AUXINDES ORIENTALES;, LIVv. I. F
plongent dans l'eau lorſqu'ils appergoivent ou qu'ils entendent des hom-mes(5). 3
LEs Relations Hollandoiſes rapportent plus ſimplement, que pres de laVille ouò le Roi tient ſa Cour, il ya un Volean qui parott terrible, ſur-rtout dans le tems des équinoxes, parce qu'alors on voit tofijours régnercertains vents, dont le foufle embraſe la matiére qui nourrit ce feu.Elles ajontent qu'il fait tofjours froid fur le haut de la montagne,&qu'elle ne jette point de cendre, mais ſeulement une matiére légére quireſlemble à la pierre de ponce; qu'elle s'éleve en forme de piramide,& que depuis le bas juſqu'au ſommet, elle eſt couverte d'arbriſſfeaux&de broſfailles qui confervent toljours leur verdure, fans que le feu quibrüle dans ſes entrailles paroiſſe jamais les altérer; qu'au- Contraire, ilſemble contribuer à les arroſer& à les rafratchir par des ruiffeaux quiſe forment des vapeurs qu'il exhale.[On lit dans la Relation du fe-cond Voyage de Van Caerden, en 1608(i), les circonſtances d'uneEruption de ce Volcan, dont les Hollandois eürent Peffrayant ſpectacle.Ses flammes s'céleveéerent de nouveau en 1633& environ l'année 1654,avec le même fracas. Mais en 1623, les effets en furent bien plus terri-bles. Le Volcan jetta tant de cendres& de pierres brülées, a un ſigrand éloignement, que les traces en furent vuůͤes juſqu'a Amboine,&les exhalaifons qu'il pouſſoit, infecterent tellement P'air, qu'll en moururquantité de monde. Depuis ce tems, la montagne a repris ſa verdure,& le Volcan ne vomit plus que de la fumée.]
UN Hollandois, de la ſuite du Gouverneur Thim, qui alloit comman-der aux Moluques en 1686, dans les établiſſemens de la Compagnie deHollande, déclare dans la Relation de ſon Voyage, que malgré le té-moignage de pluſieurs perſonnes, qui ſe ſont vantées d'avoir viſité ſur lefommet de la montagne de Ternate, il ne peut ſe perſuader que cette en-trepriſe ent jamais ece véritablement exécutée.„Ce m'eſt pas ſeulement,„ dit-il, par les roſeaux pointus dont preſque tout le bas de cette montagne„ eſt environné,& qui ſe nomment Cannacannas, ni par la multitude des.„ rochers eſcarpés, qu'un curieux ſeroit arrété. II trouveroit un obſtacle„ invincible dans la quantité de cendres& de pierres brülées, qui ſont» entre ces roſeaux& qui rempliſfent tous les endroits par leſquels on-„ Pourroit eſpérer de s'ouvrir un paſſage. Toutes les ſéparations qu'on„ Croit voir entre les cannes& les broſſailles, ſont bouchées de ces cen-„» dres, dont les monceaux ont plus de hauteur que les pointes mêmes„ des buiſſons,& qui ſont comme autant de petites montagnes taillées à„ pié-droit; car la hauteur du Volcan n'eſt pas ſi extraordinaire. Ceux„ qui Pont meſurée le plus exactement, ne la font aller qu'à trois cens— ſomxante ſept braſſes& deux pieds(k).EUgLQuEs mois apres le départ de de Graaf, dont on rapporte ici leremolgnage, un Lieutenant nommé Meindert de Roy, accompagné de trois
autres
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la conquête des Moluques,
(⁵) Hiftoire de la conquete des Molu.(k) Hiſtoire de78& 379. De Graaf, pag. 225-
ques; Tom. I. pag. Ir4& ſuiv. Tom- III. pag. 3(1) Vopez le Volume précédent, pag. 427.A 3
DEScCRTPTIONDES ISLES-o0LUouEs.
Témoigrge des Rela-
Témoigna-
ge d'un Voya-geur piusmoderne,
Obſerva-tions ulté-rieures.