AUX INDES ORIENTALES, Lrv. I. Irr
appercevoit pas des Vaiſſeaux. Devant la Ville, on trouve une chaineStroite de rochers, qui ne ſont qu'à un jet de pierre du rivage. On les ap-pergoit dans la baſſe marée, mais en pleine eau, ils ſont couverts à la hau-teur de trois pieds,& plus ou moins dans quelques endroits. Entre leserres& cette chatne, qui court au Sud depuis la montagne juſqu'au delà duFort, il my a que quatre à cinq pieds d'eau;[de-ſorte qu'il eſt trés-diffi-cile d'y faire une deſcente.
Ters furent les obſtacles qui firent échouer en 1607, Pentrepriſe deFAmiral Matelief contre Tidor(x), d'où le Vice-Amiral Sebaſtiaanſgz avoitchaſſé les Portugais deux ans auparavant, après un Siege des plus mémo-rables(). Les Eſpagnols y étoient revenus l'année précédente,& a-voient relevé Pancien Fort des Portugais, que le Vice-Amiral Hollandoisavoit fait détruire. Depuis ce tems, il étoit occupé par treize Caſtillans& quelques Inſulaires. On y avoit mis de nouveau deux piêces de canon,& Cinq autres pieces ſur une demie-lune proche du rivage.
Prus loin aufſi vers l'Queſt, on trouvoit le Fort Marieco, ſur une hau-teur, à la vüe de Gammalamma. C'etoit une eſpèce de petite Ville, envi-ronnée d'un mur de pierre à deux baſtions, avec deux piêces de canon,&une garniſon de quatorze Caſtillans, outre quelques Pampangres. Les Hol-landois en étoient en poſſeſſion des Pannée 1616. Les Rois de P'Iſle y fai-ſoient anciennement leur réſidence, mais ils l'ont abandonnée,& ſe ſontétablis à Tidor, pour être plüs à portée de trafiquer avec les étrangers.
DäANs la Ville méme, les Eſpagnols ont el encore le Fort Taboula,poſte conſiderable par ſa ſituation qui eſt ſur une éminence. Il avoit an-ciennement cinq baſtions,& dix groſſes piéces de canon de fonte. Lagarniſon étoit ordinairement de cinquante Eſpagnols& de huit ou dix Pam-pangres. 8
LEs Eſpagnols ayant abandonné Tidor dans le méême tems que Terna-te, les Hollandois promirent au Roi trois cens réales, s'il vouloit faire raſertoutes ces Fortereſſes, à quoi ce Prince s'engagea d'abord, mais ſur ſa de-mande& moyennant une déduction de cent réales de cette ſomme, on Iluia laiſſé Tahoula pour y faire ſa réſidence, avec un autre petit Fort nomméTLiiobbe, ſitus au Nord du premier, à la diſtance d'environ ſix cens toiſes,& dont il ne reſte que quelques murailles ruinées. C'eſt dans ce lieu que ſecient la Garde Européenne du Roi, conſiſtant en un Sergent, deux Caporaux& douze Soldats Hollandois, qui Paccompagnent par-tout pour veiller ſurſes actions. Chaque fois que ce Prince vient à Ternate, la Compagnie luipaye cent réales pour ſon entretien,& il eſt pourvũ de tout le néeceſſaire.Son titre ordinaire entre les Rois des Moluques, étoit anciennement Kie-maColmno, qui ſignifie Roi des Montagnes. II a pris depuis celui de MelkedienKayr ſili Maloko, c'eſt- à-dire Roi de la Religion, Prince héréeditaire des Mo-luques.
Ou voit encore dans LIfle quelques Bourgs& quelques Villages, qui neſont pas fort peuplés. Le Pays produit aſfez de fruits, mais fes habitansſont obligés de ſe pourvoir de fagu ailleurs. L'Ile eſt remplie de mon-
1 tagnes
(*) Voyez le Volume précédent, pag. 40r.(y) Tbid. pag. 359.& ſuiv.
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DgscarerronDES IsLEsMorvOure.
Ancien FoftPortugais deRomi.
Fort Marieco.
Fort Tahoula.
Places laif-ſées au Roi.
Titre dece Prince.
Productionsdu Pays.