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GrochAPHIE LENTREE de Ning-po eſt difficile, ſur-tout pour les grands vaifſeaux.pr IA Chxr. La barre n'a pas plus de quinze pieds d'eau dans les hautes marées. On laiſ-11“ ſur la gauche Tin-hay-hyen(), une des Villes de ſa dépendance, qui“ repréſente dans ſa forme un quarré oblong, de mille toiſes Frangoiſes detour. Elle eſt commandée par une Citadelle, qui eſt ſituée ſur un rocherfort élevé, au pied duquel tous les Vaiſſeaux doivent néceſſairement paſſerà la[demi-] portée du piſtolet. Iis s avancent, avec le fecours d'une ſeulermarée, par une trés-belle riviére, large de cént cinquante toiſes, ſur ſeptou huit de profondeur,& bordée de maiſons où l'on fait du ſel. La vües'étend juſqu'aux montagnes, entre des Villages& des plaines cultivées.
LEs Marchands Chinois de Batavia& de Siam font chaque année le voya-ge de Ning-po, pour y acheter de la ſoie, qui eſt la plus belle de l'Empire.Ceux de Fo-kyen& des autres Provinces fréquentent continuellement cetteVille. Son Commerce n'eſt pas moins conſidérable au Japon, parce qu'ellem'eſt qu'à deux journées du Port de Nangazaqui. Elle y envoye de la ſoie,crue& travaillée, du ſucre, des drogues& du vin, pour en rapporter ducuivre, de l'or& de P'argent. 1
Ifle de Cheu- A dix-huit ou vingt lieuês de Ning-po, on rencontre en Mer PIfle de Cheu-
chan, ſur la chan, odù le Port eſt fort bon, mals peu avantageux pour le Commerce. En ar-méme Cote. rivant la premiere fois dans ces mers, les Anglois y mouilléerent par hazard,aprês avoir fait des efforts inutiles pour découvrir Ning-po au travers de tant
—TUes dont cette Côte eſt remplie(¼). Cunningham(v) rapporte que les Chi-
nois leur accordérent la liberté de sy établir pour le Commerce, mais à condi-
tion qu'ils wentreroient point à Ning-po. Cette Ile, qui eſt la plus grande de
la Cête, a huit ou neuf lieues de longueur de Eſt à[OQueſt,& quatre ou
cinq de largeur. Elle n'eſt qu'à trois lieues de la pointe de Khi-tw, que les
pointe de Portugais ont nommé le Cap de Liampo. Le Port eſt ſitué à la pointe OueſtKhitu, ou de P'lIfle. II eſt sür,& d'autant plus commode, que les Vaiſfeaux peuvent yCap de Liam- mouiller à la portée de la voix du Comptoir, qui eſt fort prèês du rivage, dansune vallée fort baſſe. Environ deux cens malſons, qui environnent cet édi-fice, ne ſont habitées que par des hommes, pour les néceſſités du Commerce.
Ville de Leurs femmes demeurent dans une Ville qui eſt à trois quarts de mille de la
Cheuchan. C0te,& ceinte d'un[aſſez beau] mur d'environ trois milles de tour, flanquéde vingt-deux baftions quarrés. Elle a trois(x†) portes, qui font défenduespar quelques Vieux canons de fer, dont on ne fait gusres d'ufage. C'eſt la re-ſidence du Chong-ping(y) ou du Gouverneur, avec trois ou quatre mille pau-vres Habitans, ſa plüpart Soldats ou Pécheurs; qui m'ont pour logement quedes cabanes. La permiſſion du Commerce etoit ſi récente, dans l'année dontparle Cunningham, qu'elle mavoit point encore attiré les Négocians d'un cer-
producdtions tain ordre. LIfle d'ailleurs eſt aſſez peuplée. Elle produit toutes ſortes dede l'lſle. beſtiaux, de volaille, de légumes& d'autres proviſions; mais les Marchands
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(5) On croit reconnoitre ici une double(*) Chine du Pêre du Halde, pag. 9¼.&mépriſe; car Tin-hay-byen, qui eſt dans 1'Iflecs ſuivantes[& le Comte pag. 860.]de Cheu-cham, à plus de neuf lieues de l'em-() Cet Auteur fit le voyage de Cheu-chanbouchure de la Rivière de Ning po, eſt ici en 1700 ou 1701. II Scrit Chnl ſan.placée au-lieu de Chbin-hay byen;& la ſitua-(x) Angl. quatre. K. d. E.tion de cette dernière Ville ecſt à droite en en-(x) Ce n'eſt pas Cheu-chan, comme Mar-trant dans la Riviere. tini le rapporte.
Son Com-merce.