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Tome onzième.
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AUXINDES ORIENTALES, Lrv. I. 9

mais qui eſt tombé en pluſieurs endroits(). Elle eſt habitée par des Mar-dicres ou Bourgeois libres, qui ſont tous Chrétiens d'extraction Portugaiſeou Hollandoiſe. De cent-vingt familles dont cette habitation étoit compo-ſéeg du tems de Seiſt, quatre-vingt-dix étoient aux gages de la Compagnie,& les autres s'entretenoient de leur travail. On donnoit à chaque famillegagée, cing réales par mois:& cette paye les aſſujettiſſant aux moindresordres du Gouverneur, la Compagnie en tiroit de ſi grands ſervices, queſuivant Taveu de Seiſt, elle auroit el peine à ſe ſoütenir ſans eux. Istravailloient aux fortifications. Ils abbattoient du bois pour le chauffage&pour toutes ſortes de conſtructions. On leur donnoit dans ces occaſions,une eſcorte de quarante ou cinquante Soldats, ſans laquelle ils auroient étéexpofés aux infultes des ennemis, qui étoient fort proches. Au beſoin,on auroit pü armer ces Mardicres, puiſqu'il y avoit dans le Fort, des ar-mes de réſerve pour deux Compagnies.[Depuis 1671, que le ſervice dela Compagnie eſt beaucoup diminué, les Mardicres, qui payoient aupara-vant une demie réale par mois, pour en être exempts, ſê rachètent à rai-ſon d'un huitiéme, ou de ſix ſols par téte.] Hors de l'enceinte de Pancien-ne muraille, on découvre le grand Jardin de la Compagnie,& une nouvel-le Négrerie, avec une petite redoute de pierre du côté de P'eau.

ENTRE Maleye& les ruines de Gammalamma, on trouve, dans une val-lée, une eau interne, nommée Saſi, qui a près d'une lieue de tour,& quin'eſt féparée de la Mer que par une digue aſſez étroite. Sa profondeur eſtde ſoixante à ſoixante-dix braſſes. On prétend que les Eſpagnols entrepri-rent autrefois de percer cette digue, pour y faire un petit Port qui pũt ſup-pléer aux incommodités du rivage; mais que leur travail devint inutile,parce que le fond ſe trouva de roche(4)(r).

PEus loin, au Sud-Eſt, à trois leues ou trois lieues& demie du Fortd'Orange, on rencontre la Ville de Gammalamma, dont les Portugais& lesEſpagnols ont été ſi longtems les maftres,& qui pouvoit paſſer, en ſontems, pour la capitale de Ternate; Elle ne contenoit qu'une ruë, de lalongueur d'une petite lieue, mais ſans pavé. La plüpart des édifices étoientde roſeaux. Le reſte de bois,& les deux rangs qui formoient la rué, s'é-tendoient le long du rivage. Cette Ville étoit ſans rade, parce que la Mery a trop peu de profondeur,& que le fond en eſt pierreux. Les habitansNavoient fait une jettée de pierre, pour ſe mettre à couvert des ſurpriſes;de-ſorte que les Vaiſſeaux étrangers alloient mouiller ordinairement devantTelingamma, Village entre Ternate& Tidor, ou la rade eſt fort bonne.

[LàA Fortereſſe de Gammalamma, nommée par les Portugais Noſtra Senbora

del

(P) Voyez le Volume précédent, pag. 401.

(27) De Graaf, pag. 237. II faut remar-quer ici que les Portugais& les Eſpagnols ontpoſſedé ſucceſſivément les Moluques,&qu’enſuite ils en ont êté les maitres enſem-ble, pendant qu'ils étoijent réünis ſous leméme Roi.

(1) Suivant Mr. Prevoſt ci'eſt ce grandIpace méme, que les Eſpagnols prirent la

XI. Part.

peine de creuſer,& dont il compte la profon-deur par pieds au-lieu de braſſes, apparem-ment pour diminuér la merveille. Commentn'’a-t-il point ſenti le ridicule qu'il y au-roit de vouloir pratiquer un Port dans lesterres, avant que de ſavoir s'il ſeroit poſſiblede le faire communiquer avec la Mer? LO-riginal eſt cependant clair là- deſſus,& iln'y avoit qu'à fe ſuivre, R. d. E.

B

DrschrrrIrorFDBRS ISLESMoLvQugs.

Eau interne,

AncienneVille de Gam-malamma.

Sa Fortereſſe,