DE LA CHIN E, LIv. II. CuAF. VII. 377
Mais Auteur ne fut pas tenté de faire une expérience qui lui auroit coũté ſi(1) cher. II y a beaucoup d'apparence que Ctoit le Jin: ſeng„ qui vient dela Tartarie Orientale; ou le San-tſi, qui en eſt peu différent, ſi ce n'eſt parla figure. 8 Ee.
Dz toutes les plantes, le San-tſi eſt après le Fin. ſeng celle que les MédecinsChinois eſtiment le plus. Quoiqu’ ils attribuent à toutes les deux preſque les mê-mes vertus, ils donnent la préféèrence au San-tſi pour les maladies des fem-mes& pour toutes les pertes de ſang. II croft dans la Province de Qu³ ng.: ſi& ne ſe trouve qu'au ſommet des montagnes preſqu'inacceſſibles. C'eſt l'eſpè-ce dont on fait uſage dans la Médecine& dont les Mandarins du Pays fontpréſent à leurs Supérieurs. On remarque, dans cette plante, la figure d'un boucde couleur griſe; d'ou les Chinois inférent que le ſang. de cet animal(m) a desqualités Médicinales(n). En effet, il parolt certain qu'il produit des effetsfurprenans dans les cas de chute& de contuſion. Les Miſſionaires en firentſouvent l'expérience à Toccaſion de pluſieurs domeſtiques, qui ayant perdu lemouvement& la parole après avoir été démontés par un cheval vicieux, ſeretrouvoient dès le jour ſuivant en état de continuer leur voyage, ſans autreſecours que la ſimpſe application de ce remêde. Les Chinois regardent auſſila méême plante comme un ſpécifique pour la petite-vérole. Les effets en ſontfréquens. On voit les puſtules les plus noires& les plus infectes ſe changer enun rouge-clair, auſſi-tõt que le malade a pris ſa potion. Auſſi preſcrit-on leSan-tſi dans pſuſieurs maladies qui paroiſſent venir des mauvaiſes qualités duſang. Mais cette plante eſt d'une rareté qui la rend fort chêre,& l'on n'eſt passür, aprés-tout, de lavoir pure& ſans mélange.
Ox ne s'arréetera point à tous les Simples& à toutes les Drogues que les Chi-nois emploient dans la pratique des Arts. Mais la plante qu'ils nomment Iyenou Tyen-whu, mérite une attention particuliere. Elle eſt fort en uſage danstoutes les Provinces de lEmpire. Trempée dans l'eau,& préparée dans degrandes cuves ou dans de petits étangs, elle forme un bleu qui eſt propre à lateinture. Les Habitans de Fo-kyen ont Part d'en rehauſſer l'éclat,& font enréputation pour cette ſorte de coloris, qu' ils appellent Tan-mey().
(1) Abrégé des Tranſactions Philoſophi- diſent les Chinois, s'empreint de qualités Mé-ques, Vol. V. Part. IV. pag. 182. dicinales. R. d. E.
(m) Angl. On remarque qu'une eſpèce de(n) On ſe ſert à la Chine du ſang des boucscheͤvre griſe aime fort à brouter cette plante, qui ont êté pris?& comme elle en fait fanourriture, ſon ſang,(*) Du Halde, pa
oiles de la Chine.Mines& Mataux.
Chine a quantité de montagnes fameuſes par leurs Mines, qui contien-nent toutes ſortes de Métaux,& par leurs ſources Médicinales, leurs Sim-ples& leurs Minéraux. On y trouve des Mines d'or, d'argent, de fer, decuivre, d'étain, de cuivre-blanc& de vif-argent; du lapis-armenus, du ci-nabre, du vitriol, de Falun, du jaſpe, des rubis, du criſtal de roche, des
VIII. Part. Bbb pierres
C'eſt le Jing-ſeng ou le San-tſi.
Propriétés&vertus du San-6ſ
Le Tyen-whu, plantepour la teinture.
montagnes dela Chine.
Richeſſe des1