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Tome septième.
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308
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ISDRANDIDES.

1993.

Spectaclespendant lefeſtin.

L.'Ambaſſa-deur eſt invitéchez le

Grand-Tréſo-

rier.

II viſite l'a-

potiquairerieImpériale&les Marchés

de la Ville.

Boutiques&Enſeignes.

308 VONAGE S DANSLEM P IRE

PENDANT le feſtin, on repréſenta dans la même chambre une Comédie en-tremêlée de chanſons& de danſes. Les Acteurs étoient de petits gargons vô-tus en habits d'hommes, qui jouêrent auffi de la flute, avec toutes ſortes demouvemens comiques, tenant des éventails qu'ils agitoient très-adroitement,en gardant fort-bien la meſure. La femme& les filles du Viceroi ſe firent voirauſſi dans le fond de la ſalle, par une porte à demi ouverte„ vétues trés-ri-chement à la manière des Tartares Mongals. La fete dura prêés de trois heu-res avec le même agrément.

QUELQUE tems aprées, l'Ambaſſadeur fut invité chez le Tréſorier de PLEm-pire, qui ſe nomme(hi-loy(f†),& n'y fut pas traité moins magnifiquement.La ſalle étoit trés-bien] meublée à la Chinoiſe; c'eſt-à-dire qu' au lieu de te-9pis elle étoit pavée de belles pierres,& qu aux trois coins on voyoit, ſur despieds d'ébène, trois tables de marbre d'une blancheur extraordinaire, varis[naturellement] par de belles veines noires, qui répréſentoient des bois, desmontagnes& des rivieres. On y avoit placé de grandes urnes d'argent, rem-plies des plus agréables fleurs. Les piliers, juſqu'au plat-fond, étolent peintsde couleurs charmantes. Le feſtin fut accompagné d'un bal, après lequel] Am-baſfſadeur ſe retira.

UX’ autre jour, il-fut conduit par le même Seigneur dans les principauxmarchés de la Ville, ou l'on vendoit de la ſoie, des étoffes d'or& d'ar-gent, des bijoux& toutes ſortes d'ouvrages riches& curleux. On lui pro-poſa de mettre pied à terre, pour entrer dans j'apotiquairerie de EEmpe-reur, qu'il avoit ſouhaité de voir. II la trouva fort-⸗bien pourvue de toutesſortes de plantes, d'herbes& de racines,& de tout ce qui appartient aux uſa-ges de la médecine. On lui ſervit du thé;& pendant que ſa curioſité ſe ſa-tisfaiſoit dans ce lieu, il obſerva que, ſuivant l'uſage de l'Europe, on- y ap-portoit les ordonnances des Médecins, qui étoient exécurées par diverſes pré-parations. Om le conduiſit enſuite dans une boutique de bijouterie, ouù ilacheta pluſieurs choſes curieufes. Le Marchand avoit dans ſon jardin unfort-beau cabinet, où l'on voyoit, dans des pots, toutes fortes de Heurs,&quantité de jeunes limoniers en caiſfés. Entre pluſieurs curioſités, il fit voir àSon Excellence un grand verre plein d'eau, dans lequel il confervoit pluſieurspoiſſons vivans, de la longueur du doigt, qui paroiſſoient naturellementrevétus de l'or le plus pur(). Quelques écailles étant tombées de leurcorps, l'Ambaſſadeur fut encore plus ſurpris de voir que la couleur de leurchair étoit du plus beau cramoiſi du monde.

IL prit plaiſir enſuite à traverſer les marchés. Chaque boutique avoit pourenfeigne une grande planche, ſur laquelle on liſoit le nom du Marchand& la qualité de ſes marchandiſes. Dans le marché au poiſſon, il trouva tou-tes ſortes de poiſſons vivans, fur-tout des carpes, des carreſſes, des ſerpensd'eau, qui ſe mangent à la Chine, des crabbes, des chevrettes,&c. qu'onentretient dans des cuves remplies d'eau. En traverſant un autre marchbil vit une quantité ſurprénante de cerfs, de chévreuils, de liévres] de f ·Gſans, de perdrix.& d'autre gibier.

LE 7 de Janvier on célébra une fête annuelle, qui dura Teſpace de trois ſe-

maines8

(F) Angl. Shiloy. R. d. E. 1 8.CEC&) C'stoient apparemment de petites Dorades, Ppoiſſon nouveau pour des Moſcovites