Band 
Tome septième.
Seite
302
JPEG-Download
 

302 VOYAGES DANS LE M PIRE

ö.InES. tion eſt en arc depuis le ſommet jufſqu'au fond, ce qui les rend fort-commo-1693. des pour la mer. Les Habitans affürent qu'avec un bon vent, trois ou qua-tre jours ſuffiſent pour gagner la mer de Corée dans un Jonc;& qu'au boutde quatre ou cinq autres jours, on arrive facilement au Japon.Agrémens LE 3, vers dix heures du matin, l'Ambaſſadeur apprit qu'il ne reſtoit pluseE qu'un demi-mille juſqu'à Peking. Il paſſa par un grand nombre de mailfonscde plaiſance, ou de chäateaux magnifiques, qui appartiennent aux Mandarins& aux Habitans de la Capitale. Les deux côtés du chemin en étoient bor-dés, avec un large canal devant chaque maiſon[pour faire écouler'eau J.s& un petit pont de pierre pour le traverſer. La ploàpart des jardins offroientdes cabinets fort-agréables. Les murs étoient de pierre, avec des portes or-nées de ſculpture, qui étoient ouvertes, en faveur apparemment des Moſco-vites. Les grandes allées étoient plantées de cypréès& de cêdres. Enfincette route parut délicieuſe à 1-Ambaſſadeur,& ne ceſſa qu'à l'entrée de laTour de Ville. IIl obſerva que depuis la grande muraille juſqu'à Peking, on rencontregarde,& ma- à chaque demi mille des tours de garde, avec cinq ou ſix Soldats, qui tien-. nent, jour& nuit,'Enſeigne Impériale déployée. Ces tours ſervent à donner8 avis de lapproche des ennemis du côté de l'Eſt, par des feux qu'on allumeau ſommet; ce qui s'exécute avec tant de diligence, qu'en peu d'heures lanouvelle en eſt portée juſqu'a Peking.Qualités du DrErFuTs la Ville de Lania, le Pais eſt plat,& favorable à''agriculture. II3. produit du ris, de Forge, du millet, du froment, de l'avoine, des pois, desfeves; mais il ne porte point de ſeigle. Les chemins ſont fort-larges, droits& bien-entretenus. Ne s'y trouvat-il qu'une pierre, elle eſt enlévée ſoigneu-ſement par des Ouvriers gagés pour ce travail. Dans tous les Villages, onrencontre des ſeaux remplis d'eau, pour abreuver les chameaux& les ânes.Mais Ambaſſadeur fut beaucoup plus étonné de voir ſur les grandes routesun ſi grand nombre de paſſans& de voitures,& d'y entendre autant de bruitque dans les rues d'une Ville bien-peuplée.ee. de APRk s avoir fait entrer devant lui, dans la Ville, ſa caravanne& tout ſondeurà Peking, bagage, il continua ſa marche[une heure apréès], en bon ordre, avec ſonss=& ſon entrée. eſcorte& ceux qui avoient ordre de le précéder à cheval. IIs compoſoientun corps de quatre vingts-dix perſonnes, ſans y comprendre pluſieurs Coſa-ques. La preſſe étoit ſi grande aux portes& dans les rues, que les Bochis(c)de Empereur eurent beaucoup de peine à faire ouvrir le paſſfage pour Am-baſſadeur& ſa ſuite. Auſſi-tot qu'il approcha de 1'Hòtel des Ambaſſadeurs,pluſieurs Mandarins vinrent le complimenter. IIl trouva la Cour de 1“Hôtelbordée d'une ligne de Soldats, comme les deux côtés de toutes les rues. Onle conduiſit dans ſon appartement, où les Officiers de l'Empereur lui four-nirent, à P'inſtant, toutes ſortes de rafraichiſſemens& de commodités. Telfut le terme d'un voyage de vingt mois, dont il avoit eu le bonheur de ſur-monter les difficultés ſans autre perte que celle d'un homme.

plient facilement(b). L'avant de ces Barques eſt très-plat. Leur conſtri

Feſtin qu'ilregoit au Pa-

lais. TRols jours apréès, ayant regu ordre, ſuivant P'uſage, de ſe rendre à laCour pour le feſtin de ſon heureuſe arrivée, il fut conduit au chateau par quel-b ques

(b) Angl. Les voiles ſont faites d'une cer- Pavillon. R. d. E.taine ſforte de joncs tiſſus enſemble& qui, lorss(c) Baoſchy dans 1'Original.[Les Angloisqu’on les ſerre, ſe plient auſſi facilement qu'un ecrivént Sosbis& prononcent Bocbis.]