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Tome onzième.
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4 VOYXAGES DES HOLILLANDOIS

Daschrrrrox Gilolo. Le terrain en eſt élevé,& Peau des puits y eſt fort douce. Lon5 krs découvre, au milien de Iſle, une montagne qui n'a pas moins de deuxLonss, ſieues de hauteur, couverte de palmiers& d'autres arbres, au ſommet deJaquelle on trouve une profonde caverne, qui ſemble pénétrer juſqu'au fondde la montagne,& dont l'ouverture eſt ſi large, qu’'à peine reconnottroit-

on quelqu'un d'un côté à Pautre(„). 8Son Volcun. ELLE contient un eſpace en forme d'aire, compoſé de pierre& de terremouvante. Ceſt un Volcan d'une nature extraordinaire. On en voit ſor-tir une fontaine; mais on ne ſcait ſi l'eau en eſt douce, aigre, ou amère,car perſonne n'a la hardieſſe d'en gonter. Un Eſpagnol, nommé Gabrie!Rebelo, ayant eũ la curioſité de meſirer avec des cordes la profondeur dela caverne, la trouva de cinq cens braſſes. Mais Antoine Galwam, qui com-mandoit les Portugais dans ces Hles en 1538, en a donné la deſcription

ſuivante.sa deſcrip- ILE. Prit un tems calme pour ſes obſervations. Celui des équinoxes,&tion par An- des mois d'Avril& de Septembre ne lui auroient pas été favorables, parcetoine Gal- que les vents qui ſoufflent alors embraſent la matiere combuſtible,& li1 font jetter de grandes flammes. Ce Volcan ſent beaucoup le ſouffre. Auſſi

en jette-t-il une grande quantité, qui ſe mele avec de la terre& des pier-res rouges, qui en fortent impétueuſement comme de la bouche d'un Ca-non. II F a beaucoup d'apparence que le bas de la montagne contient degrandes concavités, ou la rarefaction de l'air, cauſée par le feu, produitdes tremblemens de terre avec un bruit furieux. Les flammes& les pier-res embraſées, qui s'éléevent dans l'air, vont quelquefois juſqu'à vingt lieuesde Ternate. La fumée eſt de diverſes couleurs, ſuivant la nature deFhumeur ou de la terre qui pouſſe quantité d'exhalaiſons differentes. L'air—qui en eſt rempli, peut contribuer auffi à cette variété. ELinfection eneſt ſi forte, qu'elle corrompt les eaux& qu'elle les rend même dangereuſes.Cependant la montagne ne laiſſe pas d'étre fertile& couverte de Verdure,juſqu'aux deux tiers de ſa hauteur. De-là juſqu'au ſommet, on ſent beau-3 coup de froid,& l'on n'y trouve aucune eſpèce d'oiſeaux; mais on y voit1 quantité de mouches. Lorfqu'on eſt arrivé au ſommet, on découvre unevaſte Mer& une infinité d'Mles, parce que J'air y eſt toũjours pur,& ſans

8 melange d'aucunes vapeurs qui puiſſent arréter la vie. A Pendroit de lahauteur ou finit la verdure, on trouve une fontaine d'eau douce, mais ex-

tremement froide. Au ſommet, dans un lieu cloigné de l'ouverture d'ou

ſfortent les flammes, il ſe détacha dans le mêeme tems, une grande pie-

ce de terre,& lon vit couler pendant deux jours de l'eau en abon.

dance. Enſuite de grandes maſſes de roche, qui rouléèrent en bas&

qui entrainerent des arbres& des terres juſqu' au bord de la Mer, for-

merent au pied de la montagne diverſes concavités en forme de vou-

tes. Antoine Galvam raconte auffi qu'on trouve ſur la montagne un

grand Lac d'eau douce, entouré d'arbres, dans lequel on voit des crocodi-

.. les azurés& dorés, qui ont plus d'une braſſe de longueur,& qui ſe. plon-

(&.) Argenſola, Tom. I. pag. 22.