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Tome onzième.
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DzscarprroND’AMBoOINE.

Témoigna-ge de GillesSeiſt ſur l'Ifled'Amboine.

34 voYvAGEs DES HOLLANDOIS

d'environ quatre-vingt perches. II eſt ſi bas qu'en le creuſant de la hau-teur d'un homme, on auroit joint facilement les deux golfes. Déjà mêmeles Pirogues& les Caracores qui venoient de l'Eſt au golfe occidental,aimoient mieux ſe faire tirer par deſſus cette eſpèce d'Iſthme, que de fairele tour de'Ifle,& ce travail ne demandoit pas plus de deux heures.

LAIR du Pays eſt ſain, quoique la chaleur y ſoit exceſſive; le riz, leſagu,& les fruits en abondance. Le bois de conſtruction n'y manque pas,& le brou de cocos y fournit des cordages. La plus grande partie de l'Iſleétoit alors inculte, par l'indolence des habitans, qui ne ſe donnoient pasla peine de planter des girofles. Mais la nature leur en fourniſſoit aſſezpour en faire un continuel commerce. Leurs mœurs, leurs uſages& leursarmes étoient à peu près les memes qu'à Ternate(L).

EN 1622, Gilles Seiſt, Commiſſaire envoyé de Batavia, avec les Vaiſ-ſeaux l'Orange& la Brille, trouva Pétabliſſement d'Amboine dans un étatbeaucoup plus floriſſant(i). Les marchandiſes étoient bien conditionnéesdans les magaſins, les vivres en abondance& le grand Fort bien pourvn.Ce Fort, dit- il, dans ſa Relation(), eſt au bord du rivage. Les Vaiſ-ſeaux peuvent mouiller à une demie portée de mouſquet, ſur un fond debonne tenue. IIs ſont à Pabri de la plüpart des vents dans Penfoncementdu golfe. Seiſt amenoit une recrue de cent ſoixante Soldats, pour ren-forcer la garniſon du Fort, qui étoit encore compoſée de quatre cens cin-quante hommes, mais dont une partie avoit été diſtribuée dans d'autres re-tranchemens pour la füreté de'Ilé. II admira, dans le Fort, un grand baâ-timent qui eſt fait pour loger le Gouverneur& les Officiers. Sous les ap-partemens, ſont les magaſins des vivres& des autres proviſions. Audeſſus rêgne un ſecond étage, qui contient les toiles. L'arſenal eſt un autreédifice, qui n'a pas moins de beauté& qui eſt couvert de tuiles. Lestoiles ſe vendent dans une grande boutique du Fort, à côté de la porte quiregarde les terres, où les Etrangers, comme les Infulaires, ont la libertéd'aller choiſir ce qui leur convient.

LEs ſujets Négres qui habitoient près du Fort, étoient au nombre deſeize cens vingt, dont plus des trois quarts étoient capables de porter lesarmes;& dans toute PIfle on en comptoit trois mille ſfoixante, que laCompagnie pouvoit employer en qualité de Soldats. Quatre habitationsMahométanes qui lui étoient ſoümiſes, deux à la pointe Queſt-Sud-Queſtde'Hle, qui ſe nomment Larique& Wacqueſie,& deux autres au bout oc-cidental, nommées Ourie& Aelculi, n'étoient pas moins fidéles à l'obéiſ-fance que les Inſulaires Chrétiens. Hatua, Caylola& Cabeau, trois habita-tions de'Ifle d'Oma, avoient pris ſujet de quelques mécontentemens pourſecouer le joug; mais il y en avoit trois autres, nommées Oma, Abora&

Crieu,

(5b)[Journal de Matelief&] Relation du De Graaf, apparamment par v'erreur de dateſecond Voyage des Hollandois aux Indes O- qui s'eſt glifſée entre ces deux Relations,rientales, au Tome II. du Recueil de la Com- dont la première porte 1677, au lieu depagnie. 1627,& la dernière 1606, pour 1687. R. d. E.

(i) Dans l'Edition de Paris, cette Rela-(*) Tom. IV. du Recueil de la Compagnie,ton de Seiſt ſe trouve placée après celle de pag. 212& ſuiv.