Colporteurs
2 Maca
Richeſſe&commerce de
AmbaſſadePortugaiſe àla Chine.
Elle eſt re-
gueé avec peu
202 VOYAGESDANS LE MPIRE
juſqu'au Japon. Comme ils n'ont point de manufactures de ſoie dans leurVille, ils commandent les marchandiſes de cette nature à Canton, où l'onne refuſe point à leurs Agens la permiſſion d entrer. Mais pour éviter les in-ſultes des Chinois ils n'y paſſent jamais la nuit à terre. Le tems qu ils choi-ſiſſent pour ſe rendre dans cette Ville eſt celui des deux grandes Foires. IIss'y arrétent ſouvent pendant pluſieurs mois, mais avec la précaution qu'ona fait remarquer. En y arrivant, ils commencent par ſe rendre chez le Vice-
roi, ou, dans ſon abſence, chez le Gouverneur, avec un préſent de quatremille piéces de huit, qui leur fait obtenir la liberté du Commerce. Les Mar-
chands Chinois leur portent des marchandiſes dans le lieu mêeme om leursBarques ſont à l'ancre. IIs en amenent ordinairement deux, chacune de ſeptou huit cens tonneaux. Lorſfqulils veulent prendre congẽ du Viceroi(car ilsne peuvent partir fans fon ordre) il leur eſt impoſſible de le trouver, parcequ'on leur répond toũjours qu’il eſt indiſpoſé, ou] qu'il eſt à la Campagne,juſqu'à ce qu'ils lui ayent fait un ſecond préſent, qui eſt ſouvent le double dupremier. Enfuite ils doivent payer les droits au Port d' An-ſa-en(b),& ſoſte-nir la dépenſe d'un convoi de dix ou douze Kojas(i)[avec deux hommes àchaque rame]& d'une garde de vingt Soldats.
Oxr rencontre dans les rues de Macao quantité de Colporteurs,[Chinois]qui vendent leurs marchandifes de porte en porte. S'ils apprennent qu'un E-tranger ſoit arrivé dans la Ville, ils s'aſſemblent autour de lui en ſi grand nom-bre& lui deviennent ſi incommodes, qu'il eſt quelquefois obligé de les chaſſerde ſon logement.
LPAuvTEUNR, apreés avoir viſité toutes les Villes que les Portugais poſſedentdans les Indes, regarde Macao comme la meilleure, la plus forte,& la plusriche. Son Commerce conſiſte enor& en argent, en ſoies crües& travaillées,en brocards, en perles, en rubis, en muſc, en belle porcelaine, en racinesdu Pays, en rhubarbe, en terre graſſe qui vient des Provinces du Nord,&dont on tire la teinture(½).
IL yavoit un an[& demi] que les Miſſionaires avoient éte bannis à Macao(0), lorſqu'on y vit arriver de Goa un Ambaſſadeur envoyé au nom du Roi dePortugal. II fut conduit malade à Canton,& traité comme un Miniſtre ſuppoſé.Cette prévention des Chinois fit nattre quelques difficultés. Le Sécrétaire&le Chapelain de Ambaſſade avec une autre perſonne de la ſuite de l'Ambaſ-ſadeur] ayant été admis à Taudience du Gouverneur, ce fier Mandarin leurordonna de ſe mettre à genoux,&, ce qui paſſe pour une extréme humi-liation à la Chine, de toucher la terre avec le front. Il leur demandaquelle étoit la qualité de FAmbaſſadeur. Le Chapelain, croyant faire hon-neur à ſon Maitre, répondit qu'il avoit été Capitaine de Cavalerie. Cette ré-ponſe ne ſervit qu'à faire rire le Gouverneur, qui lui dit que ſes domeſtiques é-
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toient auſſi Capitaines,[de Cavalerie]& quelques-uns même Officiers de diſ-e=
tinction. Enſuite ayant écrit à la Cour, il envoya'Ambaſſadeur dans la Capi-
tale(b) Angl. An. ſa-on. R. d. E. Compagnie des Indes-Orientales, T. V. pag.(i) Choas dans l'Original. C'eſt une ſorte 207.& ſuivantes.
2de Chaloupe Chinoiſe, à dix rames.(1) Ce devoit étre en 1065. ou 1666,
lo(X) Voyez le Recueil des Voyages de la