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Tome onzième.
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AUX INDES ORIENTALES, LIv. II. 205

Patrie pour tenter la fortune par une autre voye. Montaubon lui ſucceda

dans ſes deux Charges.

VERsS la fin du mois de Décembre, quelques Neègres du Fort Dauphiny apportérent des pierres précieufes; les unes jaunes, qui paſſérent pourde parfaites topaſes; les autres brunes& de la méême eſpèce, mais enco-re cloignées de leur perfection. La mine en fùt découverte dans un étang,formé à deux lieues de la Mer, par une riviére qui s'y jette à la pointe d'-tapere. La plüpart des Frangois coururent avidement à la ſource de ces ri-cheſſes. Mais le plus grand nombre fùt épouvanté par les crocodiles, quiſembloient garder l'étang. Ceux que cette crainte ne ft pas capable d'ar-rêter, ſe trouvéèrent rebutés par la puanteur de Peau, qu'il falloit remuerpour découvrir les pierres,& par la néceſſité de demeurer long-tems dansla vaſe pour les retirer(r).

Cr füt lannée ſuivante, dans le cours du mois de Février, que le S.Paul, dont on a rapporté le départ du Fort Dauphin, ayant reläché dans laBaye d'Antongil, y fut joint par le Taureau;& que Houdry, Marchand duS. Paul, également las de ſes courſes& de ſes déméêlés avec Veron, Capi-taine de ſon bord(5), prit le parti de renoncer aux projets dont on luiavoit confié l'exécution,& de jetter ſur le rivage de cette Baye les fon-demens d'un Fort, qui fut nommé Saint-Louis. II s'y établit avec quinzehommes;& quelqu'un rayant informé qu'à quatre ou cinq braſſes de fonddans la Mer, il etoit reſté quatre piêéces de canon d'un ancien naufrage,il fit plonger des Matelots, qui les tiréèrent heureuſement pour ſervir à ſadéfenſe(t).

LàA Flotte Frangoiſe perdit, vers le même tems, deux de ſes principauxOfficiers; Le Tourneur, Lieutenant du Taureau, homme d'une vigilance& d'une activité infatigables;& peu après, Kercadiou, Capitaine du mê-me Vaiſſeau. La mort de Kercadiou fut pleurée de tout le monde au FortDauphin. II avoit fait quatre Voyages aux Indes Orientales, dont il avoitrecueilli peu de fruit. Cependant, pour employer les termes de'Auteur,ſi la France diſtribue des lauriers à ceux qui vont porter ſa gloire dans cesrégions éloignées, elle n'en doit pas être avare pour cet illuſtre Capitaine.Sa dernière courſe à Sainte-Marie& dans la Baye d'Antongil n’'avoit pasrapporté beaucoup d'utilité pour les vivres; mais elle fut très-heureuſe pourles bijoux& les parfums. II n'en revint perſonne qui n'eũt quelque piêced'ambre gris. On avoit trouvé les rivages couverts de coquilles, qui a-voient perdu ſeulement un peu de leur luſtre, pour avoir été battues desrayons du Soleil. Mais celles qu'on avoit détachées du pied des rochesfurent conſervées comme les plus belles du monde(v).

DEFuIs la mort du Préſident, Rennefort ſe diſpoſoit à retourner enFrance, lorſqu'il eut la ſatisfaction de voir arriver au Fort Dauphin le bra-ve la Caſe, qui revenoit couvert de nouveaux lauriers. Ilne le nomme ja-

mais

mourut peu après. On a todújours crâ, a-joüte l'Auteur, qu'il avoit été empoiſonné,& celèà par ſes propres Compatriotes. R. d. E.

(v) Ibid. pag. 105.c 3

(r) Pag. 96& 97.(F) Pag. 100& ſuiv.(*) L'érection du Fort Saint-Louig fut'ouvrage du Lieutenant le Tourneur, quiC

RENNEroaT.

1665.

Découverted'une mine detopaſes.

1 666.

Origine duFort de S.Louis dans laBaye d'An-tongil.

Mort dedeux des prin-cipaux Offi-ciers de laFlotte.

Eloge deKercadiou.

Belleszco-quilles.

Nouveauxexploits de laCaſe.