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Tome onzième.
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INTRODUc-TI0 N.

RENNErORT.1665.

Formationd'une Com-pagnie des In-des Orienta-

les.

Ce que leRoi y met duſien.

Comparai-ſon des eſpé-rances de laFrance aveccelles de ſesvoiſins.

188 VvOYAGCES DES FRANOCOIS

écrit avec plus de correction& de goũt que la plâpart des Voyageurs. Ceſtdans ſes propres termes qu'on va repréſenter le plan d'une entrepriſe, quiauroit eu plus de ſucces, ſi ſes repréſentations& ſes offres lui euſſent faitaccorder plus de part à l'exécution.

881.Préparatifs du Voyage& Navigation de la Fotte Frangcoiſe.88 S.

A France étant devenue tranquille, après la Paix des Pyrenées, par IeL. mariage de Louis XIV& par la naiſſance d'un Dauphin, les Chefs deFadminiſtration, qui avoient enfin reconnu par exemple des Etats voiſins,combien les Voyages de long cours& le Commerce étranger contribuent àrabondance& à la proſpérité d'une Nation, obtinrent du Roi, par une Dé-claration du mois de Mai 1664,' Etabliſſement d'une Compagnie Frangoi-ſe pour le Commerce des Indes Orientales. M. Colbert, qui avoit forméle plan de cette entrepriſe, ſe repoſa du détail ſur un Secrétaire du Conſeil,qui fut établi comme premier Sindic à la téte de neuf célébres Négocians.Ces dix premiers Sindics s'aſſociérent à quelques autres Négocians de Pa-ris,& manderent aux Echevins de Rouen, Lyon, Bourdeaux, Nantes,Amiens, S. Malo, la Rochelle, Marſeille, Tours, Caen, Dieppe, le Ha-vre& Dunkerque, qui ſont les Villes les plus marchandes du Royaume,d'élire auſſi leurs Sindics, pour compoſer avec ceux de Paris une Chambrede direction générale, qui choiſiroit les Villes ou Pon jugeroit à proposd'établir des Chambres de direction particuliéère,& qui fixeroit le nombredes Directeurs. Le Roi, par ſa Déclaration, prétoit trois millions de li-vres à la Compagnie, ſans intérét,& ſans prétendre aucune part au pro-fit pendant dix ans; ſe chargeant même de toutes les pertes qui pourroientarriver pendant cet intervalle:& pour rendre les Directeurs plus attentifsà leurs fonctions, chaque Directeur de Paris devoit être intéreſſé de vingtmille livres au moins,& celui d'une autre Ville, de dix mille, dans lesfonds de la Compagnie.

CETTE bonté du Roi& l'tat floriſfant du Royaume étoient des diſpoſi-tions plus ſolides& plus favôrables, que ne l'avoient jamais été celles quiavoient donné naiſſance aux Compagnies de Hollande& d'Angleterre.[Ontient que] les quatre premiers Vaiſſeaux que les Anglois envoyèrent aux In-des furent coulés à fond par les Hollandois, avec tous les hommes qui é-toient deſſus;& cette nouvelle ayant paſſé juſqu'à Londres par Pindiſcré-tion de quelques Matelots de Hollande, les Anglois exercêèrent une ſi fu-rieuſe vengeance, que pour appaiſer leur reſſentiment, la Compagnie Hol-landoiſe ſe vit obligée de leur donner des ſommes conſidérables. Ce diffé-rend,& la foibleſſe de ces deux Compagnies dans leur origine, m'ont pasempéché qu'elles ne ſoyent devenues très-puiſſantes, ſur-tout celle des Hol-landois, qui n'ont pas moins de Vaiſſeaux& de Places fortes aux Indesqu'en Europe. Aufſi les Frangois, animés par cette réflexion, entrèrent-ils fort ardemment dans les vües du Miniſtére. Le zele fut égal dans tousles ordres. On arréta de faire un fond de quinze millions, ſür lequel on

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