DzschnTIoNDES ISLES
MorLuUouUEgs
Titre com-mun à quatreRois.
Cinq Iſlesprincipales.
Leurs pro-priétés.
Maladiecommune aux
Moluques.
2 VOYXAGES DES HOLLANDOIS
& P'autre fens, il paroit que le nom de Moluques emporte une idée d'ex-cellehce& de diſtinction(a).[C'eſt du moins le ſentiment des vains Ter-natois, qui prétendent expliquer ce mot par ceux de vaſte ctendue; titre queleurs Rois fe ſeroient approprié dans le tems qu'ils étoient mattres de tou-tes les Ifles ſituées entre Mangindano& Solor. Cependant, en admettantmeme cette fignification, celà ne prouve encore rien en leur faveur, puiſ-qu'il eſt démontré, ſelon Valentyn, qu'anciennement le Rot de Gilolo étoitIe feul qui prit le titre de Colano Maloko, c'eſt- à-dire Roi des Moluques,&qus ceux de Ternate, de Tidor& de Bachian Pont porté enſuite en commun,juſqu'a-ce que le premier Fet uſurpé au préjudice des autres. Ces troisdérniers ſont aujourd'hui les ſeuls Rois des IÜfles Moluques.]
On en compte cinq principales, qui moccupent gueres plus de vingt-cinq lieues d'étendue, toutes à la vüge les unes des autres. Leur ſituationeſt preſque entiérement ſous la Ligne; car la plus ſeptentrionale n'en eſtqu'à un demi degré du côté du Nord,& la plus méridionale à un degré ducoté du Sud. Vers l'Orient, elles ſont près de'Iile de Gilolo, nomméepar les Portugais Batochina de Moro.é Pluſieurs autres Ifles qui ſont ſituées àpeu de diſtance, ſont auſſi compriſes ſous le nom de Moluques. Mais lesplus célebres par les épiceries qu'elles produiſent& par les Relations desVoyageurs, portent les noms de Ternate, Tidor, Motir, Machian ou Ma-bian& Bachian. Anciennement elles ont été connues ſous ceux de Cape,Duco, Montil, Mara& Seque(b).
LX forme de ces cinq Iſſes eſt ronde,& preſque la meme. On ne don-ne pas plus de huit licues de tour à la premiere, qui ne diffère gueres, à cetegard, de celles de Tidor& de Machian, mais Bachian eſt la plus grande.Elles font ſéparées les unes des autres par des bras de Mer& par quelquesautres Iles beaucoup plus petites& la plüpart déſertes. Laccès en eſtdangereux, par la multitude de bancs de fablſe& d'ecueils dont elles ſontenvironnées. Cependant on y trouve quelques rades où les Vaiſſeaux peu-vent mouiller. En général, le terroir eſt ſi ſec& ſi ſpongieux, que mal-gré Pabondance des pluyes, les ruiſfeaux& les torrens qui tombent desmontagnes, ne parviennent pas juſqu'àa la Mer. Quelques-uns n'en trou-vent pas la perſpective agréable(c), parce qu'elles ſont trop couvertesd'herbes& de broſſailles, qui s'y entretiennent dans une verdure perpétuel-le. Au contraire, d'autres ſont charmés de cette vüe,& ſe plaignentſeulement que Pair n'y eſt pas ſain, ſur-tout pour les étrangers. On faitune triſte deſcription du Beriberi, maladie fort commune dans les cinq Ifles,[mais plus particulierement à Amboine.] Elle fait enfler tout le corps.Elle affoiblit les membres& les rend preſque inutiles. Cependant les habi-tans ont découvert un préſervatif, dont P'effét paſſe pour certain, lorſqu'ilm'eſt pas employé trop tard. Ceſt du vin des Philippines, pris avec duclou de girofle& du gingembre. Les Hollandois attribuent la même ver-tu au ſuc de limons. Suivant Valentyn, l'air des Moluques eſt néanmoins
aſſez
(a) Argenſola, Tom. I. pag. 16.(c) On cite le célèbre Barros, qui eſt(b) Ibid. pag. 17. peut-être ſeul de cette opinion. Pag. 19.