L'Auteureſt rébuté dufroid.
Raiſons quiempéchoientle Père Gri-
de pu-ſes ob-
ſervala Chine.
Ceintureaune du Pêë-
re Grimaldi.
284 VOYAGES DANS LE MPIRE
retour, vit un grand nombre de belles caléches, couvertes de damas& q'au-tres étoffes précieuſes, qui étoient les voitures des Dames. Les femmes de l'Em-b 1
pereur,& ſes con les Princes& les Princeſſes du ſang, les femmes— 3 g
nettant à genoux,& baiſſant neuf fois la tête juſqu'à terre. Enſuite l'Impéra-1 8 2.
trice douairiêère invite lEmpereur& toute l'Affemblée à diner. Mais Empe-
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reur dine ſeul, aſſis ſur ſon Trône. Gemelli confeſſe qu'il fait ce récit ſur letémoignage des Jéſuites, parce que les etrangers ne font point admis à cette
ceérémonie(2).
(v) Angl. Les femmes du premier rang,(½) Fidem. Edit. Franc. ibid. pag. 140& les Mandarins de la Cour. 143.6. III.
Retour de PAuteur, depuis Peking juſqu'à Canton.. 2 S J/4.
EXCES du froid ayant dégouté Gemelli du féjour de Peking, il prit Iaréſolution de quitter cette Capitale d'un grand Empire. Son premier ſoin
fut de louêr trois mules,[chacune] pour cinq lyangs& deux tſyens d'argenti-fin de la Chine, qui reviennent à ſept piéces de huit& demie; ſomme légeèrepour un mois& quatre jours de voyage, mais qu'il paya d'avance, ſuivant lu-ſage du Pais. En prenant congé du Père Grimaldi, qui avoit vécu trente ans àla Chine(a), pendant leſquels, ayant fait quatre fois le voyage de la Tartarie avec'Empereur, il avoit appris en perfection les deux langues, il le preſſa dedonner au Public quelque relation de ce qu'il avoit vũ. Mais ce Mi Honairelui répondit, que dans le dernier voyage qu'il avoit fait en Europe, il avoitvü tant de fauſſes rélations de la- Chine, qu'il n'avoit pü ſe reſoudre à publierla ſienne,[comme c'avoit d'abord éeté ſon intention,] pour ne pas donner leldémenti à tant d'Ecrivains; ſur-tout aux Hollandois, dans l'hiſtoire(L) de leurAmbaſfſade folemnelle vers lEmpereur de la Chine, à laquelle il avoit eu partlui même, en qualité d'Interprète de l'Empereur. Elle contenoit, à ſon juge-ment, moins de lignes que de menſonges( c.), du moins dans ce qui ma pointde rapport à la deſcription des Villes. Mais ſe mal venoit, ajontoit-il, de Pi-gnorance de leurs. Interprètes de Canton, qui n'ayant jamais vü la Cour, nepouvoient répondre juſte aux queſtions qu'on leur faiſoit; ſans compter que ſa-chant peu la jangue Portugaiſe, ils sexpliquoient avec ſi peu de clarté, queles Hollandois comprenoient mal leurs réponſes,& n'ecrivoient rien de vraid'après eux.
ENTRE plufieurs curioſités, le Miſſionaire fit voir à Gemelli une ceinturejaune, dont l'Empereur lui avoit fait préſent, de laquelle pendoit un étui[d'une trés-belle] peau de poiſſon, qui contenoit deux petits batons& les au-tres uſtenciles dont les Chinois ſe ſervent à table. Un préſent de cette nature
eſt
(a) Edit. Franc. Vol- 4. pag. 120 140. que Hiſtorien de l'Ambaſſade affüre quril y a52) C'eſt la Rélation de Nieuhol, qu'on des femmes publiques à la Chine& quonvüe. conduit par les. rues ſur des anes pour
c.) Quoique cette e louér.]rée, Gemelli conclut qs
89Nieuhof en a même donné la hgure
dans une de ſes Planches.