DE LA CHIN E, LIrv. II. CuAr. I. 403
ce de ſes magnifiques Palais. Son Obſervatoire eſt négligé& preſque détruit. Grocnarme2-Tous ſes Temples, les tombeaux des Empereurs& les autres[ſuperbes] pr LAà Cun
Monumens, ont été démolis par les Tartares dans leur premiere invaſion
(e). Un tiers de la Ville eſt déſert, quoique le reſte ſoit encore aſſez peuplé.
On voit, dans quelques quartiers, plus de monde& de commerce que dans
toute autre Ville de la Chine. Les rues ne ſont pas ſi larges de la moitié que
celles de Peking; mais elles ſont aſſez belles, bien pavées,& bordées de
grandes boutiques fort-bien garnies.
G=æ NaN-KIwC eſt la réſidence d'un Tfong-tu, auquel on appelle[pour les Tribunal ſu-affaires importantes,] de tous les Tribunaux de Kyang-nan& de Kyang-ſi. Les preme d'unTartares y ont une garniſon nombreuſe& ſont en poſſeſſion d'une partie de Iongtu.la Ville, qui n'eſt ſéparée de l'autre que par un ſimple mur. On n'y voit au-cun édifice public de quelqu'importance, à l'exception de ſes portes, quiſont d'une beauté extraordinaire,& de quelques Temples tels que celui quicontient la fameuſe Tour de porcelaine. Les Habitans de Nan-king ſont fort Fn quoidiſtingués par leur goũt pour les Sciences. IIs ſort d'entr'eux plus de Doc- Nan- king ſeteurs& de Mandarins que de pluſieurs Villes enſemble. Les Bibliothéques y diſtingue.ſont en plus grand nombre, les Libraires mieux fournis de Livres, l'impreſ-ſion plus belle& le papier meilleur que dans aucun autre lieu de l'Empire(†).
LEs principales manufactures de Nan-king ſont de ſatins, unis& à fleurs, Son princi-que les Chinois nomment Twan-tſe,& qui paſſent à Peking pour les meilleurs. 8 agbLe drap de laine qui s'appelle Nan-king-cheu(&), ſe fabrique dans quelques †*
autres Villes de la Province. II eſt fort bon, quoique ce ne ſoit qu'un feũtre
ſans tiſſu, orné de fleurs artificielles, qui ſe font avec la moëélle d'un arbre
nommé Tong-tſau, dont le commerce eſt conſidérable. L'encre de Nan-king
vient de Wbey-cheu, Ville de la même Province, dont le diſtrict eſt rempli
de grands Villages, preſqu'uniquement peuplés d'ouvriers qui travaillent à la
compoſition des bàtons d'encre[ou qui les vendent.] On en voit de toutesſortes de formes,& ſouvent ornés de feuilles vertes, bleues ou couleur d'or.
LàA profondeur(b)& la largeur du Nang-tſe-Kyang firent autrefois regarder Ancien PortNan-king comme un excellent Port. Le fameux Corſaire(i) qui l'alfiégea de Nam king.pendant les derniers troubles, y remonta ſans difficulté. Mais aujourd'hui lesBatimens de tranſport n'entrent point dans la Riviere, ſoit qu'elle ſoit bou-chée, ſoit que faute d'uſage on en ait perdu par degrés la connoiſſance(*¼).
Aux mois d'Avril& de May on y prend quantité d'excellent poiſſon, dont une Poifſon dupartie eſt envoyée à la Cour, enveloppée de glace(1), qui ſert à le tenir frais Kyang,&dans des Barques inventées pour cet uſage(m).“ fe
LE Comte obſerve que Nan-king étoit autrefois entouré de trois murs; üaneque le mur extérieur avoit ſeize grandes lieues de circonférence,& qu'il reſ-
te(e) Sous Gan-goue-kam(1), en 1211. ou Koxinga, dont on a rapporté l'hiſtoire dans(f) Ces Remarques ſont tirées des Mé- les Relations précédentes.moires du Père le Comte.() Mémoires du Péère le Comte.(g) Angl. Nan-bing ſben. R. d. E.(1) Voyez ci-deſſus.(5b) Le Comte lui donne une demi-lieue(m) Chine du Péère du Halde, pag. 73.&.de largeur. ſuivantes.
(i) Ceeſt le Ching-ching-kong, Quesſing,
( 1) Angl. Jenghbiz · Kan, R. d. E.Eee 2