jour de la mort duFrêere Reger(b), fameux Procureur dun Monaſtère de Macao, à qui l'Auteurreproche d'y avoir cauſe beaucoup de trouble& de déſordre(c.).
Qvoraur les Mandarins de la cote ayent fermé depuis peu les yeux, par desvües d'interêét, ſur les Chinois qui vont exercer le Commerce dans les Paisétrangers, il eſt certain que les anciennes Loix de'Empire leur défendentde recevoir des Etrangers dans leurs Ports,& de faire avec eux le moindrecommerce. De-Ia vient que les Portugais en arrivant dans ces Mers, n'y trou-vérent point de retraite ſüre, ni la moindre apparence de pouvoir s'en pro-curer une. Is paſſerent quelques années dans lfle de Schan-chuang(4)(e), où
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(5b) Angl. Reyes. R. d. E.(4) Angl. Svan chwang. R. d. E.(c) Naverette; pag. 252.& fuir.(e) Xan-choang dans lOriginal