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Tome onzième.
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Dzschfrrfok

Maiſons deNeira.

Iſle Lonthoir.

Sa Montée.

94 VOYXAGESDES HOLLANDOIS

commande bien celui de Naſſau& toute la plaine qui eſt au devant ſurle rivage; mais il eſt commandé lui même par une autre éminence qu'onavoit commencé d'applanir du tems de l'Auteur,& quoique ce travail-demandàât encore quelques années pour ſe perfectionner, on ſe flattoit d'enretirer avantage de pouvoir mettre P'Ifle entiére à couvert ſous le canonde cette Fortereſſe. On découvre au Nord du Chaâteau une montagne àlaquelle les Hollandois ont donné le nom de Papenberg,& ouù ſe voyent en-core pluſieurs tombeaux de Mahométans. 8

O ne compte que deux ou trois grandes rues à Neira,& environ qua-tre-vingt maiſons, dont la pluôpart ſont ſolidement bäties à chaux& àpierre; elles n'ont pas plus d'un étage,& ſont preſque toutes couvertesd'atap, par la crainte des tremblemens de terre. Les rues ne ſont point pa-vées& le terrain en eſt cependant aſſez ferme. II y a ici quelques Edificespublics. Le Chantier de la Compagnie eſt ſur la pointe la plus méridio-nale de l'Ifle, à peu de diſtance d'une belle Egliſe Hollandoiſe. A'Eſt duFort Naſſau, on a PInfirmerie,'Hôpital, le Jardin de la Compagnie, laPoiſſonnerie,& quelques maiſons de Bourgeois le long du rivage. Enſortant de cette derniére rue on vient à deux beaux parcs ou boſfquets denoix muſcades, les ſeuls qui ſoyent dans cette Iſle,& qui peuvent fournir en-ſemble deux mille livres de macis& huit mille de noix. On prend ſouventle divertiſſement de la chaſſe du cerf dans ces environs. La proximité duVolcan de Gounong-Api, eſt cauſe qu'en général le terroir de Neira n'eſtpas des plus fertiles. Entre cette Iſſe& le Haut-Pays de Banda, il y aune bonne rade pour les Vaiſſeaux, qui peuvent auſſi ſe rendre dans lesdeux Paſſes de l'Eſt& de 1'Oueſt.

II. BANDA, ou le Haut-Pays, qu'on appelle auſſi Lonthoir, du nom d'unede ſes anciennes Villes, eſt la plus grande de toutes ces Ifles, ſituée à un petitquart de lieue au Sud de la premiére, devant laquelle ſa pointe Nord-Eſtforme une eſpèce de demi-lune. On Iui donne environ deux lieues& de-mie de longueur ſur une demie lieue de large. Le terrain en eſt fort eéle-vé& montueux, ſi ce n'eſt du cõté de'OQueſt, où la deſcente eſt aſſez con-fidérable. Outre la Négrerie de Lonthoir, on en comptoit autrefois enco-re une douzaine d'autres tant grandes que petites, dont la principale étoitconnué ſous le nom d'Ortatran, ou Oromtatte; mais les ſanglantes guer-res que les Infulaires ſe ſont faites entr'eux,& celles qu'is ont en àeſſuyer de la part des Hollandois, ont entièrement depeuplé le Pays de ſesanciens habitans. II ſuffit à nôtre deſſein d'en faire connottre l'état pré-ſent en peu de mots. Du côté du Nord-Oueſt on a le Comptoir de la Com-pagnie, qui y tient ordinairement un Marchand pour recevoir les noixmuſcades& le macis des propriétaires des parcs. II eſt logé dans une bel-le maiſon de pierre, ſur une hauteur, à quelque diſtance du rivage, qui eſtdeffendu de ce cêté du canal par une batterie,& de l'autre par la Redoute deGounong-Api, de maniere qu'aucun Vaiſſeau ne peut y paſſer, ſans tomberſous le canon de l'un de ces deux poſtes. Au devant de Lonthoir règneun grand banc de ſable qu'on ne ſçauroit traverſer que dans de petits ba-teaux. On ſe trouve, en arrivant, au pied de la montagne, qui eſt tailléeen trois cens treize degrés aſſez larges pour y monter facilement à cheval;

mais