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Tome onzième.
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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 263

Dans la fuite il ne laiſſa pas de recevoir huit mille roupies, qui ſervirent àle délivrer de ſes engagemens. Mais le Comptoir fut enfin reduit à de ſifächeuſes extrémités, que les Facteurs ſe virent forcés de le vendre auxAnglois pour fubtüſter 09). Outre le négoce du poivre, celui des toilesy eſt plus fur qu'à Radiapour,& tous les Navires qui partent pour la Perſe& pour Baſſora, y peuvent charger du riz à meilleur compte. L'Au-teur répete avec douleur, que malgré tous ces avantages, la Chambregénérale, qui mépriſe tout ce qui lui vient de ſes inférieurs, fermaſes yeux fur ſes propres intérêts& ne ſe rendit point à des raiſons ſi puiſ-fantes(2). 3 1 a An

PENDANT que!'Amiral étoit allé viſiter Mirzeou, il avoit envoyé unVaiſſeau de ſon Eſcadre à Tiercery, autré Comptoir Frangois, dont le mẽ-me Flacourt avoit alors la direction. Le Commerce y conſiſtoit en poivre,qui ſe débitoit en Perſe, à Baſſora, à Mocka& à Maſcate. Ce polvre eſtfort menu, comme ſfur toute la Côte,& le meilleur pour les Indiens,parcequ'ils ne sien ſervent qu'en grain,& qu'ils ne le concaſſent pas com-me nous. II ne revenoit qu'à deux ſols neuf deniers la livrèe(r). Mais lePays eſt mauvais,& l'on n'y trouve pas d'autres rafratchiſſemens que dubois, de Peau& de la volaille.

LE 10[de Fevrier], après avoir rencontré le Vaiſſeau qui revenoit de Tier-cery,'Eſcadre mouilla devant la Rivière de Panniany. Flacourt, qui étoit ve-nu rendre ſes devoirs à l'Amiral, fut envoyé à terre vers le Samorin, pour lecomplimenter de la part du Général Frangois,& de Caron Directeur pourla Compagnie. On apprit le ſoir que deux Princes, neveux du Samorin,devoient venir le lendemain à bord. L'Amiral donna ordre aux barqueslongues& aux Chaloupes de l'Eſcadre d'aller les prendre au rivage. Ellesles amenérent vers midi, accompagnés du Secrétaire-d'Etat du Samorin&de quelques Officiers. Apreés les avoir regus avec beaucoup de civilité, onles conduiſit dans la chambre de l'Amiral, où ils renouvellèrent le Traitéd'alliance avec la Compagnie. On leur promit la protection du Roi deFrance, à condition qu'ils ne s'engageroient dans aucune guerre ſans enavoir donné avis au Miniſtre du Roi dans les Indes, ou dans ſon abſence,aux Directeurs des Comptoirs Frangois. Non-ſeulement ils y conſentirent,mais ils ratifiérent la donation déja faite des terres d'Allicot,&c(5). Lesaffaires firent place au plaiſir. Entre quantité de liqueurs& de confituresqui leur furent préſentées, ils ne s'arrétérent qu'au roſſolis de Turin,dont ils bürent avec tant d'excès, qu'en retournant à terre au milieu dela nuit, ils ne ſe ſouvenoient plus de ce qu'ils devoient rapporter au Sa-morin. ö

LE premier de ces Princes ſe nommoit Herampate. II Stoit fils d'uneſceur du Samorin;& les loix du Royaume le rendoient ſucceſſeur préſomp-tif de ſon oncle maternel, à l'excluſion des Princes fils du Monarque rée-gnant. Lautre ſe nommoit Mavanaoure,& portoit le titre de ſecond Prin-ce du ſang. IIs ſe reſſembloient beaucoup par les traits du viſage; Fe-n

8 deux

r) Pag. 142.

(pb) Pag. 135. juſqu'à 139.(r) Pag. 140& ſuiv.(4) Pag. 139.& 140. 6

Dzg LA HArg.1672.

La Compa-gnie l'a négli-gé mal à pro-

pos.

Tiercery,autre Comp-toir Fran-gois.

Alliancedes Francoisavec le Sa-morin.

Deux Prin-ces, ſes héri-tiers.

Leur ca-ractère.