372² VOYAGES DANSLE MPIRE
GrgockarH. LE terrain eſt uni dans la Province de Pe-che-li, mais ſabloneux& d'unepe rà Cumr. fertilité médiocre. Comme elle a peu de Canaux, le riz y eſt bien-têt ſec&Ce qu'elle n'en croĩt pas plus mal; mais il eſt un peu dur à cuire. Pe-che-Ji porte d'ail-produit. leurs toute ſorte de grains, particulierement du froment& du millet. Les beſ-tiaux, les légumes& les fruits y ſont en abondance. Ses rivières ſont remplies
de poiſſon, fur-tout d'excellentes écreviſſes;& ſi le bois y eſt rare, ſes mon-
tagnes produiſent quantité de charbon. Entre les animaux, on vante une eſ-
ece ſinguliére de chats à long poil, avec des oreilles pendantes, que les Da-
mes Chinoiſes aiment beaucoup. Cette Province eſt d'autant plus conſidéra-
ble, qu'elle peut paſſer pour le rendez- vous de toutes les richeſſes de Empi-
re. Ses Habitans ont moins de politeſſe& de goũt pour les Sciences que ceux
des Provinces Méridionales; mais ils ſont plus robuſtes& plus belliqueux.
On porte le même jugement de tous les Chinois qui habitent les Provinces
du Nord.„Elle eſt di. PE.-CHELI eſt diviſce en neuf Cantons, dont chacun a pour Capitale unB11“ Fu, cC'eſt-à-dire, une Ville du premier rang, avec pluſieurs autres Villes quiNombre de en dépendent. Le nombre de ces Villes monte à cent- quarante, entre leſquel-ſes Villes. les on compte vingt Cheus ou Cheous(a), C'eſt a-dire, vingt Villes du ſecond
rang,& cent-vingt Hyeng, ou Villes du troiſième rang; ſans parler d'une maul-titude infinie de Bourgs& de Villages, dont pluſieurs ſont auiſi grands que desVilles, mais auxquels on ne donne pas ce nom, parce qu'ils n'ont ni murs, nigs-foſſés.] Les neuf Capitales qui ont le titre de IEu(L), ſfont; 1. Chun-tyen- fuou Peking. 2. Pau-ting-fu. 3. Hao-Kyen- fu. 4. Chin-ting-fu. 5. Chun ·te· fu. 6.QSQuang ping- fu. 7. Tay-ming- fu. 8. Tong-ping-fu 9. Suen-wwha- fu.Hearü. ge. 1. CHhuUNTYEN-U, qu on anommée Pebing„ou Cour du Nord, parce qu'et-Cdes. e c⸗ le eſt la réſidence ordinaire des Empereurs depuis qu'ils ont quitté Nan-king,ou la Cour du Sud, vers lannée 1405, pour obſerver les mouvemens des Tar-tares, eſt la Capitale de tout l Empire,& ſe trouve ſituée dans une plaine très-fertile, à vingt lieues de la grande Muraille. Cette Ville, qui eſt preſque quar-Ses deuwx rée, eſt diviſée en deux parties. Celle qui contient le Palais Impérial ſe nommeparties. Lan-ching(c), ou la vieille Cité. Elle porte auſſi le nom de Cité- Tartare, parcequ'à l'Stabliſſement de la famille qui régne aujourd'hui, les maiſons furent diſ-tribuées à cette Nation, auſſi-bien que les terres voiſines& les Villes à certainediſtance, avec eéxemption de taxes& de tributs. La ſeconde partie de Pekingſe nomme Sin- ching, ou Cité neuve,[on peut v'appeller la Cité Chinoiſe neu-.+ve,] parce qu'à la même occaſion une partie des Chinois s'y retira après avoirabandonné l'autre, qui, ſuivant Du Halde, eſt la mieux peuplée des deux(d).Le Comte prétend au contraire, que la Cité Chinoiſe a plus d'Habitans.„ El-„ le prit naiſſance, dit-il, lorſque les Chinois furent obligés de céder l'autre aux
Son éten.-„ Tartares. Celle-ci avoit quatre lieues de circuit; mais toutes deux enſemble
due. iee 8„ renferment un eſpace de ſix lieues de tour, ſans y comprendre les fauxbourgs.Le même Auteur compte trois mille ſix cens pas pour chaque lieue, ſuivant lameſure ordonnée par Empereur Kang-hi.On la com-
pare avcc Pa. PARIS a plus de beauté que Peking, mais moins d'étendue. Salongueur n'é-ris. tant(a) Angl. Cheav. R. d. E
(c) Angl. Lau-ching. R. d. E.
(5b) II faut ſe ſouvenir que les Italiens, les(d) Du Halde, T. I. pag. 65.& ſuiv. veutPortugais,&c. prononcent Fou. que la Cité neuve ſoit la Vilie Tartare.