DIEzZZA-BA.1720.Il eſt con-duit dans unemaiſon de
zampaone41 DHaghe.
Déclarationmortifiantequ'il regoit dela part de1'Empereur.
Sa réponſe.
Le Legattient conſeilavec ſes Prè-tres.
Efforts desMandarinspour le ga-zuer.
338 VvOYAGES DANS LUE MPIRE
avoient ſervi de motif au Decret de ſon prédéceſſeur;& que pour lui-méõme,il sefforceroit, par toutes ſortes de moyens, de mériter les bonnes graces dePEmpereur. Alors les Mandarins ſe reduiſirent à lui faire coucher ſes deuxdemandes par écrit. Auſfſi-tôt qu'ils ſe furent retires avec cette piéce, le Lé-gat& tous les Gens de ſa ſuite furent conduits dans une maiſon de campa-gne, à trois lieues de Chang⸗·chung· huen, Ville que l'Empereur avoit choiſiepour ſa réſidence ordinaire, depuis qu'il ne paſſoit plus que peu de jours deJTannée à Peking.
LE 26, au matin, on plagça une garde armée à la porte du Légat, avecordre de ne laiſſer ſortir perſonne. Le foir du méeme jour, quatre Mandarinsarrivèérent avec des rafraichiſſemens, que Empereur envoyoit à ſon Excellen-ce. Aprés les cérémonies ordinaires, ils lui firent en trois articles une dẽ-claration três-mortifiante. 10. Que Empereur, ayant réſolu de ne jamais rece-voir un Decret contraire aux Loix irrévocables de Empire,[lui] ordonnoitae=[&]à tous les Miſſionaires de retourner en Europe, à lexception de ceux qui svoudroient demeurer à la Chine par un choix libre, ou que leurs infirmités&leur âge mettoient hors d'état d'entreprendre le voyage, aufquels Sa Majeſtépermettoit de vivre dans ſes Etats, ſuivant les Loix de leur Réligion. 20.Que M. Maigret, ayant été la premieére cauſe des troubles, qui avoient don-né naiſſance à la Conſtitution, le Légat auroit dũ le ramener avec lui, pourjuſtifier ſa conduite. 30. Que le premier deſſein de Sa Majeſté Impérialeavoit été de traiter le Légat avec toutes ſortes de diſtinctions; mais que, de-puis qu'elle avoit lä ſes demandes, elle ne vouloit pas même conſentir àle voir.
MEZZA.BARBA réepondit à ce diſcours avec beaucoup de dignité(2). Aprésavoir témoigné ſa douleur aux Mandarins, il leur repréſenta que Maigretayant été chaflé de la Chine, on ne pouvoit vy ramener ſans manquer deréſpect pour Empereur. II ajoũta que le Pape m'avoit pas publié ſon Decretfans un long examen. II pria les Mandarins d'engager du moins l'Empereur àlire le Bref de Sa Sainteté. Enfin il les affüͤra que, pendant qu'il attendroit leurréꝑonſe, il imploreroit l'aſſiſtance du Ciel pour regler ſa conduite, à la ſatis-faction de tout le monde. Apres leur départ, il kt appeller tous les Prétresde ſon cortége;& s'étant retiré avec eux dans ſon appartement, il les con-ſulta fur fa ſituation,[après avoir récité avec eux, le Veni Geator]. Ils furente-tous d'avis que, ſans s'écarter[en rien] de la Conſtitution de Clement XI, il-devoit employer toute ſon adreſſe pour ne pas ruiner, par une fermeté hors deſaiſon, les eſpérances que le Pape avoit congues de ſon voyage(4)(L).
LE 27, immédiatement après diner, les quatre Mandarins, accompagnésd'une cinquieme perſonne inconnue au Légat, ſé préſentérent à la porte deſon logement. II s'imagina qu'ils lui apportoient une réponſe déciſive de Em-pereur. Cependant leur entretien ne fut qu'une répétition de la conferenceprécédente. IIs le menacerent& le flattérent ſucceſſivement. IIs employèrent
tous
82(z) Du Halde dit[au-contraire] qu'il„mettte le Bref, dont je ſuis charge!s'Scria;„Que je ſuis malheureux, après a-(a) Angl. pour leur Réligion dans la Chi-„ voir fait un voyage de neuf mille lieues ne. K. d. F.
„ par lordre du Pape, de ne pas obténir--=0(b) Bibl. Rais. ubi ſup. pag. 123.&„'honneur de voir Sa Majeſté& de lui re- fniv.