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Tome onzième.
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Elle eſt ruis-née par lestremblemensde terre.

Volcanterrible.

Ornières deMachian.

Iſle de Ba-chian.

Ses pro-quctions.

Deux Roisde l'Iſle.

Conquêtede Bachianpar les Hol-landois.

14 VOYAGES DES HOLLANDOIS

Taffaſo, on trouvoĩt cinq autres Bourgs, où Fon en comptoit environ qua-tre cens quatre-vingt. Entre Taffaſfo& Tabillolo, on en comptoit ſixcens dans ſept Bourgs,& trois dans quatre Bourgs entre Tabillolo& Gnof-fickia(†).

[DE ces vingt-trois Bourgs ou Villages, qui étoient gouvernés par ſix àſept Sengagis, ou Ducs, on n'en connott plus que quatorze. Le nombredes habitans, qu'on faiſoit monter à neuf mille, vingt-deux ans avant lavenués de Seiſt, qui à la vérité ne compte que les hommes de milice, eſt en-core beaucoup diminué depuis, par les tremblemens de terre dont cetteIfle a été afligée. En 1646, une terrible fecouſſe entr'ouvrit la montagne,abdma pluſieurs Villages,& fit périr quantité d'habitans& de beſtiaux, quifurent engloutis ou dévorés par les flammes qui ſortoient de ce Volcan.On en voit encore les ouvertures, qu'on appelle les Orniores de Machian,parce qu'elles forment de larges fentes paralléles qui deſcendent du hauten bas de la montagne. Le reſte de P'Ifle eſt fort montueux,& ſes habi-tans ſont en tout ſemblables aux Ternatois, dont ils ſuivent aveuglementles ſentimens.]

V. BacHIaAX eſt auſſi un Royaume particulier, comme Ternate& Ti-dor, mais tombé en décadence par la moleſſe de ſes habitans. L. Hiſtoriendes Moluques traite cette Ile de grand Pays déſert; quoiqu'abondant enſagu, en fruits, en poiflon,& en diverſes ſortes de vivres; mais il ne faitpas connoètre autrement ſon étendué. II ajoũte ſeulement qu'on y recueil-loit peu de cloux,& que les girofles s'y étoient inſenfiblement détruits,quoiqu'ils y crüſſent mieux qu'en aucun autre endroit(g).[Valentyn nousdonne les noms des montagnes qui produiſoient le girofle. Elles étoientau nombre de cinquante-huit, dans Ia poſſeſſion des Labovas, qui avoientencore ſix diſtricts abondans en ſagu,& le Roi en comptoit une vingtained'autres, qui lui appartenoient en propre.

On doit rappeller ici, en peu de mots, une diſtinction qui a déjà étéfaite ailleurs(b). Sous le nom de Bachian, l'on comprend deux Ifles, àla portée du canon l'une de l'autre, Ombachian& Labova, dont chacuneavoit autrefois ſon Roi particulier. Celui d'Ombachian s'étoit retiré à La-bova, parce que les Tidoriens infeſtoient continuëllement ſon Pays par leurs

ravages. Le Roi de Labova, s'étoit fait baptiſer avec tout ſon peuple&

reconnoiſſoit l'autorité des Portugais. L'autre leur étoit auffi ſo0mis„& cesdeux Princes, également foibles, s'unirent d'intéréts pour réſiſter à leursennemis communs.

CEsTr à Labova que les Hollandois abordérent pour la premiere fois en1609, ſous la conduite du Vice-Amiral Hoen, qui aprés avoir fait la paixavec les Bandanois, renouvellé les Traités d'Amboine,& bàâti le Fort deWillemſtad à Ternate, ſe rendit encore mastre de celui que les Eſpagnolsavoient dans cette le. Comme les circonſtances de la conquete de Ba-chian, ont été ſupprimées du Journal de Pinfortuné Verboeven, dont on a

donne

(†) Ibid. pag. 259.(b) Voyez le Volume précédent, pag.

(&) Hiſtoire de la conquète des Molu- 443.ques, Liv. XI, pag. 23,