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Tome onzième.
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DzscarrroNDAMBOINE.

Ifle d'Am-boine comp-tée au rang

. des Mola-ques.

8 Sa Deſcrip-tion.

Deux fac-eions des Oli-ſivas& desOlilimas.

VOYAGES DES HOLLANDOISDeſcription d' Amboine.

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ISL E d'Amboine, que quelques-uns mettent auſſi au rang des Mo-

luques, eſt ſituée à quatre degrés de latitude du Sud. Elle füt décou-verte par les Portugais en 1511(à.). Les Hollandois la leur enlevèrentle 23 de Fevrier 1605(b). Des la méême année, la Compagnie de Hol-lande y avoit un Gouverneur, qui ſe nommoit Frederic Eouman. Ce Gon-verneur en fit à* Amiral Matelief, qui y paſſa en 1707, la Deſcription ſui-vante: Cette IHle, dit-il, eſt divifée en deux parties,& preſqu'en deuxIfles, par deux golfes qui senfoncent dans les terres. On y comptoit auffi[dans la petite partie ouð eſt le Fort,] vingt habitations d'Infulaires, qui pou-voient mettre deux mille hommes ſous les armes, tous Chrétiens,(du moinsde nom,& dont la moitié étoient affectionnés aux Hollandois.] La gran-de partie de'IHle, nommée Hitto, avoit quatre Villes ou quatre habitationsprincipales, dont chacune en avoit ſept autres petites ſous ſa jurisdiction.Elles pouvoient fournir quinze cens hommes pour la guerre, la plüpartMaures, c'eſt-à-dire Mahométans,& qui relevant du Fort étoient ſousla domination des Hollandois.

CE Fort tenoit en bride non-ſeulement toute'Ifle, mais encore les Ilesvoiſines, juſqu'à celle de Banda. Mais il avoit proprement, dans ſa dé-pendance, quatre autres Iles qui ſe nommoient en genéral Iſles d' Ghaſſer(c),& qui abondoient en ſagu. Leurs habitans s'attribuoient la qualité de Chré-tiens; mais on auroit pü les nommer Chratiens ſauvages, puiſque ſuivant laremarque de l'Auteur Hollandois, ils mangeoient encore la chair de leursennemis, lorfqu'ils les pouvoient prendre.—

LEs Inſulaires d'Amboine étoient diviſés en deux factions, qui ſe nom-moient Oljſivas& Olilimas. La plüpart des Maures étoient de la ſeconde.Oliſivas ſignifioit dans leur langue neiuf pays,& Olilimas, ſopt pays. Cesdeux races, anciennement habituées dans I'Ile, y Stoient venues de diffe-rens Pays,& chacune avoit conſervé ſon langage particulier, qui n'toitpas entendu de J'autre. Preſque tous les Oülmas étoient Mahométans,&jes autres étoient un mêlange de Chrétiens, de Mahométans& d'Idolàtres.Les méemes factions regnoient dans les Ifles voiſines.

DANs la petite partie de celle d-Amboine, on comptoit douze racesd*Oliſivas, toutes Chrétiennes, qui pouvoient mettre fur pied douze censtrente-cinq hommes, de Pâge militaire;& onze races d Olilimas, qui en

pouvoient

(a) L'Edition de Paris porte en 1515,c'eſt-à-dire, ajoüte-t- elle, en mẽémeée- temsue Ternate. Or il eſt connu qu’*AntoineAbreus, accompagné de François Serrano&de Ferdinand Magellan, vint à Amboine en

1511,& que ce fut ſeulement l'année ſui-

vante, que Serrano, qui ayoit été ſeparé delui par une tempête, depuis leur départ de

Banda, arriva à Ternate, aprés bien des in-

fortunes. R. d. E.

(b) Voyez dans le Volume précédent,pag. 357, les circonſtances de ce grand e-venement, que Mr. Prevoſt, d'après De Graaf,avoit encore abuſivément rapporté ici à l'an-née 1603,& le Gouvernement de Houtman,à l'année 1607. R. d. E. 2

(c.) Par corruption pour Liaſe, nom queles Inſulaires donnent aufſi à 1Ille Honimoa.Voyez ci-deſſfous. R. d. E.