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poiſſon bleu, qui reſſemble au Dauphin& qui eſt plus eſtimé des Chinois quela Dorade; mais il ne vit que peu de jours hors de ſon élément.
Erreurs de LEs Habitans ne connoiſſent point, dans leur Iſle, un Lac vanté par lesVFoyageurs. Voyageurs, qui a la vertu de pétrifier tout ce qu'on y jette. Cette idée peut
avoir eu ſa ſource dans les pétrifications contrefaites, qui ſont communes àCanton& que les Chinois entendent parfaitement. On ne trouve pas non-plus, dans'Ifle de Hay-nan, cette abondance de perles dont quelques autresAnimaux de ont parlé,& les Côtes Septentrionales n’en produiſent aucune. Mais Hay-nan1 de Hay- eſt fort abondante en toutes ſortes de gibier. Si les perdrix, les cailles& lesjiévres ſont inférieurs à ceux de l'Europe, les bécaſſines, les farcelles& tousles oiſeaux de riviere y ſont excellens. On y trouve une ſorte de gelinotte d'ungoüt délicieux. Les tourterelles& les pigeons ramiers y ſont en fort grandnombre. Les cerfs& les Porcs-marons, qui ſont une eſpèce de ſangliers, n'yſont pas moins communs; avec une ſorte de ſinges, fort laids, de couleurgriſe. Il y en a d' autres dont la figure reſſemble beaucoup à celle de l'homme;Oiſeaux cu- mais cette eſpéce eſt fort rare. LIſle produit auſſi quantité d'oiſeaux curieux,.“ tels que des corbeaux, qui ont une raie blanche autour du col; des étour-neaux, qui ont une petite Lune ſur le bec; des merles d'un bleu foncé, avecdes oreilles jaunes d'un demi pouce de longueur, qui parlent& chantent enperfection; des oiſeaux de la groſſeur du linot, qui ont le plumage d'un beau-rouge,& d'’'autres qui l'ont couleur d'Or. Ces deux eſpéces ſont toũjoursGros ſerpens, enſemble. Enfin,''Iſle de Hay-nan produit des ſerpens d'une grandeur pro-peu dange- digieuſe, mais ſi timides, que je moindre bruit les fait fuir. IIs ne peuvent.. etre fort dangereux par leurs morſures, puiſque les Habitans ſont accoutumésà voyager nuit& jour,& ſouvent pieds nuds, dans les bois& dans les plai-nes, fans prendre la précaution de s'armer.Habitans de LlIsLE de Hay-nan eſt ſoumiſe à'Empire de la Chine, excepté les monta-22ℳ 9 gnes du centre, qui ſe nomment Li- mu- chan ou Chi-chan(), dont les Ha-rgete Aen bitans vivent dans l'indépendance. Ces Peuples entretenoient autrefois uneMontagnards. correſpondance ouverte avec les Chinois. IIs faiſoient, avec eux, deux foispannée, le commerce de''Or qu'ils tirent de leurs montagnes,& celui deleur bois d'aigle& de calamba. On députoit de part& d'autre quelques Fac-teurs, pour éxaminer les marchandiſes& régler les conditions. C'étoient lesFacteurs Chinois qui portoient les premiers leurs toiles& leurs merceries dansles montagnes de Li-mu-chan; après quoi les montagnards leur delivroient fi-dellement les richeſſes qu'ils avoient promiſes en échange. Mais EmpereurKang-hi, informé que ce commerce apportoit une prodigieuſe quantité d'Or2 aà quelques Mandarins, déefendit †pour cette raiſon,& pour quelques autres, 2-d. en. ſous peine de mort, toute communication avec ces Peuples. Cependant leaus Chinos. Couverneurs voiſins entretiennent encore, dans les montagnes, des liaiſonsſecretes par leurs émiſſaires, quoique les profits de ce commerce clandeſtinſoient[beaucoup] moins conſidérables qu'autrefois. Les montagnards nel-paroiſſent preſque jamais, ſi ce n'eſt pour fondre par intervalles ſur quelquesVillages voiſins. IIs ſont ſi läches& ſi mal diſciplinés, que cinquante Chinoisen mettroient un mille en fuite. Depuis quelque-tems néanmoins, une partied'entr'eux
(c) Dans la Carte, cette Partie prend environ un tiers de L'Iſle.