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Tome septième.
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ont

Les Jéſuitesde Peking en-voient au-de-vant des Miſ-ſionaires.

Ville de Lu-keu-kyan& ſabeauté.

VOYAGES DANS

pas, au bout de laquelle on trouve un autre Pont ſemblable au premier, avectrente- quatre piliers de chaque côté. A lentrée de ce ſecond Pont, on voit ſurla droite un gros bloc de marbre, placé dans un grand eſpace quarré qui eſt en-vironné de briques. II eſt ſoũtenu par une baſe de marbre, haute de deux pieds& demi, ſur quatre pas de largeur. II ſe trouve quantité de ces monumens ſur

8la route, à la téte des Ponts. IIs 1

n. ont elévés à l'honneur de quelque perſonneiluſtre, ou de pluſieurs perſonnes, qui ont ſervi le Public aux dépens de leurbien ou par quelque action d'éclat.

PENDANI les trois jours précédens, nos Voyageurs avoient trouvé le ter-rain plus dur& plus gris que dans les autres cantons. Le nombre des paſſansſur cette route leur parut infini. IIs paſſérent la nuit à deux lieues de To-cheu,dans un grand Bourg nommé Leou-li-bo(0), qui a deux portes aux deux extré-mités de ſa rue,& qui eſt accompagné d' une eſpêèce de fauxbourg. La routedu jour fut de douze lieues.

LE G, apreés avoir paſſé le fauxbourg de Leou-li-ho, ils trouvêèrent un très-beau Pont, d'environ cent pas géométriques de longueur,& large de vingtpieds, avec deux grands arcs de triomphe aux deux bouts. Les baluſtrades

ſont grandes,& compoſces de pierres, plates] les unes blanches, d'autres-

griſes, ſupportées par quelques pilliers de lamême matiere, qui reſſemble beau-coup au marbre. Ces pierres ſont taillés fort-proprement,& variées par quan-tité de figures. Au long des baluſtrades rêgne un petit banc de pierre, hautde neuf ou dix pouces. Le pavé du Pont eſt de belles pierres, larges& plates.On trouve enſuite une longue chauſſée, de plus de quarante pieds de large,&longue de ſix ou ſept cens pas, qui eſt pavée dans le même goũt,& coupéepar deux petits Ponts de la méme architecture.

A quatre lieues de Leou-l-bo, lec Miſſionaires arrivérent à Leang-byang-byen(p), Ville aſſez grande, mais dont les murs étoient en fort-mauvais état.Une leue plus loin, ils trouvérent un beau Pont, dont les baluſtrades& lesmurs d'appui étoient de grandes& belles pierres blanches, ſupportées aux

eux bouts par quatre figures d'éléphans. IIs virent enſuite un autre Pont,dont les bordures étoient percées, en forme de veritables baluſtrades. Cettejournée ne fut que de trois lieues, parce qu'ils sarréterent dans un Village àkuit lieues de Peking, pour y attendre des nouvelles de quelques Jéſuites quiéEtoient à la Cour. Le 7, ils virent arriver, de leur part, un Officier du Tri-bunal des Mathématiques, qui avoit ordre deles conduire juſqu'à la Ville. Maisil ne leur vint aucun de ces anciens Miſſionaires de leur ordre,& leur excu-ſe fut qu'ils avoient été obligés de ſe conformer aux uſages de la Chine pourle deuil du Pêre Verbieſt, qui étoit mort le 28 de Janvier. La largeur duchemin étoit d'environ vingt toiſes,& quelquefois plus. Mais la multitudedes paſfans, des chevaux, des mulets, des änes, des chameaux, des calé-ches, des litiéres,& des chariots, y cauſoient un embarras qu'il ſeroit diſäci-le de repréſenter. Cinq lieues plus loin, les Miſſionaires traverſérenc une pe-tite Ville, d'environ douze cens pas de circuit,& de forme à peu près quar-rge. Elle ſe nomme Lu-beu-Nyan(·). La vüe en eſt charmante dans l'eloigne-ment,

Lewvw Ii-bo. R. d. E.(2) Angl. Lu-kew-Kyau. R. d. E,

b) Augl. Lyang byang hyen. R. d. E.